Devant l'ampleur du phénomène des associations à caractère social, professionnel, culturel ou sportif à but non lucratif, lesquelles, outrepassant leur mission initiale, se dévoieraient en organisant des activités payantes pour lesquelles elles ne disposent d'aucune autorisation, une vaste campagne de contrôle de celles qui activent dans la wilaya de Biskra est actuellement menée par les services de la sûreté nationale. Cette opération, qui vise à mettre un terme à l'anarchie et aux nombreux dépassements constatés et signalés par de simples citoyens ou des chefs d'agences touristiques depuis des mois, prend, selon ces derniers, « des proportions alarmantes ». Ils expliquent que des associations culturelles à vocation écologique, philatélique ou archéologique, par exemple, ont transformé leurs sièges en véritables crèches ou en établissements scolaires pour les bambins de moins de six ans, à qui il est dispensé un enseignement au contenu non homologué et ceci contre dinars sonnants et trébuchants. « Ces associations sont devenues des entreprises économiques clandestines qui activent en marge de la réglementation en vigueur, et il est vraiment temps d'y mettre un terme », ajoutent-ils. Autre grief retenu contre ces associations, celui de « s'improviser agence de voyages et de proposer des excursions, des séjours et même d'organiser des camps de vacances sur la côte pour les adolescents à des prix, certes, défiant toute concurrence, mais qui posent avec acuité le problème des conditions d'hygiène et de sécurité des séjours organisés sur les plages », dira un chef d'agence touristique agréé de Biskra qui a pignon sur rue. Les membres de cette corporation, qui voient le créneau des activités estivales, dont ils tirent une grosse part de leurs chiffres d'affaires annuels, menacé par cette concurrence qu'ils estiment « déloyale », ont sollicité les pouvoirs publics et, notamment, la direction du tourisme afin qu'ils interviennent et mettent un terme aux activités de ces associations « renégates », lesquelles flairant le bon filon prolifèrent surtout en été quand la chaleur est à son acmé, que les enfants ne fréquentent plus les bancs de l'école et que la vigilance publique est plus ou moins en berne pour « faire des affaires » sur le dos des enfants et des jeunes en mal de structuration et de vacances au bord de la mer. Couvertes par leur statut et encouragées par des parents, ne voyant que les aspects positifs pour leurs progénitures et qui n'hésitent pas à mettre la main à la poche pour les rétribuer contre des services qu'ils ne sont pas habilités à fournir, ces associations s'investissent, en effet, dans l'enseignement, l'organisation de voyages et de tournois sportifs en soutirant des sommes d'argent conséquentes qui alimentent illégalement les poches de leurs membres et de leurs comptes, sera-t-il expliqué. Pour le moment, les investigations ont permis d'épingler trois associations, dont les activités ne seraient pas conformes avec leurs cahiers des charges respectifs et qui ont été sommées de cesser leurs activités avant que d'autres mesures coercitives ne soient décidées à leur encontre. Il faut préciser que depuis quelques années, une myriade d'associations a vu le jour dans la wilaya de Biskra. Cette prolifération d'associations, dont la majorité est dûment agréée, a d'indéniables avantages. La socialisation des enfants, l'éducation, la réalisation d'une construction cognitive, l'éveil, l'appréhension de la réalité et l'accompagnement psychologique ne sont pas les moindres des vertus reconnues aux associations, lesquelles, dans leur ensemble, agissent dans le cadre défini par la loi et fournissent tout au long de l'année un travail acceptable pour l'intérêt général. Cependant, un certain nombre d'entre elles, fondées à la hâte et ne disposant pas d'un encadrement « qualifié et suffisamment formé », s'est éloigné de sa mission initiale, sciemment ou par simple méconnaissance, pour s'adonner à « des activités lucratives et commerciales en toute illégalité ».