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Al maârri - Cioran, deux voyageurs de l'inconnu
« De l'inconvénient d'être né ! »
Publié dans El Watan le 10 - 03 - 2005

A plus de mille ans d'intervalle, Al Maârri, le poète (979-1058), et Emile-Michel Cioran, le prosateur (1911-1995), se considèrent avec révérence comme deux voyageurs répondant à l'appel de l'inconnu. On les voit entamer, avec bonheur, un dialogue sans pareil dans l'histoire des lettres. « La vie, toute la vie, est, pour l'un, éreintante, un véritable fardeau », alors que pour l'autre, « elle est une faute de goût que la mort ni même la poésie ne parviennent à corriger ».
Toute sa vie durant, Al Maârri n'a cessé de se sentir mal dans sa peau, d'afficher ce mal, et, bien sûr, de l'exprimer en vers et en prose. Tel un marin faisant fi de toutes les boussoles, de tous les portulans, il se lançait vers son eldorado qui n'était autre que cet état de spleen permanent, si cher à lui, où il se plaisait à vivre, corps et âme. Rien ne semblait l'apparenter à d'autres poètes frappés de cécité comme lui. A titre d'exemple, comparer son « épître du pardon » à l'Odyssée serait de l'ordre d'un accouchement au forceps en dépit du fait qu'il fit, comme Homère, une descente poétique aux enfers. De même qu'il serait inapproprié d'établir un quelconque parallèle entre lui et John Milton (1608-1674) bien que les deux aient tenté, dans une certaine manière, de versifier toute l'histoire de l'humanité. Sur ce plan-là, la cécité n'y ait pour rien en dépit des avancées théoriques faites par le grand critique égyptien « Louis Awad » (1915-1990) dans les années 1960. Avec ces deux compères, l'amertume, en tant que telle, s'installe confortablement et devient un sujet littéraire par excellence. Al Maârri l'annonce tout de go : « L'amour de la vie a appris, à l'homme libre, à se nourrir de ce qu'il y a de plus amer ! » Cioran consacre tout un livre pour dire son mal, c'est-à-dire, « l'inconvénient d'être né ». Dans ses « Louzoumiat », œuvre poétique incomparable sur le double point de la métrique et de la richesse langagière, Al Maârri, ne se contentant pas de s'attaquer à toutes les croyances, à toutes les idéologies, vitupère, encore, contre son propre père qui aurait commis le grand forfait, celui de lui avoir donné la vie ! Objet de toutes les erreurs, il déclare avec ostentation qu'il n'a jamais voulu commettre un tel forfait à l'égard d'autrui.
Tristesse existentielle
On s'emploie à lire ces deux géants de la littérature universelle, et c'est Parménide, Et Tawhidi, Edgar Alan Poe, Charles Baudelaire, Paul Verlaine et autres poètes de l'extravagance qui viennent revendiquer leur droit de cité. C'est le même spleen qui domine partout, et c'est le même cœur qui s'écœure sans raison ! Certes, l'absurde, en tant que style d'expression artistique, se fait fort ici et là ; cependant, on arrive, avec quelques recoupements, à s'expliquer le pourquoi de ce sentiment de grande tristesse existentielle qui prédomine chez ces deux grands écrivains. En effet, dans quelle mesure peut-on réunir des antinomies dans une seule strophe, dans un seul aphorisme ? La croyance et l'incroyance, le cri lancé par le nouveau-né et celui lancé par l'agonisant, le croissant et le clocher, l'éternel et l'éphémère, les gouvernants et les gouvernés, les criminels et les saints, autant de chapitres essentiels traités par Al Maârri, et à sa façon, et qui sont repris, par E. Cioran dans ses fameux aphorismes conformément à ses propres exigences et au goût du temps ! Il y a lieu, cependant, de dire que Cioran fait montre, dans ses écrits, d'une grande sagesse. C'est l'amertume qui prédomine, certes, mais, elle est dite calmement, et, bien sûr, avec une beauté exquise. Al Maârri demeure grincheux et hargneux au point que l'univers entier ne suffit pas à ses diatribes. Mais, une fois revenu à de bons sentiments vis-à-vis de sa propre personne, il fait montre d'une grande humilité : « L'homme, peut-il se révolter contre le royaume de Dieu, quitter son Ciel et sa Terre ? » A quelques nuances près, les deux hommes ont fait de l'amertume leur cheval de bataille. Les deux ont pris appui sur les mêmes idées. Parfois encore, Al Maârri se montre direct, sans fioritures, comme pour afficher une méchanceté sans égale. D'autres fois, gêné par ses propres frasques, il a recours à la plus douce des mélodies, remportant ainsi l'adhésion de son lecteur et donnant, en même temps, du fil à retordre à ses détracteurs parmi les fouqaha et les puristes déboussolés. Il faut, tout de même, se féliciter de ce trait de caractère chez ces deux génies. Il peut paraître comme un défaut aux yeux de ceux qui voudraient régenter le monde d'une manière unidimensionnelle, mais, c'est à lui que l'on doit toutes les grandes créations artistiques.


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