Le Président Tebboune rencontre à Rome des représentants de la communauté algérienne établie en Italie    Sétif: lancement des services de la finance islamique dans deux agences de la BEA    L'ONU et l'UA appelées à assumer leurs responsabilités envers le peuple sahraoui    Flambée des prix du carburant au Maroc: les transporteurs de marchandises menacent d'une grève nationale    L'émir Abdelkader a unifié les Algériens dans la lutte contre le colonisateur français    Belmehdi: tous les secteurs "mobilisés" pour la réussite de la saison du hadj    La loi sur l'investissement dynamisera davantage la diversification économique    "Tels des esprits affables qui murmurent", Smaïl Yabrir signe son premier recueil de nouvelles    Tennis de table/Coupe d'Afrique : quatre pongistes algériens présents au Nigéria    APN : les députés adoptent le projet de loi sur les procédures de saisine et de renvoi devant la Cour constitutionnelle    Le Président Tebboune quitte Alger à destination de l'Italie    ANP: 4 éléments de soutien aux groupes terroristes arrêtés en une semaine    Algérie-Tunisie: la coopération consulaire passée en revue à Tunis    "Mamlaket el hacharat", un spectacle pour enfants sur les valeurs de la "solidarité" et la "vérité" entre individus    Real : Eden Hazard ne lâche pas l'affaire    Klopp désigné entraineur de l'année en Angleterre    Man City : "Nous versons le salaire que nous pouvons à Haaland"    Affaire GB Pharma: Ouyahia et Sellal condamnés à 3 ans de prison    Nouveau code de l'investissement: Les délais de traitement des dossiers considérablement réduits    Voirie, réfection des trottoirs, éclairage public...: Opération d'aménagement sur l'axe de Ras El-Aïn    Es-Senia: Aménagement et embellissement extérieur à la zone d'activité    Pour accompagner les hôtes d'Oran aux Iles Habibas: Une soixantaine de jeunes en formation de guides touristiques    Une coopération heureuse et profitable    Belani: Les régimes marocain et israélien ont le même ADN    Ligue 1 - Mise à jour: Une dernière chance pour l'Entente    Nora, Saliha et les harkis    Tirage au sort jeudi en ligne    Al-Khelaïfi va annoncer de grands changements    Erik ten Hag annonce la couleur    La méthode Ankara    L'ONU entame sa visite au Xinjiang    Des dizaines de colons envahissent la Mosquée Al-Aqsa    La gauche tente de nouveaux visages    L'Algérie peaufine sa stratégie africaine    Les pique-niques et les randonnées en vogue    Un réseau national tombe à Berrahal    31 décès et 1.511 blessés en une semaine    Les raisons de l'union patronale    Elle m'a battu, puis m'a devancé...    La démonstration des Forces navales    Le procès a failli «dégénérer»    Un long fleuve tranquille    Accueil triomphal pour Amin Zaoui    29 titres retenus par le jury    MDN: Chanegriha supervise un exercice tactique dans la 2ème RM    Tebboune met fin aux fonctions du Gouverneur de la Banque d'Algérie    Figure incontournable du cinéma algérien: Chafia Boudraâ tire sa révérence    Sahara occidental: Le Maroc détourne le thème de ses conférences pour quémander un soutien international    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Chakib Khelil sème la discorde
Publié dans El Watan le 27 - 04 - 2016

Cette utilisation politique des lieux de culte suscite le courroux de plusieurs zaouïas, mais ne semble pas inquiéter le ministère des Affaires religieuses, dont la mission est de les préserver des activités politiques… Imperturbable, l'ex-ministre de l'Energie, Chakib Khelil, continue sa tournée des zaouïas, malgré les voix coléreuses qui dénoncent l'utilisation politico-médiatique de ces lieux de culte.
Contre vents et marées, Chakib Khelil, soutenu par le président de l'Organisation nationale des zaouïas (ONZ), poursuit son périple à la recherche de la «bénédiction» des cheikhs de zaouïa qui, selon Adda Fellahi, ex-conseiller au ministère des Affaires religieuses, «n'ont aucun ancrage ni influence sur la population et encore moins sur les décideurs».
Pour lui, le but recherché à travers ces sorties est «politico-médiatique». Ainsi, après avoir évité le pire à Djelfa où, dès la fin de sa visite à la zaouïa Si M'hamed Ben Merzoug, une tentative d'attaque de ce lieu a été empêchée par les notables, Chakib Khelil crée un incident à Chlef, où un groupe d'habitants de la ville de Aïn Merane, conduit par Rachid Nekkaz, a perturbé sa visite à la zaouïa. N'était l'intervention de la police, l'ancien ministre n'aurait pas pu accéder au lieu de culte qu'il a quitté dans la précipitation, par une porte de secours.
Visiblement, les «ziaras» médiatisées de Chakib Khelil dans les zaouïas ne font pas l'unanimité. Bien au contraire. Elles ont provoqué une fracture entre les fidèles de ces lieux dont la vocation est d'enseigner et de faire réciter le Coran et non pas de bénir ou de blanchir les hommes politiques.
La première réaction à la visite de la zaouïa de Djelfa a été celle du chargé de l'information de l'Union nationale des zaouïas (UNZ), Belkacem Messaoudi, l'une des plus influentes organisations, rivale de l'ONZ. Non seulement il s'est démarqué de cette initiative, mais il s'est déclaré «innocent de l'hommage» rendu à l'ex-ministre. Messaoudi a affiché sa distance par rapport à l'Organisation qui le parraine, créée en 2012, par son président, Abdelkader Bessine. «Cela ne nous concerne ni de près ni de loin. Ce que l'Organisation fait est un non-événement. Nous ne le savions pas et nous n'avons pas été invités, car nous n'avons aucune relation avec eux.
Ils ne font pas partie de l'Union», a déclaré Belkacem Messaoudi à un site d'information locale, Djelfa-info, précisant : «Les médias ont rapporté, à tort, que ce sont les cheikhs de zaouïa qui ont honoré Chakib Khelil. Aucun des chouyoukh et des oulémas n'était présent, car les zaouïas ont pour habitude d'honorer les cheikhs, ceux qui apprennent le Coran, les savants et non d'autres personnalités et des gens qui sont totalement éloignés de cela. Ce qu'a fait cette zaouïa ne l'engage qu'elle seule.»
Des parainages «d'en haut»
Les déclarations de Messaoudi rejoignent celles du président de cette Union, Mahmoud Chaalal, qui, à la veille des élections de 2012, avait expliqué, dans un entretien accordé à El Watan, que «les zaouïas soutiennent tous les Algériens. Elles soutiennent les politiciens honnêtes, compétents et intègres (…). En pratique, ce sont les associations apparentées à des zaouïas qui s'intéressent réellement à la politique. Une zaouïa peut parrainer jusqu'à 1000 associations qui activent sur le plan social.
A la tête de chaque association, il y a un moqadem (grade de responsabilité dans une zaouïa). Donc, si on compte le nombre de moqadems, on peut dénombrer environ 8900 zaouïas en Algérie. Le politicien ne sollicite pas directement le cheikh de la zaouïa, il s'intéresse particulièrement aux organes associatifs». Or, Chakib Khelil s'adresse directement aux chouyoukh des zaouïas qui, à la veille de la visite, sont déjà préparés par le président de l'ONZ, comme l'a bien expliqué Adda Fellahi dans l'entretien qu'il nous a accordé il y a quelques jours seulement.
Selon lui, «le choix des zaouïas n'est pas fortuit. Il ne s'agit pas des grandes confréries comme la Tidjaniya, la Rahmaniya, la Kadiriya, mais plutôt les moins influentes de toutes et les moins ancrées au sein de la société, qui ont besoin d'être connues à travers l'effet médiatique de ces visites et de bénéficier de retombées financières en cas de réussite».
Il est très difficile de croire que le président de l'ONZ, Abdelkader Bessine, puisse parrainer de telles visites sans être soutenu par une haute autorité, eu égard au dispositif sécuritaire mis en place pour accompagner Chakib Khelil dans ses déplacements, les moyens de transport, notamment cette Mercedes blindée dont il dispose.
Dans une déclaration à El Watan, Bessine nous apprend : «C'est nous qui avons pris l'initiative (NDLR : de l'inviter) dans l'objectif de l'honorer et de lui rendre la place qu'il mérite dans son propre pays. C'est une personnalité algérienne d'excellence, aux compétences mondialement avérées.
De ce fait, nous avons jugé nécessaire de le décorer.» Peut-on croire qu'il s'agisse juste d'une décoration lorsque chaque visite est utilisée médiatiquement pour non seulement pour faire une offre de services, mais surtout pour se blanchir des faits de corruption encore pendants au niveau du tribunal de Sidi M'hamed, pour lesquels l'épouse de Chakib Khelil et ses deux enfants font toujours l'objet d'un mandat d'arrêt international ?
Adda Fellahi est formel : «Il est impossible que Bessine puisse agir seul s'il n'a pas obtenu le feu vert des autorités. Quelques jours avant la visite de Khelil à la zaouïa de Djelfa, le ministre des Affaires religieuses était sur place et ce n'est certainement pas pour présenter des condoléances, comme il le dit, mais plutôt pour organiser ce déplacement. Nous savons tous que beaucoup de zaouïas reçoivent des subventions que leur accorde le département de Mohamed Aïssa.» Mais ce dernier s'en défend en déclarant à la presse : «Les zaouïas existent depuis presque neuf siècles et nul ne pourra leur dicter ce qu'elles doivent faire (…), elles sont libres d'inviter qui elles veulent.
Et celui qui veut politiser la visite de l'ex-haut responsable à la zaouïa est totalement ignorant quant à la nature des zaouïas.»
Le ministre des Affaires religieuses semble ignorer que c'est Chakib Khelil qui a transformé ces lieux d'apprentissage du Coran en tribune politique, alors que la loi l'interdit formellement. Les zaouïas sont des associations dont l'activité est réglementée. Elles doivent être protégées de toute utilisation partisane ou politique.
Or, la tournée de Chakib Khelil dans les zaouïas n'a pas pour but de quémander uniquement la baraka des chouyoukh qui le reçoivent sous les projecteurs des caméras et les flashes des appareils photo des journalistes. Son but est de se refaire une virginité aux yeux de l'opinion publique à travers un matraquage médiatique exécuté par des chaînes de télévision privées, mises au service de ceux qui veulent le protéger des procès de l'histoire en le recyclant dans les rouages de l'Etat et en lui assurant une immunité.
Tout comme les mosquées, les zaouïas sont des lieux de culte que le département de Mohamed Aïssa doit impérativement préserver de la politique. L'Algérie a payé un lourd tribut en raison de cette politisation de la religion. Malheureusement, la leçon ne semble pas avoir été retenue.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.