Belaili : "Les supporteurs nous ont motivé et le prochain défi est de battre le Sénégal"    La SDC de Biskra nous écrit :    Les changements que vous allez observer en menant une vie sans boissons gazeuses    Bensebaini : "Cette victoire va nous donner de la confiance pour la suite"    Nouvelles de l'Ouest    Ammal : Une cinquantaine de familles oubliées du relogement    Cité des 800 logements : Le projet de rénovation non encore entamé    Annoncée pour cet été à la Casbah : Où en est l'opération d'ouverture d'espaces pour l'artisanat ?    Abderrahmane Hadj-Nacer: Les contours d'une sortie de crise «acceptable par l'armée et le Hirak»    L'ATTENTE ET LES EXIGENCES DE SOI AUSSI    CRB Abdelmalek Ramdane: La présidente du club dénonce un complot    CAN-2019: Maroc 1 - Namibie 0 - Les Marocains ont sué    Groupe E : Mali-Mauritanie, aujourd'hui à 21h00: Gare à l'excès de confiance !    Financement non conventionnel: L'Algérie renonce à la planche à billets    Tlemcen: L'ex-PDG d'Algérie Télécom devant le parquet général jeudi    Habitat: L'agrément des promoteurs immobiliers désormais du ressort des walis    Un projet pour la réhabilitation de la voirie à Haï Derb: 15 immeubles menaçant ruine toujours occupés par des mal-logés    Sept plaquettes de kif saisies, quatre arrestations    Chaleur caniculaire sur l'Est et le Sud    Gaïd Salah tempête mais le peuple décrète    Les papys font de la résistance    Entretien : La Tunisie et Naïm Sliti veulent "passer un cap"    USM Alger : La dette estimée à 104 milliards de centimes    Situation sécuritaire au Mali: L'armée renforce sa présence territoriale    Suite aux tensions des derniers jours : L'Iran lance un avertissement ferme aux USA    Police aux frontières : Des instructions pour fournir les meilleures prestations sécuritaires au citoyen    Compromis fraternel    "La banqueroute de Lehman Brothers paraîtra une simple gaminerie": Deutsche Bank lutte pour sa survie ?    Bourses : L'Europe termine en baisse avec les tensions USA-Iran    Alger : 40 milliards de centimes pour reconstruire le marché des "Trois horloges" à Bab El Oued    Avec une croissance à la peine : Le marché pétrolier s'inquiète de la demande    Sahara occidental : Des eurodéputés interpellent le Maroc sur le sort de militants sahraouis    Les Houthis affirment avoirabattu un avion militaire saoudien    Place au bilan    Reddition d'un terroriste    Mandat de dépôt pour 18 manifestants    Un putsch met fin au FFS du général Toufik    17 manifestants envoyés à la prison d'El Harrach pour port du drapeau amazigh    Nécessité d'une stratégie «intégrée» de lutte contre la violence et le terrorisme    Le front de l'opposition s'élargit    Les journalistes de Dzaïr News veulent sauver leur média    «Incha'Allah des surprises à Alger !»    Premier tour de l'élection présidentielle en Mauritanie : Un général favori pour succéder à un général ?    Nouvelles d'Oran    Culte : Un jeune Chrétien condamné à Akbou    L'unité, première arme    En finir avec l'indigénat néocolonial    Donald Trump, Président pour l'éternité ?    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





La presse a toujours été le souffre-douleur des régimes…
Hocine Redjala. Réalisateur de L'Encre de la liberté
Publié dans El Watan le 24 - 05 - 2019

– Dans quels conditions et contexte avez-vous réalisé votre documentaire ?
Ce film documentaire fou, qui m'a valu une cabale judiciaire et une mise sous mandat de dépôt, a été fait dans des conditions matérielles et surtout sécuritaires extrêmes. Après la condamnation politique de Benchicou et la disparition du journal Le Matin, qui était, rappelons-le, un journal d'opinion et a révélé de graves scandales, à l'instar de quelques autres titres d'ailleurs, ont été un pas de trop franchi par le régime de Bouteflika pour mettre une camisole de force à la liberté d'expression.
Un comité de défense des libertés a été mis sur pied à la maison de la presse Tahar Djaout. C'est ainsi que certains de mes camardes journalistes de la presse, dont je faisais partie avant de virer vers la presse filmée, et des citoyens qui venaient de tous les coins du pays ont pris à bras le corps ce comité pour signifier le soutien de la société civile au journal Le Matin, à Benchicou et aux travailleurs de son organe.
C'est ainsi que l'idée de faire un documentaire sur la liberté d'expression en Algérie et de traiter, par ailleurs, de tout ce qui tourne autour de ce sujet a germé. Je profite de l'occasion pour saluer Omar Belhouchet et le journal El Watan qui étaient les seuls à m'avoir un peu soutenu matériellement pour mener à bon port ce film terrible. En ces temps, la première des conditions pour faire un documentaire pareil, c'est d'avoir une bonne dose de courage et de détermination.
– Comment voyez-vous l'évolution de la liberté d'expression, chèrement acquise après plusieurs combats et une décennie féroce où les journalistes étaient directement ciblés, durant le pouvoir de Bouteflika, en arrivant à la révolution du Sourire que vit pleinement le peuple depuis plus de trois mois ?
La presse a toujours été le souffre-douleur des régimes dictatoriaux et même parfois des systèmes dits démocratiques. Sans la presse, le monde tournerait à l'envers et seules les populations fragiles payeraient le lourd prix. Pour l'Algérie, la presse dite indépendante a résisté face au terrorisme et surtout face aux règles liberticides du régime maffieux en place.
Comme le disait Hakim Laallam dans le film : «L'Algérie a ratifié des tonnes et des tonnes de conventions mais ce n'est pas pour cela que le pays est respectueux des lois internationales.» A travers le film L'Encre de la liberté, toutes les pistes importantes ont été débroussaillées pour faire un état des lieux de la liberté de la presse en Algérie, et je vous avoue que beaucoup reste à faire malgré les acquis avérés.
Le premier travail qui doit être entrepris est de procéder aux assises de la presse par les professionnels de l'information, sinon ce sera le cafouillage qui régira la corporation. Il y a trop d'improvisation dans le domaine de la presse. Le non-droit ambiant qui règne en maître aide à l'affaiblissement de la presse et à la désintéressée. Si vous avez remarqué, à titre d'exemple, j'ai évoqué l'affaire Beliardouh, le journaliste d'El Watan à Tébessa, violenté par les barons du foncier à l'est du pays et qui s'est donné la mort peu après.
Cette affaire nous renseigne sur le travail qui doit être fait par les directions des journaux et les éditions pour mieux prendre en main les difficultés de ceux qui travaillent dans les profondeurs de la société, appelés les «localistes» et qui, malheureusement, ne sont pas bien protégés ni par leurs journaux ni pas les lois. Ni Bouteflika, ou du moins ce qui reste de lui à travers ses résidus qui s'accrochent encore pour défendre leurs derniers retranchements et autres biens détournés, ni même Gaïd ou ses supplétifs n'auront raison devant la détermination du peuple à aller vers sa liberté.
Le régime hybride en place qui se joue de l'avenir du peuple est soutenu par une presse aux ordres qui, au demeurant est une coquille vide qui a beau vouloir faire la courbette mais qui n'atteindra jamais le cœur battant de la famille qui avance.
– Ce documentaire n'est pas le premier que vous réalisez. Vous venez de sortir un nouveau film, Le Serment rebelle, qui raconte l'histoire des bandits d'honneur, notamment en Kabylie. Pourquoi vos différents films documentaires ne sont-ils pas accessibles au grand public ?
Effectivement ! Je viens de finaliser un travail documentaire scientifique et historique sur l'histoire de ces personnes que l'administration coloniale a traité de bandits et de hors-la-loi. Parallèlement à ce film, il y a aussi d'autres documentaires en instance de diffusion, tel que celui sur la liberté d'expression et d'autres encore. Pour L'Encre de la liberté, il a pris part au Fifog de Genève et a été projeté dans certains campus universitaires et une fois à la Maison de la presse.
J'ai contacté des chaînes de télévision pour son exploitation, mais rien n'a été fait car certains programmateurs voudraient bien le prendre à condition de le revoir de fond en comble, et j'avoue que cela représente pour moi une atteinte à la création et à la liberté d'expression que je défends dans le film. L'argent ne paye pas tout. Maintenant et à l'occasion de la révolution populaire pour un changement radical du système et du recouvrement de l'indépendance acquise, je compte faire voyager ce film pour que le monde sache et soit au courant des exactions auxquelles la presse et la société algériennes sont confrontées.
Concernant mon autre documentaire Le Serment rebelle qui met à l'honneur ‘‘les bandits d'honneur'', il est tout frais et il aura son existence dans le monde de l'exploitation, des festivals et autres rencontres. Il est par ailleurs important de lancer un appel aux professionnels de la diffusion pour donner des ailes à nos œuvres en souffrances !


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.