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Le système politique algérien, formation et évolution (1954-2020) : Bonnes feuilles
Publié dans El Watan le 27 - 10 - 2020

Dans la violente offensive lancée en 2013 par Amar Saïdani, le secrétaire général du parti du FLN, contre le chef du département renseignement et sécurité (DRS), le général de corps d'armée Mohamed Mediène, suspecté d'être derrière les révélations sur les scandales de corruption du proche entourage présidentiel et d'être rétif à l'idée de voir le président Abdelaziz Bouteflika briguer un 4e mandat – on saura ce qu'il adviendra de l'un et de l'autre au printemps de 2019 –, l'argument massue qui revenait en boucle dans le discours officiel justifiant cet affrontement était la nécessité «impérieuse» qu'il y avait à instaurer, enfin, un «Etat civil» en Algérie.
Cet Etat était appelé, d'après les projections esquissées par ses promoteurs, à rompre avec la prépondérance conservée par les militaires dans les institutions dirigeantes, après janvier 1992.
Le débat ouvert, dans un climat d'extrême tension, autour de cet enjeu, très disputé, devait – à son terme – décider qui, du président de la République ou du chef du DRS, était le véritable détenteur de la prééminence suprême dans la direction des affaires du pays.
Le conflit se termina par le limogeage de ce dernier sans que rien ne soit venu ultérieurement confirmer la volonté des vainqueurs de l'épreuve de force – le président appuyé par Ahmed Gaïd Salah, le chef d'état-major de l'ANP – de réunir les conditions de l'émergence effective de l'Etat promis ; la révision constitutionnelle de 2016 n'ayant apporté aucun élément de droit, abondant dans ce sens, qui lui eut conféré de la consistance et du crédit, à part quelques réaménagements de pure forme relatifs à la justice, à la saisine du Conseil constitutionnel et à la surveillance des élections.
L'unique enseignement fourni par le dénouement de ce qui s'avéra une opération de recentrage de la source de décision qui profita, du reste, autant à la présidence qu'à l'institution militaire – mise davantage en cohésion au niveau de sa hiérarchie – fut de rappeler que ce clash ressemblait à tous ceux qui l'avaient précédé. Et comme eux, il n'allait à ce stade rien changer à la loi d'airain d'un rapport de force vieux de plusieurs décennies jalonnées par des crises à répétition qui mirent aux prises les civils et les militaires, l'une des constantes indiscutables de l'Histoire contemporaine de l'Algérie pré et postindépendance.
1. Une histoire très ancienne
Les luttes entre ces deux ailes du pouvoir algérien ont des racines historiques profondes.
Dans un enchaînement de cycles fortement déstabilisateurs et couvrant la période qui va de la préparation du soulèvement du 1er Novembre 1954 à la Révolution du 22 février 2019, avec en toile de fond des positions antagoniques sur des questions d'orientation idéologique, de choix stratégiques et d'hommes, ces luttes opposèrent :
– Les révolutionnaires de l'OS (Organisation spéciale) et du groupe des 22 aux militants légalistes du MTLD avant le 1er Novembre 1954 ;
– Les principaux chefs de l'insurrection à la direction élue par le congrès de la Soummam en 1956 ;
– Les «militants en uniforme» de l'EMG (Etat-major général de l'ALN) au GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne) en 1961-1962 ;
– Le ministre de la Défense nationale, le colonel Houari Boumediène au président de la République Ahmed Ben Bella, en 1965 ;
– Le Haut commandement de l'ANP au président Chadli Bendjedid, après la suspension du processus électoral de 1991 ; un acte dénoncé par Abdelhamid Mehri, alors Secrétaire général du parti du FLN, futur cosignataire de la plate-forme de San't Egidio, qui transgressa de façon spectaculaire les protocoles en usage au sein de «la Maison de l'Obéissance» ;
– Et, enfin, le président Bouteflika à une partie, puis à l'ensemble de l'Armée dirigée par le Général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense, chef d'Etat-major, décédé en décembre 2019.
Avant de commencer à charrier, dans leur prolongement, des rivalités claniques et régionalistes et des ambitions personnelles, ces luttes tournaient durant la phase prérévolutionnaire autour d'idées politiques exprimées et défendues avec une certaine conviction.
De proclamation en révision, de contestation en redressement, elles prirent un autre sens dans les phases qui suivirent, et eurent pour motivation principale la volonté des premiers chefs de la Révolution de conserver en exclusivité la direction du FLN originel, au motif d'en préserver «la pureté», opposés aux «ralliés», leurs «compagnons de route» du Mouvement national – centralistes, udmistes, ulémistes et communistes – à chaque fois qu'ils les soupçonnaient d'ambitionner de partager le pouvoir, dans une position autrement que subalterne, ou de tenter de le «confisquer» à leur seul avantage, pour le dévier de son sens initial.
C'est sans doute la première signification qu'il conviendrait de donner à ces rapports conflictuels qui ont durablement marqué l'ensemble des stations du mouvement révolutionnaire et de l'Etat algérien restauré : de la création de l'OS et du CRUA aux événements qui caractérisèrent, dans les conditions que l'on sait, la reconquête de la souveraineté nationale en 1962, en passant par le Congrès de la Soummam de 1956 – rectifié par la session du CNRA tenue au Caire en 1957 – le conclave des colonels réuni dans la capitale égyptienne en 1959, et le congrès de Tripoli convoqué et suspendu en 1962, dans la désunion et la confusion les plus totales.
2. Aux sources de la discorde
Afin de comprendre les ressorts de cette substitution – rampante puis brutale – du pouvoir des «militants en uniforme» au pouvoir des «militants civils», que certains acteurs mémorialistes ont voulu expliquer par la prévalence du terrain et par la nécessité de rectifier les déviations, il faudrait la rattacher à l'évolution, en dents de scie, qui fut celle du FLN du 1er Novembre jusqu'au congrès de Tripoli.
Dès sa création le 10 Octobre 1954, suivie de celle de l'ALN, intervenue quelques jours plus tard et signée par les mêmes chefs, le FLN connut une évolution ascendante illustrée, durant trois années, par une parfaite osmose entre les révolutionnaires politiques et les militaires, solidairement unis dans ce qu'on avait appelé «le nidham», l'Organisation fondée sur un consensus sans failles autour du contenu de la Proclamation.
Le Front se distingua au cours de cette période faste par une unité de pensée et d'action incontestée, malgré l'éparpillement territorial de ses forces et la faiblesse de ses moyens logistiques, avant de la voir s'étioler à l'amorce d'une courbe descendante qui donna à la fin des années 50 le coup d'envoi au dessaisissement d'une partie essentielle de ses prérogatives au profit d'une ALN transfigurée par son arrière – l'armée des frontières dérivée de la fusion des EMG Est et Ouest – qui, une fois bien installée, en 1960, étala ouvertement ses prétentions politiques hégémoniques.
L'équilibre entre les deux pôles de la Révolution était rompu, et les ingrédients explosifs d'une crise annonciatrice d'un nouvel ordre en marche réunis et mis en action au cours de l'été 62.
Les raisons qui expliquent cette évolution atypique sont à chercher, d'abord dans les différences de vision entre les principaux courants composant le Front, sur les questions de l'Etat à venir et de l'identité idéologique et patronymique des forces et des hommes candidatés pour le diriger, et dans d'autres, sous-jacentes, dont il faut tenir compte dans une analyse des éléments de fond éclairant, à posteriori, la perte de vitesse enregistrée par le FLN après le congrès de la Soummam, imputable à deux données sociologiques et politiques déterminantes :
– La première a trait à la place minoritaire occupée dans la société, et donc dans le FLN, par les élites qui n'ont pas pu dépasser les écarts existant entre leurs matrices sociales hétérogènes ainsi qu'entre leurs itinéraires formateurs – traditionnalistes/arabophones et modernistes/francophones – un écueil qui leur fit accepter, avec quelque résignation, la prise du commandement de la Révolution par la paysannerie, colonne vertébrale de l'ALN et classe qui a le plus pâti de la politique coloniale, d'autant que ces élites se sont vu reprocher d'avoir rejoint tardivement l'insurrection... In Le système politique algérien, formation et évolution (1954-2020) de Badr'eddine Mili.
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