Dans un message à l'occasion du 19 mars.. Bouteflika maintient le cap    Gaid Salah : «A chaque problème existe une solution, voire plusieurs»    Invitant la classe politique à faire des concessions.. Ouyahia se range du côté du peuple !    Prévue avril prochain.. La réunion de l'Opep pourrait être annulée    Chlef.. L'abattage clandestin de volailles prend de l'ampleur    Les champs Elysées seraient interdits aux «gilets jaunes»    Action sociale pendant le ramadhan à Sidi Bel-Abbés.. Plus de 31 milliards de centimes dégagés    Djelfa et Khenchela.. Contrebande de boissons alcoolisées    Belmadi cherche les remplaçants de Chita et de Benzia.. Le milieu, un chantier ouvert    Volley-Championnat d'Afrique (dames).. Bonne entame du GS Pétroliers    MINISTERE DE LA DEFENSE : Ahmed Gaïd Salah en visite de travail à la 3e Région Militaire    PREMIERE SESSION DE L'APW : Le dossier des affaires sociales en débat    POUR DETOURNEMENT DE DENIERS PUBLICS A L'ADE BOUHADJAR : Arrestation de trois fonctionnaires à El Tarf    NOUVEAU GOUVERNEMENT : Le CNES refuse de participer aux consultations    Une AG extraordinaire pour baliser le terrain à l'Hyproc    Un staff technique collégial pour terminer la saison    La Mekerra en quête de 18 points pour éviter le purgatoire    «Il faut faire confiance aux jeunes»    Marches et rassemblements des blouses blanches mardi    Vers la classification de 7 sites et monuments à Mila    ACTUCULT    Dire la vérité contre le mensonge    La crise actuelle en Algérie    Banque d'Algérie: Le taux des réserves obligatoires des banques passe de 8 à 12%    Augmentation des salaires des policiers: La DGSN dément et menace    El-Bayadh: Les trois derniers martyrs du 19 mars 1962    Formation du nouveau gouvernement    Le FNA, le PT et le Mouvement El Islah se prononcent    Abderrahmane Mebtoul appelle à privilégier les intérêts supérieurs de l'Algérie    Les fidèles tués dans les mosquées de Christchurch étaient âgés de trois à 77 ans    Ligue des champions (6e et dernière journée)    Le bleu de la mer à Cap-Djinet    Suivi permanent des projets publics    Le MC Oued Tlelat à trois points du rêve    Le football national doit faire dans l'optimisme    Initiatrice du projet «Past Forward Architecture»    Cinq conventions signées entre la BASTP et des PME    Un prix pour les auteurs édités en Afrique    Importance des études historiques sur les sciences et autres spécialités    Les journalistes et correspondants de Tizi Ouzou observent un sit-in    Sahara occidental: Les accords UE-Maroc violent la jurisprudence de la CJUE    La France a-t-elle "perdu" l'Afrique de l'Est au profit de la Chine?    Canada Et si la corruption au Québec était la face cachée de la crise que traverse Trudeau ?    Tarik Chenafa, un miraculé algérien    Exhumation d'un charnier de Yézidis victimes de l'EI    Bourses L'Europe salue les nouvelles sur le front du commerce et du Brexit    Casino : Le groupe livre des prévisions à trois ans fraîchement accueillies    "La douleur de voir souffrir le peuple syrien se ressent dans ma musique"    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





kouider Metaïr, une quête d'identité et de mémoire
« On ne naît pas Oranais, on le devient ! »
Publié dans El Watan le 14 - 04 - 2005

formé à l'université d'Oran et à l'Institut national audiovisuel de Paris, Kouider Metaïr exerce depuis 1981 comme ingénieur à la télévision algérienne.
Doublement attaché au patrimoine et à l'histoire, il est l'auteur de nombreuses expositions photos et l'illustrateur de livres consacrés, comme celui de Fatéma Bakhaï, à Oran. Oran, la mémoire - paru sous sa direction - est un ouvrage contre les préjugés et les idées reçues qui entourent une ville dont il défend l'image en tant que président de l'association Bel Horizon.
Vous êtes le maître d'œuvre, en association avec d'autres auteurs, d'un beau livre sur Oran, la mémoire. Comment l'idée de ce livre s'est elle imposée à vous ?
Un constat d'abord : en 40 ans, deux livres seulement sur Oran ont été publiés en Algérie, contre une centaine de publications en Europe durant la même période ! « Ce manque d'intérêt » local traduit en fait le rapport distant qu'ont eu les habitants et les élus à leur ville durant une longue période. Il y a aussi des raisons politiques et idéologiques. Dans l'imaginaire d'un pouvoir conservateur dans le domaine culturel, Oran était le mauvais exemple. La ville est taxée tantôt d'espagnole, tantôt de ville coloniale : n'était ce pas la ville la plus européenne d'Algérie ? Par conséquent une ville qui charrie des valeurs qui dérangent. Depuis, une politique de culpabilisation fut mise en œuvre, prétextant une participation tiède à la guerre de libération et une prétendue large permissivité morale. Les élites locales et autres notabilités oranaises ont été complexées et, dans une large mesure, neutralisées. Le succès du raï venant par ailleurs « confirmer » ce point de vue de ville libertine.
Centré sur la mémoire de la ville, votre ouvrage dessine à traits forts une identité oranaise. Comment selon vous la cité est-elle ancrée dans l'imaginaire des Oranais d'abord, mais aussi par les regards des Algériens ?
La mémoire oranaise se trouve ainsi contrariée et mutilée, comme d'ailleurs dans beaucoup de régions du pays. Autant de raisons qui ont poussé notre association (Bel Horizon, éditrice du livre) à s'inscrire dans un processus de « fabrication de la mémoire » actuellement enclenché ici et ailleurs. Le premier titre du livre Oran face à sa mémoire était significatif à ce propos. Nous l' avons proposé dans un premier temps aux institutions locales, à des éditeurs, à des journaux, mais sans succès... C'est grâce à un soutien de la Commission européenne et du CCF, que l'ouvrage voit enfin le jour dans la catégorie beau livre.
Etiez-vous conscient du piège possible d'une représentation stéréotypée d'Oran, et dans ce cas, en quoi votre livre apporte-t-il une approche nouvelle par rapport à ce qui se sait d'Oran ?
Il est évident que dans un beau livre, la tendance est au stéréotype, car on a tendance à privilégier la carte postale. C'est pour cela que nous avions favorisé le regard pluriel, l'ouvrage collégial. Les auteurs ont des vécus et des démarches différentes, cela ne pouvait qu'être enrichissant et devait nous prémunir d'une vision unilatérale. A travers les différentes contributions, plusieurs Oran surgissent. Et tant mieux. Il s'agit d'une mémoire plurielle, n'est-ce pas ?
Vous articulez votre démarche, dans Oran, la mémoire, sur des icônes emblématiques qui attestent de l'extraordinaire densité historique, artistique, et humaine, qui caractérise la ville au fil des siècles. S'il raconte Oran, votre livre le fait à travers les apports extérieurs dont la cité s'est nourrie, mais aussi pour ce qu'elle a donné aux autres. Oran est-elle un lieu de rencontre privilégié des cultures ?
Oran a connu durant son histoire plusieurs déplacements massifs des populations. Et donc des ruptures. La mémoire oranaise se trouve par conséquent stratifiée, enrichie, par des échanges souvent imposés, dans des circonstances tragiques. Sa proximité géographique de l'Espagne en fait la première ville andalouse, fondée sur les côtes sud, par des marins venus de Cordoue l'ommeyade, au début du Xe siècle. Elle fut par la suite la première victime de la Reconquista de l'Espagne des rois catholiques. La cité restera durant des siècles la proie de toutes les convoitises. Souvent conquise, jamais soumise. De terribles tremblements de terre, de graves épidémies jalonnent aussi son histoire, au point que beaucoup croient encore à une malédiction du saint patron de la ville Sidi El Houari, tellement les catastrophes se suivaient et rivalisaient en gravité. Mais de cette histoire dure et tumultueuse, il demeure de beaux restes patrimoniaux, qui font la fierté des Oranais et d'Oran un site de patrimoine partagé, un haut lieu de mémoire, structurant une certaine identité oranaise, appelée Oranité.
On retient de votre livre qu'il y a peut-être plusieurs Oran et par conséquent une mémoire plurielle de la ville qui s'incarne dans ses corps de métier, dans le panachage audacieux de son cadre bâti, dans son génie artistique, mais aussi dans l'héritage assumé de son passé. Comment définiriez-vous, alors, la modernité d'Oran ?
L'Oranité reste difficile à cerner, car elle s'appuyait au départ sur un ressentiment légitime des « ouled bled » floués, une certaine nostalgie (n'a-t-on pas le droit d'être nostalgique de sa jeunesse ?) mais au fil des temps, elle s'est imposée comme une manière d'être, de vivre, de paraître un « way of life » fait de panache et de tolérance. On ne naît pas Oranais, on le devient. C'est peut-être ça la modernité d'Oran.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.