Mme veuve Fatiha Benmohammed Hamidaoui, aliénée mentale et ses trois filles, toutes adolescentes, dont deux retardées, également, vivent au milieu de monticules de détritus. C'est la triste histoire d'une famille miséreuse vivant dans une maison dépotoir à la cité de la Gare, dans la commune de Hennaya (10 km de Tlemcen) Mme veuve Fatiha Benmohammed Hamidaoui, aliénée mentale et ses trois filles, toutes adolescentes, dont deux retardées, également, vivent au milieu de monticules de détritus, sans eau, ni électricité. Un véritable désastre. Nous leur avons rendu visite, devant l'étonnement des voisins habitant des demeures cossues. On n'avait pas à frapper à la porte puisqu'il suffisait de la pousser pour se retrouver nez à nez avec un décor hallucinant, indigne d'une wilaya qui débourse des milliards pour accueillir des milliers d'invités du monde entier pour l'évènement «Tlemcen, capitale de la culture islamique». L'intérieur est composé d'un drap et de quelques ustensiles. Des murs sont fissurés et la cour est un véritable dépotoir. On nous voyant, le jeune Fatima âgée de 16 ans marque un pas en arrière, comme si elle craignait d'être agressée. «N'ayez pas peur, nous sommes venus vous aider», l'a-t-on rassurée. Mme Hayat K., humaniste à qui revient l'honneur de découvrir cette famille, nous aide à mettre en confiance cette adolescente vêtue de haillons. «Ma mère n'est pas là». Conditions inhumaines Nous le savions. Elle faisait la manche dans les rues pavoisées de Tlemcen. «Et où sont tes deux autres sœurs ?» Fatiha, hagarde, ne répond pas. Nous savions, aussi, que les deux autres adolescentes exercent sous la menace le plus vieux métier dans les champs avoisinants. D'ailleurs, c'est comme cela que M. Hayat K. a découvert le triste sort de cette famille. «Je roulais sur le périphérique quand j'avais remarqué que deux hommes tentaient d'emmener par force une jeune famille dans les buissons. J'avais intervenu puis accompagné la malheureuse chez elle, et c'est là que j'ai découvert cette maison et le destin de cette famille», témoigne Mme Kazi, toujours sous le choc. Trente minutes plus tard, la chef de famille arrive «Excusez-moi, j'avais des choses à faire». Quelle dignité, quelle prestance, malgré le dénuement ! «Je n'ai aucune ressource ; si au moins les pouvoirs publics m'aidaient à nourrir et soigner mes filles», raconte-elle, comme gênée. Les services de l'APC et de la DAS sont interpellés. C'est une honte de voir une famille survivre dans des conditions inhumaines, au moment où l'Etat distribue de l'argent à tours de bras… Après avoir été témoin de cette réalité, il est difficile de retourner chez soi avec la conscience tranquille !