Triste est l'histoire de Mme Faïza Kabouya. Plus triste est sa réalité quotidienne. Cette mère de quatre enfants ne sait plus à qui s'adresser après avoir frappé à toutes les portes. Son problème majeur c'est sa fille de 17 ans, handicapée mentale à 100%, pour laquelle elle sollicite encore une fois les services compétents pour une prise en charge adéquate. La fille, d'une bonne corpulence physique, mais dont l'âge mental est celui d'un jeune enfant, se caractérise par des gestes brusques et violents. Dans ses moments d'excitation, la maman subit les conséquences. Elle nous montre les séquelles des fractures de deux poignets, ce qui n'est pas sans compliquer l'ostéoporose dont elle souffre depuis quelque temps. “Ma santé passe au second plan”, se contente de dire cette femme, qui consacre le plus clair de son temps à sa fille. Son mari n'acceptant pas cette situation est parti refaire sa vie. “J'assume et je continuerai à le faire, pourvu que l'Etat nous facilite les choses”, confie-t-elle. La mère, éplorée, raconte qu'en plus des lettres adressées aux services concernés, elle a pu approcher M. Ould-Abbès lors d'une excursion organisée par le ministère qu'il dirigeait. Des promesses sans lendemain. Vivant dans un local de 20 m2, appartenant à l'OPGI, à la cité 1 074-Logements de Aïn Naâdja, la petite famille est disloquée, en raison du manque d'un minimum d'intimité. Pour changer de couche à sa fille, les garçons sont obligés de sortir. Ce n'est pourtant pas la volonté ni la patience qui manquent à cette dame qui déclare vouloir apprendre à sa fille à être autonome sans y arriver. “J'ai fait toutes les librairies de la capitale à la recherche d'un manuel sur l'autisme. En vain. Elle soulève également le problème du manque de ramassage des handicapés. Dans son cas, elle est obligée de recourir à un taxi, souvent clandestin, pour accompagner sa fille élève au CMPEIM de Hydra. Âgée de 53 ans, cette mère, ancienne employée d'une grosse entreprise de l'électronique, se trouve aujourd'hui sans emploi et vivant de la charité des gens. Son plus grand souhait c'est l'intervention du ministère de la Solidarité pour la prise en charge de sa fille pour laquelle elle a sacrifié toute sa vie. Au prix d'un divorce.