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Illizi : Bordj Omar Driss, une commune qui veut sortir de l'oubli
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Publié dans El Watan le 09 - 05 - 2012

Le chômage est le dénominateur commun de la jeunesse de Bordj Omar Driss, à laquelle l'industrie pétrolière n'offre souvent que des contrats de travail limités à 3 mois.
Située à 700 kilomètres au nord d'Illizi, la commune de Bordj Omar Driss était à l'orée du XXe siècle une petite oasis parsemée de centaines de palmiers et de figuiers, longeant la H'mada Issaouane, au pied du plateau de Tinhert. La zaouïa de Sidi Moussa constituait alors l'épicentre de cette oasis.
Le commandant Laperine, chef des compagnies sahariennes, fit bâtir en 1904 un fort qui porta le nom du colonel Flatters, mort dans la région du Hoggar lors d'un combat avec les Touareg. Bordj Omar Driss, ainsi connu durant la période coloniale sous le nom de Fort Flatters, abrita des unités de l'armée jusqu'à l'indépendance. Rattachée à la daïra d'In Amenas, Bordj Omar Driss s'étend sur une superficie de 82 280 km2 et compte 6000 habitants. Cette commune enclavée, malgré les efforts consentis par l'Etat, fait face à des carences multiples en matière de développement.
De par sa position géographique, Bordj Omar Driss présente pourtant beaucoup d'atouts pour son développement, pour peu que l'on s'occupe sérieusement de sa gestion multisectorielle. Elle ne reste pas moins la commune la plus riche du pays de par la fiscalité pétrolière versée par les entreprises pétrolières activant sur son territoire. Mais, paradoxalement, la réalité est tout autre, puisque la commune reste confrontée à une pauvreté qui ne dit pas son nom.
Plusieurs secteurs vitaux restent, en effet, confinés dans une situation, qui, le moins que l'on puisse dire, nécessite une prise en charge pressante. Dans le domaine agricole, à titre d'exemple, et malgré les potentialités hydriques importantes, aucun programme de valorisation des terres arables n'a encore vu le jour.
Sur le plan urbanistique, le plan d'aménagement de cette localité demeure inadéquat, car aucune amélioration n'a été apportée aux anciennes bâtisses. En matière d'infrastructures de formation, la commune manque de beaucoup de centres de formation professionnelle pour les jeunes recalés de l'enseignement moyen, le chômage étant le dénominateur commun de la jeunesse de Bordj Omar Driss, à laquelle l'industrie pétrolière n'offre souvent que des contrats de travail temporaires, se limitant à 3 mois. Pour sa part, le secteur de l'enseignement devrait être revalorisé par des mesures incitatives en faveur de enseignants, en leur offrant notamment des logements décents.
A Bordj Omar Driss, et à l'instar de plusieurs contrées du sud du pays, le chômage a atteint des proportions alarmantes, particulièrement parmi les jeunes diplômés. Au-delà de ces problèmes de développement sectoriel, les habitants de Bordj Omar Driss font face à des contraintes multiples, notamment l'approvisionnement en produits alimentaires. Le manque récurrent de liquidités au niveau de l'unique bureau de poste est l'autre point noir à Bordj Omar Driss, obligeant les usagers de la poste à se déplacer jusqu'à In Amenas, distante de 500 kilomètres, pour retirer leur argent. Ici, un seul centre de santé est ouvert aux patients pour les premiers soins et ne peut prendre en charge les cas urgents pour lesquels il est nécessaire de procéder à l'évacuation des patients vers Ouargla… à 500 km de là.


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