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Djamel Belaïd. Ingénieur agronome : «Une grosse part des subventions est captée par les grands exploitants»
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Publié dans El Watan le 15 - 07 - 2013

Après avoir analyser de près le secteur agricole et ses dysfonctionnements et avec une expérience au sein des Chambres d'agriculture en France, cet ingénieur agronome réfute, dans cet entretien, toute similitude entre la politique des subventions menée actuellement en Algérie et celle en cours au sein de l'Union européenne, canalisée par la PAC (Politique agricole commune). Alors que cette dernière est désormais orientée vers l'aspect qualitatif et environnemental, les subventions en Algérie ne sont aucunement soumises à un système de contrôle rigoureux.
-Comment jugez-vous la politique des subventions agricoles en Algérie, en termes d'ampleur (les budgets mobilisés) et d'efficacité?
L'ampleur des subventions est considérable : soutien pour le prix d'achat du blé, des intrants (fertilisants et produits phytosanitaires), prêts à taux bonifiés, aides pour l'équipement en matériel d'irrigation. A cela, il faut ajouter une fiscalité agricole très favorable et la politique de concession de terres agricoles. Les producteurs de céréales et de lait n'ont jamais connu un contexte aussi favorable. Quant à l'efficacité sur la production, si on considère les files d'attente des remorques remplies de blé dur devant les silos des CCLS et l'augmentation des taux de collecte de lait frais des laiteries, c'est un progrès. Mais à quel prix. Si on considère la qualité du blé livré, on s'aperçoit qu'il est de faible qualité semoulière. La cause ? Un choix variétal parfois inadapté et une absence de fertilisation azotée raisonnée. Quant à l'élevage laitier, le manque de fourrage se fait cruellement sentir.
-Telles qu'elles sont gérées, les subventions agricoles sont-elles réellement protégées contre des éventuelles tentatives de détournement?
Face aux sommes allouées par les pouvoirs publics, des dysfonctionnements sont inévitables. Ces détournements peuvent prendre les formes les plus inattendues. Ainsi, il y a deux ans, des céréaliers de la région de Tiaret ont menacé la CCLS de cesser toute livraison car le directeur souhaitait supprimer la prime de 1000 DA au motif d'un fort taux de mitadinage. Suite à un arbitrage des autorités locales, le directeur en question a dû faire marche arrière.
-Avec le blé acheté aux producteurs à 4500 DA/quintal et le lait subventionné à 20 DA/litre en moyenne, y a-t-il des produits dont les niveaux de subvention seraient excessifs ou en deçà des attentes?
Les choix des pouvoirs publics sont de nature productiviste. On le comprend quand on considère l'urgence de réduire les importations. Mais une telle stratégie pose deux problèmes. Une grosse part des subventions est captée par les grosses exploitations qui ont su disposer de moyens modernes et qui sont suivies par les technico-commerciaux des firmes privées de produits phytosanitaires. Ainsi, dans le Constantinois, certains gros céréaliers se rapprochent rapidement des standards techniques européens. Du point de vue ration alimentaire, les subventions vont essentiellement aux céréales. Or, l'équilibre alimentaire nécessite les fruits et légumes.
-En votre qualité de spécialiste en la matière et sur la base de votre expérience en France, quelle comparaison peut-on faire entre la politique des subventions en Algérie et celles de la PAC?
En Europe, progressivement était ajouté une condition pour le versement des aides : obligation de mettre une partie de la surface de l'exploitation en jachère et l'utilisation de mesures environnementales comme la lutte contre la pollution par les nitrates. En Algérie, aucune condition n'est posée pour le versement des subventions. Pourtant, sur des sols en pente la charrue continue d'être utilisée alors qu'elle aggrave l'érosion. Les sols sont cultivés sans restitutions organiques (fumier, paille). Ces pratiques aggravent l'érosion. Nous mettons ainsi en danger le capital sol.
-Quelles seraient vos recommandations pour rendre les subventions plus efficaces et plus ciblées?
En matière d'efficacité le maître mot est concertation avec des associations professionnelles agricoles représentatives. Il est illusoire de penser réussir en faisant l'impasse sur cet aspect de la question. On ne peut penser réduire, par exemple, les importations de blé dur sans réunir autour d'une table céréaliers, techniciens, organismes de collecte et semouliers. Cela commence à se faire localement. Les initiatives entreprises par le groupe Benamor en vue d'améliorer la qualité des blés, est à encourager. Ainsi, les financements ne suffisent pas à créer des agriculteurs performants. Un accompagnement technique de terrain est indispensable.
Les expériences de «l'école au champ» sont à cet égard un progrès. Quant au ciblage des aides, au-delà de l'augmentation de la production, les subventions permettent une redistribution nationale des revenus. Les pouvoirs publics se doivent de considérer le million de familles paysannes algériennes qui déploient des trésors d'ingéniosité pour s'adapter à des milieux secs et souvent dégradés.


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