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Le livre noir de Marzouki mal accueilli
Même son premier conseiller l'a critiqué
Publié dans El Watan le 24 - 12 - 2013

Depuis les premières fuites concernant le livre noir de Marzouki, intitulé Le système de propagande sous Ben Ali, les condamnations ont fusé de toutes parts.
Tunis.
De notre correspondant
Partis politiques, organisations de la société civile, associations sportives et, même, de simples militants ont contesté le droit de la présidence de la République à éplucher les archives mises entre ses mains. Le livre a d'abord suscité une large polémique dans les médias, avant de passer aux couloirs de la justice.
Aux dernières nouvelles, le tribunal de Tunis a décidé de mettre trois administrateurs judiciaires pour veiller sur les archives de la présidence de la République dans la mesure qu'elles «font partie des documents saisis par la Commission nationale sur les affaires de corruption et de malversation, qui était présidée par feu Abdelfattah Omar», comme l'a affirmé le professeur Ezzeddine Mhadhebi, avocat plaignant dans cette affaire. Un jugement vient d'être prononcé sur la question. Sur un autre plan, l'association des supporters de l'Espérance sportive de Tunis (EST) a porté plainte contre la présidence de la République parce que cette association a été citée dans le livre noir pour «avoir soutenu Ben Ali», alors que toutes les autres associations sportives ont fait la même chose. Il s'agit d'un «acte de diffamation», accusent les supporters de l'EST dans leur requête au tribunal. Cette affaire a été reportée au 25 décembre.
Par ailleurs, et suite aux accusations adressées par la présidence de la République à l'imprimerie officielle d'être derrière la fuite du livre, ces derniers ont vigoureusement réagi et menacent de porter plainte, si ce n'est déjà fait. Il s'agit là d'un échantillon des réactions suite à la fuite du livre autour duquel la présidence de la République a multiplié les déclarations. Au départ, le directeur du cabinet présidentiel, Adnen Mansar, avait prévu une conférence de presse le 4 décembre pour parler du livre noir. Il avait auparavant défendu le livre sur la télé nationale et promis «un deuxième tome», avant de se rétracter sur tout. «Le livre noir n'était pas pour la publication», a ensuite déclaré le président Marzouki dans une interview à la BBC. Tout ce flottement est dû aux réactions agressives de la société civile et politique qui qualifient cet acte de «piratage» de la mémoire commune. Quel avenir à ce livre après le fiasco médiatique subi à sa sortie ?
Tollé général
La classe politique reproche à la présidence de la République de s'être substituée à la justice transitionnelle, en épluchant les archives en sa possession. «L'ouverture des archives répond à des normes connues à l'échelle internationale et ces normes n'ont pas été respectées lors de la publication de ce livre», a rappelé Hédi Jalleb, directeur général des Archives nationales. Du côté du ministère des Droits de l'homme, le ministre Samir Dilou reproche à toute la classe politique, gouvernement et opposition, l'indifférence avec laquelle est gérée la justice transitionnelle. «Le projet de loi sur la justice transitionnelle traîne depuis plus d'une année au niveau de l'Assemblée nationale constituante. Mais personne n'a fait de pression pour accélérer les procédures de son adoption», a regretté le ministre. «Tant que nous y sommes, ledit projet de loi va être débattu à partir de demain en plénière à l'ANC. Au moins, le livre de Marzouki aurait servi à quelque chose», indique-t-il.
La série de condamnations a également émané d'organisations de la société civile comme la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH), la section Tunisie d'Amnesty International, ou encore l'Association tunisienne de lutte contre la torture. Elles reprochent tous à la présidence de la République «d'avoir exploité un espace qui ne lui revient pas de droit», comme l'a souligné Me Abdessattar
Ben Moussa, président de la LTDH. Les organismes ne sont pas les seuls à avoir condamné la publication de ce livre. Beaucoup de militants et de journalistes ont exprimé en effet leur indignation d'être cités. On peut attirer l'attention sur les réclamations des journalistes Ridha Kéfi (ex-Jeune Afrique), Youssef Oueslati (rédacteur en chef de l'hebdomadaire Akher Khabar), ou encore le politologue qui a goûté à tous les râteliers, Safi Saïd, qui vient de tenir hier une conférence de presse pour annoncer son intention de porter plainte contre Marzouki.
Des opposants en colère
Le livre de Marzouki a également comporté des noms dont la présence constitue une surprise à plus d'un titre. Ainsi, l'expert de l'ONU et, néanmoins, militant islamiste Ahmed Manaï, a été cité dans le livre de Marzouki. Manaï était réfugié en France durant plus de deux décennies. Il est l'auteur du livre Supplice tunisien : le jardin secret du général Ben Ali (éditions La Découverte 1995). Manaï a indiqué que Moncef Marzouki a une dent contre lui. «Je vais porter plainte contre lui», a-t-il déclaré. Le fils de Manaï a précisé que la plainte va être déposée soit en France, soit en Tunisie. Ahmed Manaï est surtout connu pour ses déclarations suite à sa visite en Syrie dans le cadre d'une mission de la Ligue arabe. Le conseil de la Ligue a dû enterrer le rapport de la mission présidée par Manaï, car «trop indépendant». Il y a de quoi monter Marzouki contre lui. Le président tunisien ayant été le premier à rompre les relations diplomatiques avec la Syrie, avant même le Qatar.
Sur un autre plan, l'un des leaders historiques de l'opposition tunisienne, Hamma Hammami, n'a pas mâché ses mots à l'encontre de la présidence de la République. «Pour qui se prend-il Marzouki pour souiller ainsi la mémoire de générations de militants ?», s'est indigné l'un des combattants pour la démocratie, les plus en vue. «Il n'a aucun droit pour éplucher les archives et publier un tel livre, où Marzouki s'est réservé 14 pages, comme s'il est le symbole même de la lutte contre Ben Ali, alors que plusieurs militants méritent de le devancer largement», a ajouté Hammami, dont le nom n'a pas été cité malgré les sévices qu'il a subis.
La classe politique n'a donc pas cessé de condamner l'exploitation inappropriée des archives. Mais le top fut la déclaration de Aziz Krichen, premier conseiller à la présidence tunisienne, qui a jugé que la publication de ce livre est une grave erreur politique. Aziz Krichen a démissionné entre-temps du parti CPR, dont il était membre du bureau politique. Ses jours à la Présidence semblent comptés.
Marzouki n'a pas fait le bon choix en publiant ce livre. Il a allié contre lui ses amis et ses ennemis. Dire, aujourd'hui, que c'est juste un recueil réuni pour être présenté aux membres de l'ANC, comme a prétendu la présidence de la République dans une récente conférence de presse, est une offense à l'intelligence des Tunisiens. Ils ont rapidement oublié que Adnen Mansar, le porte-parole de la présidence de la République a défendu ce livre sur plusieurs médias et promis un deuxième tome pour bientôt. Heureusement que tout le monde a déjà tourné la page. Ce n'est qu'une gaffe de plus du président tunisien. Il est par ailleurs loin d'être à son premier écart.


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