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De l'Union africaine Mourad Boularaf. Ex-fonctionnaire au Parlement panafricain
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Publié dans El Watan le 15 - 07 - 2016

Le 25 mai de chaque année représente la Journée de l'Afrique. Cette année, c'est le 53e anniversaire de la création de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA), aujourd'hui Union africaine (UA).
A l'exception des personnels de l'Union africaine qui ont célébré l'événement comme à l'accoutumée, les peuples africains ne l'ont pas fait et beaucoup d'entre eux, si ce n'est la majorité, ignorent l'existence d'une telle journée de l'Afrique voire même de leur organisation qu'est l'Union africaine.
L'Union africaine a succédé à l'Organisation de l'Unité africaine à la faveur d'une décision des chefs d'Etat et de Gouvernement réunis en un sommet extraordinaire de l'OUA à Syrte en Jamahirya libyenne le 9/9/1999, soit deux mois après le sommet ordinaire de l'OUA tenu à Alger en juillet 1999. Le sommet avait décidé alors de passer à une autre étape, celle de l'Union dont la mission principale est de réaliser le développement du continent ; les chefs d'Etat et de Gouvernement étaient convaincus que l'OUA avait accompli sa mission consistant en l'accession des pays africains à l'indépendance.
C'est ce qu'ils déclarent expressément dans le Préambule de l'Acte constitutif : «Considérant que depuis sa création, l'Organisation de l'Unité africaine a joué un rôle déterminant et précieux dans la libération du continent, l'affirmation d'une identité commune et la réalisation de l'unité de notre continent, et a constitué un cadre unique pour notre action collective en Afrique et dans nos relations avec le reste du monde.»
Mais force est de signaler que cet objectif de l'OUA n'était pas complètement réalisé, étant donné que jusqu'à ce jour un Etat fondateur et membre de l'Union africaine demeure colonisé par un autre pays africain. Il s'agit bien sûr de la République arabe sahraouie. Par conséquent, le continent n'est pas entièrement décolonisé et il appartenait aux chefs d'Etat et de Gouvernement d'assigner à l'Union africaine le devoir de poursuivre cette mission initialement accordée à l'OUA. Nous savons tous que sans paix et stabilité, il n'y aura pas de développement durable dans ce continent africain.
Mais pourquoi cette journée de l'Afrique est méconnue par la majorité des Africains ? Pourquoi ce manque de visibilité de l'Union africaine auprès des peuples africains ? Est-ce un manque de communication ? Il me semble que c'est bien la raison qui laisse cette Union ignorée par les citoyens africains et ceci dénote à mon avis un manque de volonté politique de la part des pouvoirs publics d'informer sur cette organisation.
L'Union africaine tient deux sommets ordinaires par an qui sont couronnés par des décisions et résolutions ayant un impact direct sur le citoyen africain. C'est vraiment regrettable que ces décisions et résolutions ne soient pas portées à la connaissance du public par le biais de leur publication sur les sites des institutions concernées et par des points de presse que devrait organiser le ministère des Affaires étrangères ou celui en charge de l'Union africaine à la fin de chaque sommet.
A ma connaissance, aucune conférence ou rencontre avec la presse n'a été organisée à la suite d'un sommet pour expliquer aux citoyens les faits majeurs ayant caractérisé les réunions de l'Union. Là réside, selon mon opinion, le manque de volonté politique d'informer. De plus, la journée du 25 mai, qui est celle de l'Afrique, ne constitue-t-elle pas une opportunité pour les pouvoirs publics de faire le bilan annuel des activités menées par nos représentants au sein de l'Union africaine et d'en informer le citoyen à travers les médias ?
En effet, elle représente une bonne opportunité pour rendre l'Union plus visible et contribuer à obtenir l'adhésion des citoyens africains à leur organisation continentale ; adhésion bien soulignée dans le Préambule de l'Acte constitutif créant l'Union africaine où les chefs d'Etat et de Gouvernement déclarent avec force ce qui suit : «Guidés par notre vision commune d'une Afrique unie et forte, ainsi que par la nécessité d'instaurer un partenariat entre les Gouvernements et toutes les composantes de la société civile, en particulier les femmes, les jeunes et le secteur privé afin de renforcer la solidarité et la cohésion entre nos peuples.» Le même Acte constitutif stipule dans son article trois (3) consacré aux objectifs de l'Union ce qui suit : «Réaliser une plus grande unité et solidarité entre les pays africains et entre les peuples d'Afrique.»
Par ailleurs, la Commission des Affaires étrangères du Conseil de la nation ou de l'Assemblée nationale pouvait bien saisir la date du 25 mai pour organiser une journée parlementaire sur l'Union africaine, son rôle, ses réalisations, ses défis et inviter les départements concernés à éclairer les parlementaires et les citoyens sur le parcours de notre Organisation.
Après cinquante-trois (53) ans d'existence, notre Organisation n'est pas encore parvenue à réaliser pleinement cet objectif. L'Union africaine a besoin d'être visible et proche du citoyen africain dont le bien-être constitue l'un de ses objectifs. Pourquoi ne pas inclure l'Union africaine dans les programmes scolaires des Etats membres, à l'instar de ce qui se fait dans des pays membres de l'Union européenne ?
Je suis convaincu qu'une telle mesure contribuerait à coup sûr à faire connaître davantage notre organisation et susciter l'intéressement et l'adhésion des peuples d'Afrique. Il est à déplorer également qu'après un demi-siècle d'existence, l'Union africaine ne dispose pas d'un moyen d'information telle une chaîne de télévision qui diffuserait les nouvelles africaines à l'endroit des citoyens africains. A ce jour, on continue de recevoir des nouvelles sur des événements se produisant dans nos pays via des télévisions européennes et moyen-orientales.
Certes, le continent continue d'être rongé par des conflits armés, la pauvreté et les maladies auxquels s'est ajouté le terrorisme qui frappe les régions centre, est, nord et ouest de l'Afrique. Dans le but d'assumer pleinement son rôle, l'Union africaine déploie des efforts louables pour lutter contre ces fléaux et régler les différends, mais il est vraiment dommage de constater la persistance de quelques conflits et fléaux. C'est dans ce domaine que l'Union africaine a besoin d'un véritable engagement et d'une réelle volonté politique de ses Etats membres pour l'aider à mener sa mission de manière convenable.
L'arsenal juridique existe et ne demande qu'à être mis en œuvre. Combien de Traités, de Chartes et de Conventions adoptés par les chefs d'Etat et de Gouvernement restent inappliqués faute de ratification par les Parlements nationaux ? A titre d'exemple, le processus de ratification de la Charte africaine sur la démocratie, les élections et la gouvernance approuvée en 2007 a mis cinq (5) années pour atteindre le nombre de ratifications requis pour son entrée en vigueur.
C'est une longue période pour un texte fondamental très important qui est à même de promouvoir la démocratie et la gouvernance dans le continent et réduire considérablement les risques de conflits. Pourquoi ne pas envisager l'octroi de la prérogative de ratification des traités, Chartes et Conventions au Parlement panafricain, organe devenu législatif depuis la révision de son Protocole en 2014 ? Une telle démarche accélérerait la mise en application des textes approuvés par les chefs d'Etat et de Gouvernement.
Nos chefs d'Etat et de Gouvernement ont la responsabilité de tout mettre en œuvre pour permettre à l'Union africaine de progresser dans ses missions et de parvenir à ses objectifs, et ce, conformément à leur déclaration dans le préambule de l'Acte constitutif de l'Union dans laquelle ils soulignent qu'ils sont : «Résolus également à prendre toutes les mesures pour renforcer nos institutions communes et à les doter des pouvoirs et des ressources nécessaires afin de leur permettre de remplir efficacement leurs missions.» Toutefois et malgré ces déclarations et principes énoncés, l'engagement et la volonté politiques font toujours défaut à mon sens d'où peut-être l'impossibilité à l'Union africaine d'aller plus loin dans ses réalisations.
Le manque d'engagement que j'ai cité plus haut est perceptible à travers le nombre de chefs d'Etat prenant part aux Sommets de l'Union africaine. A la faveur des années de travail que j'ai passées au Parlement panafricain, j'ai eu à assister à plusieurs Sommets de l'Union et à constater le nombre réduit des dirigeants africains présents ne dépassant pas les trente (30) chefs d'Etat au maximum. C'est très peu pour une organisation continentale aussi importante.
Dans ce cadre, et étant donné que la Conférence de l'Union a décidé lors du dernier sommet, tenu en janvier 2016, de réviser l'Acte constitutif (décision 597), il importe de revoir à la baisse le nombre de jours consacrés aux différentes réunions précédant le Sommet (Comité des représentants permanents, ambassadeurs, et Conseil exécutif, ministres des Affaires étrangères) qui vont jusqu'à six (6) jours.
Dans le cas contraire, il y a lieu d'aller vers l'organisation d'un seul Sommet ordinaire par an et du coup réduire sensiblement les dépenses y afférentes en ces moments de crise, de retard de versement des cotisations par les Etats membres et d'insuffisance du budget. Sur ce point, il faut signaler que le budget de l'Union pour cette année est évalué à environ 400 millions de dollars américains, dont la moitié provient des partenaires au développement pour financer les activités inscrites au titre des programmes.
Il faut noter ici que quatre (4) des cinquante-quatre (54) pays membres de l'Union supportent à eux seuls presque la moitié du budget, puisque leurs contributions sont à hauteur de 48% du budget de l'Union conformément au nouveau barème des cotisations pour la période 2016/2018. Ces pays sont l'Afrique du Sud, l'Algérie, l'Egypte et le Nigeria. Par le passé, les contributions de ces quatre pays et la Jamahirya libyenne au budget de l'Union représentaient 75% de l'ensemble des cotisations.
Ce budget est réparti entre les dix (10) Organes de l'Union pour assurer leur fonctionnement normal et leur permettre de mettre en œuvre leurs programmes aux fins de contribuer à la concrétisation des objectifs de l'Union. Ces Organes sont répartis à travers les cinq (5) régions du Continent et constituent à mon avis une source de dépenses supplémentaires que l'Union pouvait éviter s'ils étaient tous établis dans un seul pays africain. Le continent est vaste et les déplacements des fonctionnaires et délégations des Organes de l'Union vers la Capitale africaine Addis-Abeba sont trop onéreux.
De plus, trop de missions sont effectuées par le personnel de l'ensemble de l'Union ; par conséquent, il importe de réduire ce nombre de missions et de n'en effectuer que celles où l'Union apporte une contribution ou en tire profit. Toujours en ce qui concerne la révision de l'Acte constitutif, il appartient à l'instance ou le groupe chargé de proposer les amendements de modifier l'article 7 dudit Acte relatif au quorum indispensable pour la Conférence en recommandant que ledit quorum doit être celui des deux tiers des chefs des Etats membres de l'Union et non les deux tiers des Etats membres. Un tel amendement donnerait plus de crédibilité à la Conférence et à ses décisions.
L'autre point positif contenu dans la même décision 597 concerne l'appel lancé par la Conférence à «tous les Etats membres pour qu'ils signent et ratifient, dans les plus brefs délais, le Protocole à l'Acte constitutif de l'Union africaine relatif au Parlement panafricain et le Protocole sur les amendements au Protocole sur le Statut de la Cour africaine de justice et des Droits de l'homme, pour promouvoir davantage l'intégration sur le continent».
C'est un acte très encourageant dans la mesure où l'entrée en vigueur des deux Protocoles permettrait aux deux Organes, le Parlement panafricain et la Cour africaine de justice d'assumer pleinement leurs missions et rôles dans le processus d'intégration. A mon avis, les textes juridiques importants méritent que l'Union leur fixe un délai clair pour leur signature et ratification.
Toujours à propos de l'objectif d'intégration du Continent, l'Union africaine entend remettre aux dirigeants africains un passeport africain lors du prochain Sommet prévu en juillet 2016 à Kigali, Capitale du Rwanda. C'est ce qu'a annoncé la présidente de la Commission de l'Union africaine Mme Dlamini Zuma, dans son message adressé à l'occasion de la commémoration de la Journée de l'Afrique.
Ceci représente une louable action vers l'intégration et doit être, à mon avis, immédiatement suivie par d'autres actions, notamment celles de considérer les voies et moyens permettant la libre circulation des personnes et des biens et la possibilité au citoyen africain de s'établir et de travailler dans un pays africain autre que le sien. De telles facilités réduiraient considérablement, à mon avis, cette migration des enfants africains vers l'Europe à la recherche d'une vie meilleure.
Nous apprenons tous les jours via les médias la mort de dizaines de citoyens en mer Méditerranée essayant de rejoindre illégalement les côtes européennes. C'est une véritable tragédie que connaît l'Afrique. Qu'a fait l'Union africaine à ce sujet ? Une telle situation nous interpelle tous et mérite que l'Union l'incluse comme point à l'ordre du jour de ses Sommets. Tout récemment, plus de sept cents (700) Africains ont péri en mer Méditerranée ; dans d'autres lieux, une tragédie pareille provoque la tenue en urgence d'un Sommet au plus haut niveau.
Il est dommage de relever que l'Union africaine, face à cette situation humanitaire désastreuse qui perdure, s'est contentée, lors du dernier Sommet, d'un paragraphe dans sa décision sur la position africaine commune sur l'efficacité humanitaire dans lequel elle «exprime sa profonde préoccupation face à la situation humanitaire désastreuse des migrants dans les eaux de la Méditerranée, des migrants qui tempêtent de regagner l'Europe».
En conclusion de cette modeste contribution, je pense que l'Union africaine a un rôle capital à jouer dans le développement du continent pour peu que les dirigeants africains s'engagent avec force à concrétiser les idéaux des pères fondateurs de l'Organisation continentale. Priorité doit être accordée à la prévention et au règlement des conflits ; il est anormal et inacceptable que notre continent continue d'être le plus instable dans ce monde. Une fois la paix et la stabilité assurées sur le continent, l'on pourra facilement réaliser le développement durable, éliminer la pauvreté et éradiquer les maladies.


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