Coupe de la CAF : Singida Black Stars reçoit le CR Belouizdad pour un duel décisif    Ligue des champions ES Tunis-Stade Malien : Trio arbitral algérien au sifflet    Lourdes sanctions pour Kerroum et Baouche    Ouverture de 560 marchés de proximité à travers le territoire national à partir de lundi prochain    Si une guerre éclate, elle s'étendra à toute la région et à toutes les bases américaines    Le Président brésilien Lula porte le keffieh palestinien lors d'une cérémonie officielle    Ouverture de 12 marchés de proximité pour sécuriser l'approvisionnement durant le mois de Ramadhan    «L'Algérie est apte à jouer un rôle-clé dans la satisfaction des besoins énergétiques à l'échelle locale et régionale»    Situation socio-économique de la Libye et déstabilisation face aux interférences étrangères    Al Qods : 241 colons prennent d'assaut la mosquée Al-Aqsa    Le port reçoit un navire chargé de 11.700 moutons importés de Roumanie    Belmehdi reçoit le ministre saoudien du Hadj et de la Omra    Vers une structuration appropriée !    La bibliothèque rouvre grâce aux petites mains qui ont rangé    Impression d'une série d'ouvrages universitaires en langue anglaise    Halima Lakehal, nouvelle Secrétaire générale de l'UNFA    Des membres du Congrès américain saluent le rôle de l'Algérie et son expérience pionnière en la matière    «Accorder à la communauté nationale à l'étranger la place qui lui revient dans les politiques publiques»    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Albert Camus version Combat
Festival off d'Avignon
Publié dans El Watan le 13 - 08 - 2016

Pour la première fois, Albert Camus est physiquement incarné sur une scène de théâtre.
De la clandestinité à la légalité. Les premiers mois du journal Combat (1941-1974) étaient revisités en juillet au Festival Off d'Avignon, au Théâtre des Barriques.
‘‘Combat (1944 - 1945), Albert Camus et la Pratique de l'Idéal'' est à la fois une première pièce sur l'histoire de ce grand quotidien français disparu en 1974 et la première fois où l'écrivain et journaliste Albert Camus est représenté sur une scène de théâtre, lui dont les pièces et les romans sont chaque année jouées à Avignon par les comédiens de toutes générations.
Tout commence le 21 août 1944 à Paris. C'est l'insurrection populaire pour chasser l'occupant allemand et aider les forces militaires qui arrivent. Dans la rédaction du journal encore clandestin Combat se retrouvent Albert Camus et Pascal Pia avec les journalistes et les ouvriers du livre qui s'interrogent sur la parution enfin du journal au grand jour dans une capitale libérée.
Camus et Pia se sont connus en 1938 à Alger à Alger Républicain. «C'était un projet fou. Sortir un journal libre à Alger ! Nous avons eu tous les pouvoirs contre nous : les notables, le gouverneur général. Avec la guerre, la censure s'y est mise.
Nous avons fini avec un recto-verso», fait-on dire à Camus dans la pièce. C'est de nouveau un grand projet de créer un journal dans une France nouvelle qui veut construire une autre société. Les deux hommes se connaissent et s'apprécient, mais sur beaucoup de points, les divergences se feront vite jour, surtout au plan politique, d'autant que Camus a d'autres fers au feu, dont l'écriture de son roman La Peste, histoire qu'il a du mal à coucher sur papier. Le personnage d'Albert Camus, qui peut paraître grandiloquent, est déjà campé.
C'est le Camus qui ne bougera pas d'un pouce dans les années qui viendront, et qui se taira lorsque ses idéaux ne passent pas. C'était déjà le cas dans la première épopée de Combat. Camus, chargé des éditos, passe parfois plusieurs jours sans venir à la rédaction apporter son billet. La France est engoncée entre les communistes, dont la puissance est réelle en ce temps d'après-guerre, les Gaullistes, qui jaugent leur influence et la droite qui veut faire fi des avancées sociales.
CE QUI HANTERA ET RONGERA CAMUS JUSQU'A SA MORT
Camus déjà se sent ailleurs. «La justice est à la fois une idée et… et une chaleur de l'âme. Sachons la prendre dans ce qu'elle a d'humain, sans la transformer en cette terrible passion abstraite qui a mutilé tant d'hommes», dit-il en un message inaudible. Il reste ancré sur ce qui le hante et le rongera jusqu'à sa mort : «idéal, révolte et défi.» La metteuse en scène, Clémence Arayol, souligne que «sur le personnage Camus de cette époque là dans l'aventure du journal Combat, nous avons rencontré la fille d'Albert Camus, Catherine, qui a donné l'autorisation de montrer pour la première fois Camus sur scène et dire son implication dans le journal de la résistance Combats».
Pour elle, ce qu'on peut retenir, c'est «son idéalisme et l'actualité de son propos avec des morts qui résonnent beaucoup aujourd'hui encore. C'est une grande figure parce que ses propos gardent leur force.
Ce qui est marquant c'est que les propos parlent à toutes les générations», conclut-elle. En contrepoint, on ressent aussi le malaise de Camus, qui a du mal à faire entendre sa parole faite d'humanisme et de fraternité. Ainsi en est-il au lendemain du 8-Mai 1945, tragique en Algérie ! Il voit que sa parole n'a pas d'effet, pas plus dix ans plus tard lors de son célèbre appel à la trêve civile en 1956 à Alger. Déjà dans l'aventure de Combat en 1944-1945, on entrevoit sa tentation continue de se murer dans le retrait et le silence, malgré la force de ses propos dans ses éditoriaux à la Une de Combat. Pour Clémence Carayol, « ce qui a été intéressant à noter c'est que c'était quelqu'un qui doutait et qui cherchait la vérité sans jamais prétendre l'obtenir.
C'est un homme qui aspire à un certain idéal sans jamais l'affirmer comme une vérité ultime à imposer. Un homme actif, mais un peu en porte-à-faux par rapport au monde et une certaine vision qu'il a de l'humanité et de la justice. Sans asséner une vérité mais en proposant toujours avec une grande humilité, il est un personnage humble et engagé ». On peut retenir cette belle phrase de la pièce : «A gouverner sans idéal, ce sera la médiocrité qui l'emporterait». « Camus dégage une forme d'intégrité dans la quête de la liberté et de la vérité sans jamais prétendre avoir raison.»


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.