Zones franches: dispositif administratif flexible et cahier des charges rigoureux pour garantir la transparence    Salon de l'Enseignement supérieur: vers l'instauration d'un enseignement de qualité pour l'édification d'une économie du savoir    Migrants africains tués par la police marocaine: l'OIM et le HCR expriment leurs "plus vives inquiétudes"    Des températures caniculaires, mardi et mercredi, sur des wilayas du Sud du pays    Santé: une "grande importance" accordée à l'application des protocoles thérapeutiques en oncologie    JM Oran-2022 : engouement populaire sans précédent, l'autre succès de la 19e édition    Conseil de la nation présentation du projet de loi définissant les règles générales applicables aux zones franches    Les colons attaquent encore Al-Aqsa    Les anciens ministres Ould Abbes et Barkat condamnés à 6 et 4 ans de prison ferme    Coup d'envoi de la 13e édition    JM/lutte féminine: Soudani Mestoura en demi-finale    Deux dossiers retenus pour la présidence de la FAF    Crise alimentaire: la FAO appelle à des mesures urgentes    JM: les podiums de la 2e journée    JM: la présence de jeunes de la communauté nationale établie en France, très importante    CN: le président de la Commission des AE reçoit le président du Groupe d'amitié France-Algérie    Festival européen de musique: le groupe "Travel Diaries" enflamme le public    OL : Aouar ne va pas prolonger son contrat    Face aux séismes    Lorsque la consommation domestique menace l'exportation: Déperdition énergétique et gaspillage    Alger: Incendie dans le parc de l'ETUSA, 16 autobus détruits    Sétif: Trois morts dans un incendie de forêt    Examens du BEM: Un taux de réussite de 55,98%    Football: Algérie-Maroc, aujourd'hui à 17h00: Les Verts pour la confirmation    Exportations hors hydrocarbures: L'objectif de 7 milliards de dollars accessible    A l'initiative de Mohamed Afane: La maison d'Oran d'Yves Saint Laurent retrouve une nouvelle vie    Le terroriste Benhalima révèle la structure organisationnelle de " Rachad ", ses sources de financement et ses relations avec le " MAK "    Riga débarque    Le club otage des forces occultes    Des contrats menacés par le blocus pétrolier    Plus de 30 villageois dont des enfants tués    La base constitutionnelle seule au menu    Tosyali décroche le trophée    Echos d'un procès figé    Bâtonnat d'Alger: au boulot    Plus de peur que de mal    La réussite au BEM fêtée avec faste    Le FFS dérange les forces occultes    Comme une lettre à la poste    Peut-on réussir la transition?    Comment l'émigration a lutté contre l'OAS    C'est parti pour la 13e édition    Karima et Yousra enchantent le public    Alerte Algérie : le prisonnier d'opinion Mohamed Azouz Benhalima est en danger    Le mouvement des réformes (1986-1991), précurseur du Hirak    22e Festival culturel européen: l'Italie et la France à l'honneur    "M'tember", exposition collective d'artistes inaugurée à Alger    Carnage à Melilla ou l'épouvantail de l'immigration    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Henri Bourguinat. Professeur à l'université Bordeaux IV
« L'urgence d'une conférence internationale »
Publié dans El Watan le 05 - 12 - 2004

Au vu des résultats de l'élection présidentielle américaine du 2 novembre dernier, doit-on s'inquiéter de la poursuite du déficit américain par le gouvernement de M. Bush avec pour conséquence directe la baisse du dollar ?
Effectivement, cette tendance lourde du dollar à la baisse est préoccupante. En 2004, le déficit de la balance courante américaine est de plus de 600 milliards de dollars, et le déficit budgétaire est de l'ordre de 445 milliards de dollars. Ces déficits sont considérables car, pour les financer, les Etats-Unis doivent emprunter chaque jour ouvrable 2,5 milliards de dollars, ce qui représente les trois quarts de l'épargne internationale. Et le déficit courant américain pourrait atteindre 1000 milliards de dollars d'ici à 2010.
Face à un dollar faible, la valeur de l'euro est en hausse. Les importations libellées en dollars sont donc moins chères pour l'Union européenne (UE), mais le prix de ses exportations augmente. L'euro fort est-il un poids pour l'UE ?
Tout à fait. Aujourd'hui, la croissance européenne atteint à peine les 2%. Or une nouvelle appréciation de l'euro produirait une nette pression. Et la diminution de la facture pétrolière en dollars ne sera pas à la hauteur des inconvénients qui résulteraient d'une hausse de l'euro. Cette situation serait difficilement acceptable pour les pays européens. Il faut également tenir compte des monnaies asiatiques (yuan chinois ou yen japonais). Car ces pays ont passé un « deal » avec les Etats-Unis : « Vous achetez nos produits asiatiques et nous finançons votre déficit. » En 2003, 64% du déficit américain étaient comblés par l'achat de titres par les banques asiatiques. Et l'euro paie les frais de cet ajustement. Cette situation est difficilement tenable, pour ne pas dire intenable.
Quelles sont les solutions pour les pays de la zone euro ?
Le gouvernement américain affirme périodiquement : « L'Amérique veut un dollar fort. » Or le gouvernement de M. Bush a décidé, me semble-t-il, de laisser baisser le dollar. La marge de manœuvre de l'UE est donc très réduite. La Banque centrale européenne (BCE) doit d'abord affirmer clairement : « Nous n'accepterons pas une appréciation de l'euro au-delà de son cours d'équilibre. » En matière de taux de change, les petites phrases ont leur importance, tant en Europe qu'en Amérique... La BCE ne veut pas baisser ses taux d'intérêt, car sa mission première est la lutte contre l'inflation. De plus, pour certains pays comme l'Espagne ou la Finlande, ce taux est déjà trop bas. La BCE doit donc conserver l'écart actuel entre les taux américains et les taux européens. L'Europe pourrait aussi décider d'acheter des dollars afin que sa valeur s'apprécie sur le marché des changes. Pour inverser la tendance, les quantités devraient être énormes. Ces interventions doivent donc être coordonnées.
L'Union européenne peut-elle accepter d'être indéfectiblement liée aux errements du déficit américain ?
Entre une augmentation du prix de ses exportations et le financement du déficit américain, l'Asie doit choisir entre deux maux. Et elle penche pour le second. L'Europe, les Etats-Unis et les pays asiatiques doivent coordonner leur intervention. Cette solution doit être explorée d'urgence. Nous nous rapprochons d'une situation de grande urgence monétaire internationale. Il faut rapidement réunir une conférence monétaire internationale, sur le modèle de la conférence du Plaza de 1985. Cette conférence monétaire internationale devra donc tenir compte des intérêts des pays dont les monnaies dominent le système monétaire international (UE, Etats-Unis, Chine, Japon...), mais également des pays en voie de développement, contrairement à ce qui se faisait auparavant.
Quelle est la responsabilité de l'Europe vis-à-vis de ses partenaires ?
Je crois que les partenaires de l'Union européenne, notamment du Maghreb, doivent éviter de se lier trop strictement à l'euro. L'« euroïsation » de leur monnaie serait une erreur. La voie de la sagesse est dans un système mixte : une relation majoritaire avec l'euro, mais qui ferait également intervenir le dollar.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.