Le public béchari a adoré la nouveauté de cette édition. Il s'agit de la projection des films documentaires, entre autres « Tagnawittude », un documentaire musical de 80 minutes de Rahma Benhamou El Madani. Cette dernière retrace la musique gnawa qui est, selon les intervenants de ce film, un rite existant depuis des siècles au Maghreb. Cette musique est de plus en plus pratiquée en France par de jeunes musiciens. C'est le cas d'Amazigh Kateb et de son ex-groupe « Gnawa Diffusion », qui a lancé ce style en 1992. Issus de Grenoble, ces musiciens sont auourd'hui séparés pour continuer chacun de son côté la pratique de cette musique. A Roubaix, d'autres musiciens se sont approprié ce style musical. Aziz Maysour, musicien de gnawa diffusion et gnawi, nous emmène à Marrakech vers ces descendants d'esclaves, dans un village où depuis de nombreuses années les musiciens occidentaux viennent puiser leur inspiration. Il nous conduit à Essouira vers ces maîtres du gnawa. Le public découvre le rite gnawa, ses codes, ses rituels. D'un côté, la musique occidentale fusionne avec la musique gnawa, de l'autre, le rite gnawa reste encore très authentique. En Algérie, les descendants d'esclaves continuent de perpétuer leur rituel dans les rues de Sidi Bel-Abbès. A Aubervilliers, banlieue proche de Paris, des jeunes originaires de Sidi Bel-Abbès interprètent pour leurs familles immigrées ces rythmes et ces transes toute la nuit. Le second film documentaire s'intitule « Rites du diwan à Béchar » de Larbi Lakehal. Ce documentaire de 30 minutes met en évidence les différents rites profanes et sacrés du diwan de cette ville, capitale nationale de cette expression musicale et chorégraphique. Ce jeune réalisateur a, à son actif, plusieurs documentaires fictions dont certains ont été primés à l'occasion de différentes manifestations cinématographiques nationales et étrangères, à l'exemple de « L'épopée de la résistance dans le sud-ouest », qui a reçu en 2009 la médaille d'or du Festival des radios et télévisions arabes de Manama (Bahreïn). Larbi Lakhel a aussi réalisé, pour le compte de la CNHP, un documentaire sur les danses populaires dans le sud-ouest. Avec « Rites du diwan à Béchar », ce réalisateur revient en détail sur les différents aspects liés aux rites cérémoniaux sacrés et profanes du diwan à Béchar.