A partir du 4 avril, la pièce théâtrale « Adoue Ech- Chaâb » sillonnera plusieurs wilayas de l'Ouest et chaque mardi à 14h30 une représentation aura lieu au profit des étudiants. A noter que chaque séance sera suivie de débat. Le dramaturge et metteur en scène, Haïder Benhassine, a évoqué, devant les médias, cette nouvelle création pour permettre, dit-il « aux journalistes de mieux s'imprégner de l'environnement du comédien, sentir son travail et connaître ses inquiétudes et ses afflictions ». Montée dans le cadre d'une série de pièces produites par le TNA, la pièce relate l'histoire du docteur Stockmann qui découvre que les eaux de la station thermale de son village sont contaminées par les décharges d'une teinturerie. Il se met alors en devoir de prévenir le public. Par conséquent, la station thermale est obligée de mettre la clef sous le paillasson. En vue d'un dénouement, d'énormes travaux sont entamés. La municipalité, dont le maire n'est autre que le propre frère du docteur, tente de faire taire ce dernier. S'attendant naïvement à ce que les gens du village lui témoignent gratitude et reconnaissance, il découvre un mur d'hostilité. Une seule question tisse la trame de la pièce : qui a raison, la majorité écrasante ou la minorité ? Une œuvre actuelle M. Benhassine reformule l'interrogation. « L'homme le plus isolé du monde, est-il le plus fort ou le plus faible ? » Il poursuit sur un ton ironique : « On ne l'a jamais su, vu que l'homme est, actuellement, tributaire et soumis aux centres d'intérêt. » « A travers cette pièce, je n'essaie pas de régler des problèmes de la société et je ne représente pas le miroir de cette celle-ci. Je ne suis pas non plus moralisateur », ajoute-t-il. Les sept comédiens qui campent les rôles, notamment Mustapha Safrani, Wael Bouzida, Rabah Kadri et Mounira Roubhi, évoluent, durant une heure et demie, dans un espace ouvert. La troupe s'est basée sur la draperie originale du plateau, en rajoutant quelques éléments comme le son. Pour le metteur en scène, « l'espace scénique implique un travail de corps entre les comédiens, la diction, le placement, la portée de la voix, la mimique et le maintien des distances entre les personnages ». La musique de Hassan Lamamra est créative. L'éclairage, exécuté par Mokhtar Mouffok, ponctue et met en valeur quelques situations dramatiques, sans oublier le remarquable apport de l'assistante du metteur en scène. « Au début, j'ai eu la flemme de lire un texte de 219 pages. J'ai fini par le lire, d'un seul trait. Alors que d'habitude, je lis 2 à 3 reprises le texte pour mieux l'assimiler. J'ai adoré cette œuvre car elle est toujours d'actualité », nous a-t-elle confié. Haïder Benhassine formule enfin le souhait de rétablir quelques traditions théâtrales disparues comme la présence régulière des médias. Evoquant son travail d'adaptation, Haïder Benhassine explique que « l'adaptation ne se fait pas par rapport à la société algérienne. Je propose plutôt la création de caractère où le public algérien peut s'identifier à travers des propositions des jeux d'acteur. Côté distribution, j'ai jugé important d'annuler quelques personnages comme les enfants de Thomas Stockmann et la grande fille Petra. On a concentré divers rôles dans un personnage. » Haïder Benhassine se dit « en quête d'un théâtre de l'exigence et d'un théâtre typique ». Il a déjà à son actif plusieurs productions comme « Oubliez Hérostrate ! », « Les volutes de la flamme froide » et « Hallaj el kheïr, hallaj el fouqara ».