Résumé de la 132e partie n Deux membres de la Gestapo française, poursuivis pour vol, veulent quitter la France. Ils font appel au réseau d'évasion du docteur Petiot, alias docteur Eugène. Quelques jours après, Adrien Estebeteguy et Joseph Réocreux rejoignent le restaurant où la rencontre avec leur «contact» doit avoir lieu. Ils remarquent un homme attablé seul, dans un coin ; il est de taille moyenne, le front large, les cheveux longs et noirs. — C'est le docteur Eugène, dit Estebeteguy à Réocreux Il est, en effet, tel qu'on le leur a décrit. Ils s'approchent de lui. — Docteur Eugène ? — C'est moi-même, répond Petiot. — Nous pouvons nous asseoir ? — Bien sûr... Il les regarde attentivement de ses yeux intenses. — Vous êtes les hommes de la Gestapo… Le nom choque les deux hommes. — Nous travaillons pour la police française, dit Estebeteguy, mais en ce moment nous avons des problèmes... Nous voulons partir ! — Vous pouvez, dit le docteur — C'est combien ? demande Réocreux — Cent mille francs par personne... — Chacun de nous sera accompagné par sa compagne ; — Pas plus de deux personnes à la fois, on ne peut prendre le risque de se faire remarquer ! Estebeteguy et Réocreux se regardent. — Ça vous va ? demande Petiot — Il faut voir, dit Estebeteguy Brusquement, ce docteur Eugène ne lui inspire plus confiance. Est-ce le fait qu'il leur ait rappelé qu'ils travaillaient pour la Gestapo française ? Est-ce parce qu'ils ont appris que le médecin travaille pour un réseau d'évasion affilié à la Résistance ? Est-ce la somme demandée ? — Donnez-nous un peu de temps pour réfléchir, dit Joseph Réocreux — D'accord, dit Petiot, mais si des gens me sollicitent, je les ferai partir avant vous. vous serez peut-être obligés de partir plus tard que prévu. Quand Estebeteguy et Réocreux se retrouvent seuls, Réocreux s'emporte. — Qu'est-ce qui t'a pris de refuser l'offre ? — Je n'ai pas refusé, j'ai seulement été pris de doute, en voyant ce médecin... J'avoue qu'il ne m'inspire pas confiance ! — Qu'allons-nous faire maintenant ? attendre que la Gestapo nous arrête ? il sera trop tard alors pour se décider ! Mais Estebeteguy a une idée. — Nous allons faire partir quelqu'un en Argentine. Une fois là-bas, ils nous enverra un message, nous saurons alors que la filière du docteur Eugène est sûre ! (à suivre...)