Constat n Quasiment anéantie après une décennie de cruauté, Birtouta commence, malgré quelques séquelles du passé, à renaître à la vie.. Les senteurs de la paix semblent embaumer, comme autrefois, cette ville où, il n'y a pas si longtemps, il ne faisait pas bon vivre. En atterrissant à Birtouta, il n'est pas besoin d'être grand clerc pour deviner qu'il s'agit d'une ville en pleine reconstruction. Avec notre premier interlocuteur, nous fonçons sans nous arrêter, pour gagner, avec un petit pincement au cœur, un bourg fantomatique. Le hameau est un conglomérat de constructions illicites érigées au milieu d'un relief vallonné. Tandis que notre accompagnateur, un enfant de l'ex-Bleu-Champ, se lance dans un exposé laudatif sur la beauté du site, son récit est brusquement interrompu par le passage d'une Clio avec deux personnes à son bord. «C'est une rencontre indésirable», dit-il candidement. «Que mijotent-ils encore ?». «Ce sont les barons de la mafia du foncier. Ils vivent en ermites et circulent en petits groupes», souligne-t-il avec une ostensible indifférence. Selon lui, les habitants de Birtouta se sont habitués «aux cavalcades» de ses pilleurs du foncier agricole de la commune. «Ils exhibent même avec une grande désinvolture des mines fières d'avoir massacré des terres agricoles du temps de l'ex-DEC», s'indigne notre interlocuteur. «Peut-on sainement se vanter d'avoir dilapidé plusieurs hectares de terres agricoles ?», s'interroge son compagnon, un ancien agriculteur et ex-membre de l'Union nationale des paysans algériens (Unpa). Effectivement, plusieurs hectares de terre agricole sont envahis par le béton. «Ce n'est pas fini, les barons de la mafia du foncier poursuivent toujours le sale boulot de dilapidation du foncier agricole», raconte l'un de nos interlocuteurs. «On devrait avoir honte de piller des terres agricoles», nous diront plusieurs citoyens au fait des méfaits de certains «prédateurs». Le récit déchirant de l'accaparement du premier lot de terre agricole nous a été remis en mémoire par un fellah, lui aussi ancien membre de l'Union des paysans, l'Unpa. Il parle avec mépris de ce notable de la commune qui a dilapidé plusieurs hectares de terre agricole avec la complicité d'un ex-DEC. Rien n'a été épargné au niveau de la ville de Birtouta qui, également manque cruellement d'espaces verts, «ceux qui existaient ont été, soit abandonnés, soit recouverts d'épaisses couches d'asphalte», nous dit-on. Pour rattraper les communes du centre de la wilaya d'Alger qui ont pris une avance considérable sur cette localité, «il faudrait que l'Etat mobilise de gros moyens. En clair, il faudrait une décision politique courageuse, portant surtout sur la récupération de l'intégralité des terres agricoles dilapidées et mettre en branle un véritable plan de développement de la commune», analyse notre interlocuteur. De ce côté-là, nous apprenons que la municipalité de Birtouta a tracé un programme conséquent. Parmi les priorités, pas moins de 11 projets dont les plus importants concernent la réalisation de plusieurs réseaux d'AEP et la rénovation de plusieurs conduites d'AEP à Chenoufi, au quartier El-Houda, à Ratil, à Biniki, à Erraya et à Bouhadja-Ali. La municipalité à également cassé sa tirelire en mettant sur la table plusieurs millions de dinars, pour l'entretien et la rénovation de l'éclairage public, le revêtement des chaussées et rendre toutes les routes praticables et éviter toutes sortes de désagréments aux piétons et aux automobilistes, ainsi que la réalisation de plusieurs aires de jeu.