Résumé de la 2e partie n Alger acquiert la réputation d?une ville imprenable. L?installation des Turcs, au XVIe siècle, va en faire une place forte de la résistance aux tentatives d?occupation par les Européens? Les Européens vont tenter de réduire cette puissance, en attaquant, à plusieurs reprises, la ville. L?empereur d?Espagne, Charles Quint, qui parvient à remporter des succès à Tunis, va connaître, contre les Barberousse, en 1541, devant Alger, une grande défaite. Il y perdra près de 400 navires, soit les deux tiers de sa flotte. Les Français, pour ne pas subir la même déconfiture, éviteront le débarquement se contentant de bombarder la ville à plusieurs reprises (en 1661, en 1665, en 1682-83, en 1688) et les Anglais en feront autant (en 1665, en 1672 et surtout en 1816). Les Espagnols vont essayer encore de réduire Alger, mais ils échoueront, ainsi que les Américains, qui ont tenté leur chance, en 1815. La course va procurer à Alger des ressources importantes et permettre un développement économique dont va profiter la région mais aussi les Européens qui vont intensifier le négoce avec la Régence. Le commerce entre Alger et Marseille est même contrôlé par une société, la Compagnie d?Afrique, créée en 1741 par un édit du roi de France. La Compagnie a aussi des magasins à Annaba et Collo ainsi qu?un établissement à la Calle qui, avant la Révolution française, possédait une colonie française. Les Algériens exportaient du corail, du cuir, mais surtout du blé. En 1830, à la veille de l?occupation française, Alger comptait plusieurs milliers d?habitants. C?était une ville fortifiée à cause des agressions dont elle n?a pas cessé, pratiquement depuis le XVe siècle, d?être l?objet. Les fortifications ont été renforcées après l?attaque de Charles Quint en 1541. Le front de mer est protégé par un solide parapet et deux tours ont été construites sur l?emplacement du Penon. L?ancienne bourgade berbère a été remplacée par une nouvelle ville, construite sur le flanc d?une colline, avec au sommet, une citadelle, la Casbah. La ville était entourée d?une muraille qui descendait jusqu?à la mer et qui était renforcée par un fossé profond. On pouvait y entrer par cinq portes principales : la porte Bab Azzoun au sud, par laquelle accédaient les gens qui venaient de la campagne ainsi que les caravanes venant de l?intérieur ; la porte Bab el-Oued (la porte de la rivière), au nord-ouest ; Babal-Dzira (la porte de l?île), appelée aussi Bab el-Djihad (la porte de la guerre sainte), qui s?ouvre sur le mole ; Bab el-Bahr (la porte de la mer), qui se trouve au bas de la porte de la mosquée et Bab Djdid (la porte neuve), au sommet, qui s?ouvre sur le quartier des Tagarins, par où entraient les réfugiés andalous. L?historiographie coloniale, pour mieux justifier l?occupation, décrira la population algéroise comme une population fanatique et inculte, uniquement préoccupée par la piraterie et la rapine. Au contraire, tous les témoignages de l?époque évoqueront une population affable, accueillante et industrieuse. Il y avait pas moins de 100 écoles fréquentées par des garçons et des filles, plusieurs fabriques d?étoffes où l?on confectionnait des vêtements que l?on exportait dans tout le Maghreb et l?Asie. Les Algérois étaient très propres et, au XVIe siècle déjà, l?Espagnol Diego de Haëdo soulignait cette manie des hommes et des femmes de se laver sans arrêt? La population était d?une grande tolérance puisque les autres religions étaient acceptées : les juifs et les chrétiens disposaient de leurs lieux de culte, synagogues et chapelles, et vivaient en sécurité? (à suivre...)