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Alexandrie, pourquoi ?
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Publié dans La Tribune le 06 - 01 - 2011

Le massacre de chrétiens perpétré à Alexandrie et les violences qui l'ont suivi sont fortement révélateurs, au même titre que l'atomisation en marche de l'Irak, de la déliquescence du monde arabe dans les sphères culturelle, religieuse et civilisationnelle. Tournant résolument le dos à une riche histoire et une vaste culture dont l'héritage varié est visible sur tous les continents, les dirigeants arabes, incultes pour la plupart, ont entraîné les peuples à ne plus avoir de motifs de fierté, à devenir extrêmement intolérants pour s'enfermer dans des dogmes mortifères et, pour certains, dans une violence salissante pour l'islam et la culture arabe. Les versants éclairés des sociétés arabes, les élites, du moins celles qui «disent» et «meurent» si nécessaire, de larges secteurs du champ politique avaient et ont toutes les raisons d'être fiers de leurs apports culturels au monde, et de leurs relations à travers les siècles avec les humains qui pratiquent le christianisme et le judaïsme.Durant le deuxième conflit mondial en Algérie, sous
l'occupation française, des musulmans ont caché des juifs pourchassés par la police de Vichy. C'est ce que montre, et c'est sans doute un cas unique dans la filmographie algérienne, le film de M. L. Hamina la Dernière Image. Et le Juif persécuté par Vichy était un certain Michel Boudjenah. Depuis, on a extirpé le chrétien et le juif de la création artistique algérienne, donnant du grain à moudre à l'intégrisme et aux défenseurs de l'article 5 de la loi sur le cinéma. Il suffit d'imaginer une seconde le sort qui serait réservé à un scénario sur la guerre d'indépendance dans lequel un Juif tiendrait le rôle d'un «héros» anticolonialiste, comme il y en a eu. Les massacres d'Alexandrie et de Baghdad ne disent rien aux scénaristes et réalisateurs arabes et algériens, parce que l'ordre salafiste est respecté. De son côté, l'Occident cultive la peur, élève des murs à ses frontières et se recroqueville sur lui-même au grand bénéfice des terroristes.Nous n'avons plus ces figures qui ont donné à l'indignation ses lettres de noblesse. K. Yacine, Djaout, Alloula, Mammeri, Mimouni et d'autres ont donné trop peu d'héritiers et les «ancêtres» qui officient encore sont fatigués, compromis, sinon séduits par la… vacuité qui dope tous les archaïsmes, sans même des recettes de livres, de films, de disques, de pièces de théâtre. «Le petit» prend toute la place. Alexandrie, pourquoi ? Or, dans le même mouvement, l'Occident oublie que les producteurs des objets culturels les plus élevés, à savoir des œuvres d'art, ont dû se tourner contre la société […] (1). Ce même Occident aujourd'hui oublie qu'il lui a fallu du temps pour intégrer plus ou moins les Juifs, les homosexuels, les artistes radicaux, la musique rock et les formes de métissage. Les crises économiques et financières qui reviennent comme des cycles réguliers frappent le vaste Occident capitaliste qui reste diversifié. Les crises sont amorties, entre autres, par de forts liants et productions culturels qui fédèrent. Des dates fondatrices, emblématiques, symboliques sont fêtées avec faste, dans la joie, qu'elles soient païennes, religieuses ou historiques. Le fil conducteur étant la liberté de chacun, croyant ou non. Les régressions du monde arabe, pour ne compter qu'à partir de la première invasion de l'Irak, sont aujourd'hui décisives sur le long terme. En témoigne l'absence de condamnation, d'indignation des gouvernants et des élites arabes devant le massacre commis à Alexandrie (2). Chahine ne reconnaîtrait plus sa ville qui était si ouverte, si cosmopolite, si tolérante. Durant des décennies, il a cru que l'Algérie allait sortir du moule des monarchies arabes et devenir une Andalousie. Alexandrie, pourquoi ? Parce que la duplicité, les compromissions sont fêtées au pétrole.
A. B.
(1) La Crise de la culture de Hannah Arendt. Ed. Gallimard
(2) Si le président Bouteflika a trouvé les mots pour condamner la barbarie à Alexandrie, le silence veule des partis, de la société civile «officielle» n'augure rien de bon pour le pays.
Et encore une fois, c'est un intellectuel égyptien, Taha Abdel Alim qui a publié un J'accuse dans Al Ahram Hebdo. De leur côté, les artistes et écrivains locaux suivent le vent dominant.


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