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«Demain, on rase gratis»
Publié dans La Tribune le 22 - 06 - 2013

«Demain, on rase gratis.» Les promesses n'engageant que ceux qui les font et, généralement, ne les tiennent pas, le barbier qui avait posé cette réclame sur sa vitrine se garda bien de l'enlever. Si bien que son offre de gratuité étant toujours pour le lendemain, il était donc délié de son propre engagement sans que personne ne puisse trouver à redire.
Si vous pensez que ce sont les autorités algériennes qui sont visées par le rappel de cette citation célèbre, détrompez-vous…vous ne vous trompez pas. La période des vaches grasses aux odeurs de pétrole autorisant toutes sortes de prodigalités et de magnanimités, les Algériens vont vivre une période de grand pardon au moins jusqu'à avril 2014. Est-il encore besoin et vraiment nécessaire de rappeler à quoi correspond cette date ? Répondre par l'affirmative reviendrait à trahir une citoyenneté approximative.
Ce qui est sûr, en tout cas, c'est que nos compatriotes ne bouderont pas leur plaisir. Le sens de la mesure ne pouvant qu'être recommandé, qu'ils s'astreignent néanmoins à la modération et à la prudence. C'est écrit noir sur blanc dans une circulaire toute fraîche du Premier ministre. Après une entrevue avec le patron de la centrale syndicale (Ugta), M. Abdelmalek Sellal a instruis les walis et les présidents des sociétés de gestion des participations de l'Etat d'avoir à privilégier en toutes circonstances le dialogue et, tout vent debout, de se mobiliser pour la préservation de la paix sociale sur laquelle ils doivent veiller comme sur la prunelle de leurs yeux. Pourquoi les walis et les patrons des holdings publics ? Héritiers des attributs régaliens de la fonction préfectorale dans son sens napoléonien, les premiers sont, dans les régions, en particulier les grands chefs-lieux de wilayas, les gestionnaires et les garants de l'ordre public. Autant dire que dans un pays où les gens sont prompts à brûler des pneus et fermer les routes pour des prétextes parfois futiles, ces grands commis de l'Etat ont un pouvoir de décision qui peut provoquer ou éteindre un incendie. Il leur est d'ailleurs
rappelé qu'ils doivent distribuer les logements sociaux achevés sans trop tarder. Au risque de faire descendre dans la rue les postulants qui en auront été exclus ? Les présidents des holdings qui chapeautent les entreprises publiques sont, quant à eux, directement et pratiquement interpelés tout le temps par les mouvements sociaux qui rythment le quotidien d'un grand -trop grand même-nombre d'entreprises économiques publiques. Les cordons de la bourse étant déliés, même pour les entreprises qui, à force d'assainissement financier engloutissent les deniers publics comme le Tonneau des Danaïdes, il est suggéré aux seconds destinataires de l'instruction du Premier ministre de ne jamais couper le «Fil de Mouâouiya» avec les syndicats des travailleurs, de ne pas opposer de refus brusque et de satisfaire ce qui peut l'être. Pour ce qui ne pourra pas l'être, il suffira de demander à l'Etat et le Trésor fera de son mieux, comme d'habitude. Voilà donc la paix sociale prise par ses deux bouts, préservée en principe à la source et garantie au moins jusqu'à la prochaine échéance électorale. Il y a de fortes chances qu'il en sera ainsi, l'affaire ne reposant ni sur les vertus du dialogue ni sur un quelconque pacte économique et social. Y a pas à dire, l'anticipation bien faite est celle qui repose sur des disponibilités sonnantes et trébuchantes.
Et sur ce plan, pas de déconvenue, au moins pour encore deux ou trois ans.
Il est quand même à espérer que les citoyens, les syndicats, les partenaires sociaux, les médecins des hôpitaux, les demandeurs de logements, ceux qui veulent occuper des bouts de trottoirs…
il est à espérer que tout ce beau monde l'entend lui aussi de cette oreille et qu'il est sur la même longueur d'onde que le gouvernement. Sinon, par l'odeur de l'état de grâce alléché, comme dirait La Fontaine, la course à la revendication risquerait d'être relancée de plus belle.
Et le moratoire sur la rigueur et les lois, les simples lois, pas celles réputées trop contraignantes, se transformer en acquis social indéboulonnable.
Quand on pense que le droit positif moderne est inspiré du droit romain et que ce dernier a pour maxime : «Dura lex, sed lex» (La loi est dure, mais c'est la loi), il faut reconnaître qu'il y a de quoi nourrir quelques inquiétudes sur le fonctionnement actuel de l'Etat qui ne conçoit de paix sociale qu'en prolongeant et ouvrant des «saisons de clémence» qui le rapprochent pour un temps des citoyens mais l'éloignent de plus en plus de…l'Etat de droit. Mais l'essentiel est que, dans notre cas, sur le panneau de la vitrine de l'Etat, il est écrit : «On rase gratis.» Aujourd'hui, pas demain.
A. S.


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