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Au niveau de la région sahélienne : L'Algérie face aux trafics et au terrorisme
Publié dans Le Maghreb le 01 - 04 - 2018

Intervention du professeur des universités, expert international Dr Abderrahmane MEBTOUL
Je tiens d'abord à remercier vivement le ministère de la défense nationale à travers l'Institut de Documentation, d'évaluation et de prospective de cette aimable invitation sur le trafic des frontières et la sécurité au Sahel sous le patronage de monsieur Ahmed Gaid Salah vice-ministre de la Défense nationale, chef d'état-major de l'ANP.

En ce mois de mars 2018, où l'Algérie connait la stabilité, rendons hommage à nos valeureux martyrs qui nous ont permis de vivre dans une Algérie indépendante, tous les martyrs de toutes les régions du pays, à l'instar de mon père feu el Moudjahid emprisonnées à Lambèse et à El Harrach de 1958 à 1962.L'Algérie pièce maîtresse de la stabilité de la région, durant ces dernières années à travers les actions de l'ANP et les différents services de sécurité a intercepté à ses frontières des trafics de marchandises, bon nombre de réseaux terroristes, comme elle a abrité les réunions d'AFRIPOL, du G5 qui ont abordé les réalités du terrorisme transnational, du narcotrafic et de la criminalité organisée, afin de proposer les voies et moyens de nature à assainir la région de ces fléaux criminels dévastateurs et de garantir à ses populations la paix, la stabilité et la sécurité . La criminalité transnationale organisée renvoie aux réseaux criminels organisés et par voie de conséquence au terrorisme qui profite de la vente de marchandises illégales, dès lors qu'il existe une demande. Ces marchés illicites internationaux, anonymes et plus complexes que jamais, génèrent chaque année des milliards de dollars. C'est que les enjeux au Sahel préfigurent d'importantes reconfigurations géopolitiques et géoéconomiques dans une zone sensible rentre dans le cadre de la nouvelle stratégie mondiale à laquelle l'Algérie ne saurait échapper et d'une manière générale toute l'Afrique. Ces enjeux sont intiment liés aux nouvelles mutations mondiale actuelles qui devraient qui conduire à de profondes reconfigurations socio-économiques, technologiques mais également sécuritaires, objet de cette présente contribution

-1- -Bouleversements géostratégiques au Maghreb et au Sahel
C'est que la fin de la guerre froide marquée par l'effondrement du bloc soviétique et les attentats survenus aux Etats-Unis le 11 septembre 2001 représente un tournant capital dans l'histoire contemporaine. Le premier événement marque la fin d'un monde né un demi-siècle plutôt et la dislocation d'une architecture internationale qui s'est traduite des décennies durant par les divisions, les déchirements et les guerres que nous savons. Aujourd'hui, les menaces sur la sécurité ont pour nom terrorisme, prolifération des armes de destruction massive, crises régionales et délitement de certains Etats. Or, les défis collectifs nouveaux, sont une autre source de menace : ils concernent les ressources hydriques, la pauvreté, les épidémies, l'environnement. Ils sont d'ordre local, régional et global. En 2018, nous assistons dans la région à de profondes mutations de la géopolitique saharienne après l'effondrement du régime libyen, avec des conséquences pour la région. Déjà, les rapports entre le Sahel et la Libye de Kadhafi étaient complexe. Bien avant et surtout depuis la chute du régime de Kadhafi le Sahel est l'un de ces espaces échappant à toute autorité centrale, où se sont installés groupes armés et contrebandiers. Kadhafi disparu des armes, dont 15000 missiles sol-air étaient dans les entrepôts de l'armée libyenne dont une partie a été accaparé par de différents groupes qui opèrent au Sahel.. Avec les tensions géostratégiques récentes le trafic a pris plus d'ampleur notamment les conflits en Irak, Syrie et pour cette zone l'instabilité au Mali, Niger et surtout libyenne. Récemment, certaines sources de renseignement n'écartent pas le retour d'Al Qaïda en Afrique de l'Ouest dans la mesure où la Somalie est devenue une porte d'entrée des terroristes en provenance de la Syrie et l'Irak et au niveau du Sahel et de l'Afrique du Nord. Les récentes investigations dans le cadre de la lutte antiterroriste menées par les services de renseignements révèlent de nouvelles donnes au niveau du Sahel. . Ce qui complique davantage la situation c'est la non-reconnaissance par les tribus libyennes du gouvernement qui n'est pas en mesure d'assurer la protection des frontières, devant impliquer les tribus dans les négociations, d'autant plus que ces dernières détiennent un lot d'armement important puisé dans les casernes de la défunte armée libyenne. La Libye n'est plus la seule menace potentielle, le Mali qui gagne du temps pour appliquer les accords d'Alger profitant d'une situation instable avec le facteur étranger dans la région.. Cette menace est certes préoccupante, mais pas que pour l'Algérie dont les frontières nord sont ouvertes sur la Méditerranée, mais aussi pour l'Europe. Mais en tout cas, ces nouvelles donnes impliquent une nouvelle stratégie sur le plan sécuritaire mais aussi diplomatique. Au Sahel, les groupes armés ont proliféré, ont accru leur capacité de nuisance, se sont diversifiés en terroristes, insurgés, criminels et milices, selon des variables, comme leur vision, leur mission ou les moyens mis en œuvre.. Désormais, une coopération et une convergence rassemblent ces groupes. L'exemple le plus évident de ce type de coopération-convergence, c'est le narco-terrorisme selon James Stavridis, ancien commandant-en-chef des forces alliées en Europe (2009-2013) et de l'US Southern Command (2006-2009). L'aspect le plus troublant de la connexion semble être la façon dont le commerce de la drogue illégale sape les efforts pour poursuivre les réformes politiques et le développement nécessaires pour endiguer la radicalisation et la montée des groupes terroristes dans plusieurs régions du monde déjà fragiles. Pour lutter contre le terrorisme et trafiquants en tous genres, le G5 veut mettre l'accent avant tout sur l'échange de renseignements qui doit se faire de manière instantanée, pratiquement en temps réel , harmoniser des politiques de lutte contre le terrorisme et de patrouilles communes le long de ces frontières difficiles à contrôler. Mais l'approche pourrait plus large, étant dans l'éducation, de lutter contre la mauvaise gouvernance et de la former des imams. Le Sahel est également une zone de transit pour les passeurs. 50 à 60% de ceux qui traversent la Libye vers l'Europe passent par la région. Selon les différentes résolutions du G5, si les événements récents ont souligné que la traversée de la Méditerranée peut se transformer en drame et qu'il est urgent que tout le monde coopère pour arrêter les flux migratoires. C'est pourquoi y a lieu d'accorder une attention particulière aux tensions au niveau du Sahel où ceinture sahélienne recouvre, entièrement ou en partie, les pays suivants : l'Algérie (à l'extrême sud) ; le Sénégal ; la Mauritanie (au sud) ; le Mali ; le Burkina Faso (au nord) ; le Niger ; le Nigeria (à l'extrême nord) ; le Tchad (au centre). Le Sahel est un espace sous-administré et souffrant d'une mauvaise gouvernance chronique. La vulnérabilité du Sahel découle d'une profonde vulnérabilité des Etats caractérisé par une forte croissance démographique. Le Sahel devrait doubler sa population d'ici 25 ans, et comptera vraisemblablement plus de 100 millions d'habitants en 2020. Cette croissance affectera certainement la sécurité humaine et notamment alimentaire de la région dans son ensemble. A cela se greffe du fait de la mondialisation avec d'importantes inégalités tant internes aux pays développés qu'entre le Nord et le Sud l'intensification de la radicalisation qui est le fruit d'une conjonction de facteurs liés à l'individu, ses relations, sa communauté et son rapport à la société.

Identifier un processus de radicalisation ne se fait pas sur la base d'un seul indice mais d'un faisceau d'indicateurs. Ces indicateurs n'ont, par ailleurs, pas tous la même valeur et seule la combinaison de plusieurs d'entre eux permet d'établir un constat. Dans ce cadre, les USA veulent renforcer leur principal programme au Sahel, le partenariat transsaharien contre le terrorisme, dans la perspective de promouvoir la coopération sécuritaire avec les pays de la région, a indiqué à l'APS, Brian Neubert, porte-parole de langue française du département d'Etat. Ce programme, créé en 2005 pour remplacer l'initiative Pan Sahel (PSI), qui a été discuté à l'occasion de la réunion ministérielle américano-africaine sur le Commerce, la sécurité et la gouvernance, à Washington, a permis d'examiner les moyens "d'opérationnaliser cette collaboration entre une dizaine de pays africains pour renforcer notre coopération sécuritaire".Mais existe des enjeux économiques. Le Sahel est un espace recelant d'importantes ressources ministères d'où les ingérences étrangères manipulant différents acteurs afin de se positionner au sein de ce couloir stratégique et de prendre le contrôle des richesses sont nombreuses. L'arc sahélien est riche en ressources : après le sel et l'or, pétrole et gaz, fer, phosphate, cuivre, étain et uranium sont autant de richesses nourrissant les convoitises de puissances désirant s'en assurer le contrôle. Le commerce des stupéfiants, par exemple, a le potentiel de fournir aux groupes terroristes un bonus supplémentaire : les recrues et les sympathisants parmi les agriculteurs appauvris, négligés et isolés, et qui non seulement peuvent cultiver pour le compte des trafiquants, mais aussi populariser et renforcer les mouvements anti-gouvernementaux.. Selon différents experts trois facteurs permettent de comprendre les liens entre trafic et terrorisme : premièrement, l'existence de mouvements communautaires, ethniques et religieux, qui permettent une collaboration entre terroristes et criminels, sur la base de valeurs partagées et de confiance mutuelle. Deuxièmement, la survenance d'un conflit armé. Troisièmement, les contraintes qui jouent lors d'échanges transnationaux complexes de marchandises illégales ; des échanges qui impliquent souvent d'autres parties intermédiaires et de certains segments de l'administration corruptibles.

-2.- Informalité, trafic aux frontières et terrorisme
Les différents trafics sont liés à l'importance de la sphère informelle , produit des dysfonctionnements des appareils de l'Etat, en fait de la gouvernance , du poids de la bureaucratie qui entretient des relations diffuses avec cette sphère et des distorsions des taux de change , représentant en Afrique plus de 50% du produit intérieur brut,(PIB) devant différencier pour les calculs soit la référence au PIB, à l'emploi ou à la masse monétaire en circulation, devant préciser qu'existe plusieurs méthodes de calcul donnant des quantifications différentes. Les principaux déterminants de l'informalité peuvent être résumés comme suit. Premièrement, la faiblesse de l'emploi formel. C'est un facteur qui explique l'évolution du secteur informel à la fois dans les pays développés et en développement. Ainsi, l'offre d'emplois formels sur le marché du travail ne peut plus absorber toute la demande car la population active, en particulier la main-d'œuvre non qualifiée, croît à un rythme accéléré. Deuxièmement, lorsque les taxes sont nombreuses et trop lourdes, les entreprises sont incitées à dissimuler une partie de leur revenu. Troisièmement, le poids de la réglementation ou la complexité de l'environnement des affaires découragent l'enregistrement des entreprises. Lorsque le cadre institutionnel n'est pas propice à la création d'entreprises de manière formelle, les entrepreneurs préfèrent opérer dans le secteur informel et éviter le fardeau de la réglementation. Quatrièmement , la qualité des services publics offerts par le gouvernement est un déterminant important du secteur informel car elle influence le choix des individus. Les individus actifs dans le secteur informel ne peuvent pas bénéficier des services publics (protection contre les vols et la criminalité, accès au financement, protection des droits de propriété). C'est l'un des inconvénients de ce secteur. Cinquièmement, comme résultante de la politique économique, le primat de la gestion administrative bureaucratique au lieu de reposer sur des mécanismes économiques transparents et lorsque la monnaie est inconvertible, surévaluée, ménages et opérateurs formels et informels jouant sur la distorsion du taux de change Le terrorisme international profite des dysfonctionnements de régulation des Etats analysés précédemment et a au moins cinq caractéristiques en commun. Premièrement, largement sur des réseaux souvent établis dans de vastes zones géographiques où les personnes, les biens et l'argent circulent. Deuxièmement, le contrôle par le commandement et la communication. Troisièmement,e st leur besoin de traiter de grandes quantités d'argent, de les blanchir et les transférer à travers les pays et les continents. Quatrièmement, criminels et terroristes ont tendance à se doter d'armées privées, d'où un besoin de formation, des camps et du matériel militaire. Cinquièmement, terroristes et criminels de la zone sahélienne partagent les caractéristiques communes : pratique fréquente d'opérations clandestines cherchant la légitimité dans le soutien des populations avec usage de guérillas durables pour pouvoir contrôler un territoire et des populations ; sixièmement, mépris pour les normes internationales, la primauté du droit, ou la notion de Droits de l'Homme, et volonté de tuer ceux qui s'opposent à eux ;septièmement, ces guérillas créent en outre des cellules spécialisées dans l'usage des médias et de l'Internet pour diffuser leur propagande et leurs revendications. Ainsi, nous avons différentes formes de criminalité transnationale organisée qui est une industrie en constante évolution, qui s'adapte aux marchés et crée de nouvelles formes de délinquance s'agissant d'un commerce illicite qui transcende les frontières culturelles, sociales, linguistiques et géographiques, et qui ne connaît ni limites, ni règles. La combinaison de ces divers éléments selon des schémas extrêmement complexes, induisent un climat d'insécurité croissant propice à la déstabilisation des Etats sahéliens. Rappelons différents éléments de trafics.

a- Le trafic de marchandises
Pour l'Algérie, existent des trafics de différentes marchandises subventionnées comme le lait, la farine achetées en devises fortes, selon les conclusions d'une étude d'Atlantic Council sur la contrebande du pétrole, citée par le journal britannique The Guardian, près de 660 000 véhicules marocains et tunisiens consomment du carburant algérien, soit près de 13% de l'ensemble du parc roulant dans ces deux pays. L'étude confirme en fait le chiffre déjà avancé en 2013 et qui faisait état de 600 000 véhicules roulant à l'essence et au gasoil algériens de contrebande. Le trafic de carburant représenterait un manque à gagner de deux milliards de dollars pour le Trésor public, c'est énorme. Cela est lié globalement à la politique des subventions généralisées sans ciblage et à la distorsion des taux de change par rapport aux pays voisins. Dans ses différents rapports entre 2011/2014 , la Banque mondiale fait remarquer qu'en moyenne dans le monde, 20% des plus riches bénéficient six fois plus que 20% des plus pauvres des subventions recommandant que les programmes d'aide sociale doivent être ciblés de manière à aider les ménages pauvres et vulnérables à y faire face.

b.-Le trafic d'armes
Le suivi des filières illicites d'approvisionnement en armes légères et en munitions, ainsi que la compréhension du mécanisme global qui régit ce marché " noir " sont des fondamentaux de la géopolitique moderne. Le marché " noir " des armes et de leurs munitions, issu nécessairement du marché " blanc " puisque, rappelons-le, chaque arme est fabriquée dans une usine légale, est une thématique qui permet de comprendre les volontés de puissance des divers acteurs géopolitiques à travers le monde. Selon certaines données internationales, en moyenne pour 2016 Les ventes d'armes dans le monde se montent à 10 400 euros par seconde, soit 409 milliards de dollars par an. Le trafic d'armes s'intègre dans un contexte difficile. Tandis que le trafic de drogues est réprimé internationalement, le trafic d'armes est réglé par les Etats qui en font leurs bénéfices. La vente d'armes s'effectue régulièrement entre plusieurs partenaires privés et publics. L'avantage que représente le trafic d'armes pour des terroristes est qu'ils peuvent à la fois s'en servir et faire du profit. La meilleure prévention reste un contrôle des ventes, un encadrement contractuel des ventes, c'est-à-dire définir préalablement l'emploi des armes et la mise en place de conventions internationales sur les ventes d'armes à feu automatiques ou non.

c.-Le trafic de drogue
La montée en puissance du trafic de drogue en au niveau de la région sahélienne a des implications sur tout l'Afrique du Nord où nous pouvons identifier les acteurs avec des implications géostratégiques où les narcotrafiquants créent de nouveaux marchés nationaux et régionaux pour acheminer leurs produits. Afin de sécuriser le transit de leur marchandise, ces narcotrafiquants recourent à la protection que peuvent apporter, par leur parfaite connaissance du terrain, les groupes terroristes et les différentes dissidences, concourant ainsi à leur financement. La production mondiale d'opium a augmenté en 2016 d'un tiers par rapport à 2015 en raison de l'amélioration des rendements en Afghanistan favorisés par de meilleures conditions météorologiques. À 6.380 tonnes au total, la production mondiale reste toutefois inférieure d'environ 20% au pic atteint en 2014. En moyenne pour 2016, et plus pour 2017, 7700 par seconde soit 243 milliards d'euros par an : si les trafiquants de drogues étaient un pays, leur PIB les classerait au 21è rang mondial, juste derrière la Suède. Malgré la répression, l'ONU estime que seuls 42% de la production mondiale de cocaïne sont saisis (23% de celle d'héroïne). En 2014, la vente de drogues aurait représenté entre un cinquième et un tiers des revenus des groupes criminels transnationaux. Le Maroc étant un des premiers producteurs mondiaux de haschich. L'essentiel de la production marocaine est réalisé dans la région montagneuse et pauvre du Rif dont le principal acheteur est l'Europe, l'Espagne jouant le rôle de plaque tournante avec 57 % des saisies mondiales et 75 % des saisies effectuées en Europe. Mais, le trafic s'étend désormais au reste du Maghreb. Selon certaines sources uniquement pour l'Afrique de l'Ouest, le trafic de cocaïne dans la sous-région rapporte chaque année plus d'un milliard de dollars aux réseaux. - Le trafic de drogues, il continue d'être, pour les criminels, l'activité la plus lucrative, avec un chiffre d'affaires estimé à 320 milliards de dollars en 2016 alors qu'en 2009, l'ONUDC situait la valeur approximative des seuls marchés mondiaux de la cocaïne et des opiacés à 85 et 68 milliards de dollars, respectivement. Le trafic de drogue assure une marge de bénéfice très élevée : Un gramme de coca, qui coûte 1 $ à la production, est vendu de 200 à 300 dollars.

d-. La traite des êtres humains et le trafic de ressources naturelles
C'est est une activité criminelle internationale dans laquelle des hommes, des femmes et des enfants sont soumis à l'exploitation sexuelle ou à l'exploitation par le travail. Bien que les chiffres varient. Nous avons le trafic de migrants qui est une activité bien organisée dans laquelle des personnes sont déplacées dans le monde en utilisant des réseaux criminels, des groupes et des itinéraires. De nombreux passeurs ne se préoccupent pas de savoir si des migrants se noient en mer, meurent de déshydratation dans un désert ou suffoquent dans un conteneur. Chaque année, ce commerce est évalué à des milliards de dollars. Le trafic de ressources naturelles inclut la contrebande de matières premières telles que diamants et métaux rares (provenant souvent de zones de conflit) et la vente de médicaments frauduleux potentiellement mortelle pour les consommateurs.

f- La cybercriminalité
Elle est lié à la révolution dans le domaine des systèmes d'information qui peut déstabiliser tout un pays tant sur le plan militaire, sécuritaire qu'économique. Il englobe plusieurs domaines exploitant notamment de plus en plus l'Internet pour dérober des données privées, accéder à des comptes bancaires et obtenir frauduleusement parfois des données stratégiques pour le pays. Selon Steve Grobman, expert de la société McAfee, spécialisée dans la protection contre les attaques informatiques, dans un rapport paru en février 2018, la cybercriminalité coûte en 2017 600 milliards de dollars par an à travers le monde, un chiffre en augmentation en raison de la compétence grandissante des pirates et l'essor des cryptomonnaies. Selon ce rapport, le vol de propriété intellectuelle a représenté environ un quart du coût total de la cybercriminalité en 2017. Le numérique a transformé à peu près tous les aspects de notre vie, notamment la notion de risque et la criminalité, de sorte que l'activité criminelle est plus efficace, moins risquée, plus rentable et plus facile que jamais, L'étude, réalisée par McAfee et le think tank Center for Strategic and International Studies (CSIS), avaient évalué ce coût à 445 milliards en 2014.

g- Le blanchiment d'argent
C'est un processus durant lequel l'argent gagné par un crime ou par un acte illégal est lavé. Il s'agit en fait de voiler l'origine de l'argent pour s'en servir après légalement (investissement, achats, etc.). Les multiples paradis fiscaux, des sociétés de clearing (aussi Off Shore) permettent de cacher l'origine de l'argent.

L'Afrique voit s'échapper chaque année 192 milliards de dollars causés par des flux illicites contre seulement 30/40 milliards de dollars d'aide au développement avait révélé le 30 novembre 2016 à Dakar Amath Soumare, président fondateur de Sopel International et président du centre africain de la Nouvelle économie Cane Executive renvoyant à la mauvaise gouvernance.

-3.- L'Algérie face aux défis géostratégiques
Ces nouvelles mutations géostratégiques mondiales actuelle devraient conduire à de profondes reconfigurations socio-économiques, technologiques mais également sécuritaires. En effet, privilégiant en premier lieu ses intérêts stratégiques propres, partie prenante du dialogue méditerranéen (DM), l'Algérie agit en fonction d'un certain nombre de principes et à partir d'une volonté avérée de contribuer à la promotion de la sécurité et de stabilité dans la région. Entre la lointaine et très présente Amérique et la proche et bien lointaine Europe, entre une stratégie globale et hégémonique, qui possède tous les moyens de sa mise en œuvre et de sa projection, et une stratégie à vocation globale qui se construit laborieusement et qui peine à s'autonomiser et à se projeter dans son environnement géopolitique immédiat, quelle attitude adopter et quels choix faire pour l'Algérie ? Interpellée et sollicitée, l'Algérie s'interroge légitimement sur le rôle, la place ou l'intérêt que telle option ou tel cadre lui réserve ou lui offre, qu'il s'agisse du dialogue méditerranéen de l'Otan ou du partenariat euro- méditerranéen, dans sa dimension tant économique que sécuritaire. L'adaptation étant la clef de la survie et le pragmatisme un outil éminemment moderne de gestion des relations avec autrui, l'Algérie dont son devenir segment de l'Afrique Nord Maghreb, pont entre l'Europe et l'Afrique doit faire que celui que commandent la raison et ses intérêts. Car l'Algérie est confrontée actuellement à la sécurité dans la zone sahélo-saharienne.
Dans ce contexte d'instabilité régionale, l 'Algérie fournit des efforts de guerre sans être en guerre. le contexte des crises libyenne et malienne, la sécurité aux frontières étant devenue une préoccupation majeure des autorités algériennes. Cette question fait aussi l'objet d'un processus de construction et de sécuritisation, à des fins internes et externes. Selon les experts militaires, la stratégie algérienne se déploie sur trois niveaux.

- Premièrement, la mise en place d'un dispositif de sécurité aux frontières et la restructuration des forces armées et de sécurité.

-Deuxièmement, l'amorce de processus bilatéraux de coopération avec les pays voisins.

-Troisièmement, le développement d'un processus multilatéral à travers l'initiative des pays de Champ. Cette stratégie est guidée par trois principes fondamentaux : non ingérence dans les affaires intérieures des Etats ; non intervention de l'armée algérienne hors du territoire ; prise en charge endogène de la sécurité régionale

Préoccupée, l'Algérie active sur plusieurs fronts face au crime organisé transnational,. D'une manière générale la sécurité de l'Algérie est posée à ses frontières. La frontière Algérie Mali est de 1376 km, la frontière entre l'Algérie et la Libye de 982 km, la frontière Algérie Niger de 956 km, la frontière Algérie Tunisie est de 965 km à surveiller. Le problème est plus grave pour les frontières conjointes avec le Mali et la Libye. Il ne faut pas oublier que les djihadistes étaient venus depuis cette région lors de l'attaque terroriste de Tiguentourine. Sur le court terme, les tensions dans la région notamment pour la protection de ses frontières, la situation en Libye, au Mali et accessoirement les actions terroristes à sa frontière en Tunisie ont imposé à l'Algérie des dépenses supplémentaires. Il est entendu que rentre dans ces dépenses surtout le remplacement de la plupart du matériel militaire obsolète pour l'acquisition de nouveaux équipements pour l'armée de terre, la marine et les forces aériennes, sans compter des dépenses pour l'adaptation du renseignement aux nouvelles mutations tant internes que mondiales de ses forces de sécurité et de penser d'ores et déjà à la cybercriminalité enjeu du XXème siècle. Cela est posé pour tout le reste de l'économie bien que le risque des cyber-attaques en Algérie est actuellement minime car les services électroniques sont à l'état primaire (e-commerce, e-santé et e-administration) et les entreprises algériennes fonctionnent sur des modes de gestion désuètes n'étant pas orientées vers les transactions et services électroniques. Aussi, malgré la situation budgétaire difficile notamment depuis juin 2014, l'Algérie a déployé une véritable task-force pour sécuriser ses frontières pour faire face à l'instabilité chronique de l'autre côté des frontières et dont les événements récents confirment la continuelle aggravation. L'ANP et les services de sécurité se déploient actuellement le long des frontières Est et Sud Est et effectuent régulièrement des opérations de ratissage et ce dans le cadre d'une coopération étroite avec les pays limitrophes, l'Europe dont la France et les Etats Unis d'Amérique car la menace terroriste est une menace planétaire. Pour les grandes puissances " de par sa situation géographique stratégique au Maghreb et sa longue histoire de lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent sur son territoire, l'Algérie constitue un pilier pour, non seulement, lutter contre AQMI et ses groupes affiliés mais aussi pour ramener la stabilité dans la région ". Ainsi, l'Algérie est considérée comme un acteur incontournable pour la stabilité de la région mais devant pour une efficacité réelle, résoudre les problèmes de développement interne avec la chute du cours des hydrocarbures et parallèlement intensifier la coopération internationale contre ce fléau planétaire. Dorénavant, la plupart des dirigeants de l'Afrique du Nord, de l'Afrique noire, de l'Europe et des Etats Unis d'Amérique y compris la Russie et la Chine s'accordent dorénavant sur la nécessité de coopérer davantage face à la menace de l'insécurité et du crime organisé. Le patron du renseignement militaire français dans le cadre de la commission défense du Parlement et rapportée par le journal L'Opinion (mars 2018) a affirmé " que certains éléments nous font penser (…) que la tendance n'est pas bonne. Si le nombre d'incidents sécuritaires n'augmente pas, nous constatons néanmoins un déplacement vers le Sud, dans une région beaucoup plus peuplée, notamment par les Peuls, où le potentiel de déstabilisation est plus important que celui causé par quelques Touareg djihadistes " en plein désert laissant entendre que la lutte contre le terrorisme dans la région souffre d'un manque de coordination. Il s'agit de mettre l'accent sur l'obligation de mettre en application une stratégie interrégionale qui associe l'ensemble des pays de la zone en plus des partenaires européens et internationaux, du fait que la région est devenue un espace ouvert pour divers mouvements terroristes et autres groupes qui prospèrent via le trafic d'armes ou la drogue, menaçant la sécurité régionale et par ricochet l'Europe et les USA. Et ce comme cela a été mis en relief par les plus hautes autorités de l'Algérie , il y a l'urgence d'une coopération tant africaine que mondiale dans la lutte contre la criminalité transnationale nécessitant une coopération en réseaux passant par l'amélioration des bases de données afin de lutter efficacement contre le crime transfrontalier et le terrorisme. Il s'agit donc de lever les contraintes du fait que la corruptibilité générale des institutions, pèsent lourdement sur les systèmes chargés de l'application des lois et la justice pénale en général qui ont des difficultés à s'adapter aux nouveaux défis posés par la sophistication des réseaux du crime organisé. La collaboration inter-juridictionnelle est ralentie par l'hétérogénéité des systèmes juridiques notamment en Afrique du Nord et en Afrique noire. La porosité des frontières aussi bien que la coordination entre un grand nombre d'agences chargées de la sécurité aux frontières posent de grands problèmes. À terme, la stratégie vise à attirer graduellement les utilisateurs du système informel vers le réseau formel et ainsi isoler les éléments criminels pour mieux les cibler tout en diminuant les dommages collatéraux pour les utilisateurs légitimes. C'est dans ce cadre que rentrent les tentatives pour redynamiser le dialogue euro- méditerranéen avec deux initiatives : d'une part, la politique européenne de voisinage ; d'autre part, le partenariat stratégique entre l'Union européenne d'un côté et la Méditerranée et le Moyen-Orient de l'autre afin de freiner l'émigration massive notamment de l'Afrique subsaharienne avec comme tampon pilier le Maghreb. D'une manière générale, sur le plan militaire et géo- stratégique c'est à travers les activités du groupe dit des " 5+5 " que peut être apprécié aujourd'hui la réalité d'une telle évolution. La lecture que font la des plupart des dirigeants de la planète vis-à-vis des menaces et défis auxquels le monde et notre région sont confrontés repose essentiellement sur la nécessité de développer ensemble une stratégie de riposte collective et efficace concernant notamment le terrorisme international, le trafic des êtres humains et la criminalité organisée à travers la drogue et le blanchissement d'argent. Mais, la lutte contre le terrorisme implique de mettre fin à cette inégalité tant planétaire qu'au sein des Etats où une minorité s'accapare une fraction croissante du revenu national enfantant la misère et donc le terrorisme, renvoyant à la moralité de ceux qui dirigent la Cité. Car, le tout sécuritaire pour le sécuritaire a des limites et les responsables algériens chargés de la sécurité en sont conscients, existant des liens dialectiques entre développement et sécurité. Cela implique de s'attaquer à l'essence (un co-développement) et non aux apparences comme le montre une étude du Forum économique mondial - WEF- du 14 novembre 2013. Aussi l'efficacité sécuritaire devra s'insérer dans le cadre d'une vision stratégique devant impérativement minimiser les coûts des dépenses par une rationalisation des choix budgétaires tant dans le domaine civil que militaire. L'analyse par le professeur en stratégie à Harvard Michael Porter des " cinq forces ", qui déterminent la structure concurrentielle d'une industrie de biens ou de services (le pouvoir de négociation des clients, le pouvoir de négociation des fournisseurs, la menace des produits ou services de substitution, la menace d'entrants potentiels sur le marché et l'intensité de la rivalité entre les concurrents) fait apparaître que souvent les différents acteurs algériens un faible pouvoir de négociation du fournisseur et un fort pouvoir de négociation du client, alors que les barrières d'entrées sur le marché algérien tant des entreprises économiques que de l'armement sont élevées.

-4- En conclusion : l'Algérie face aux tensions budgétaires et géostratégiques a besoin d'un dialogue productif privilégiant ses intérêts
Le tout sécuritaire pour le sécuritaire a des limites et les responsables algériens chargés de la sécurité en sont conscients, existant des liens dialectiques entre développement et sécurité. Aussi, d'une manière générale, la lecture que font la plupart des dirigeants de la planète vis-à-vis des menaces et défis auxquels le monde et notre région sont confrontés repose essentiellement sur la nécessité de développer ensemble une stratégie de riposte collective et efficace concernant notamment le terrorisme international, le trafic des êtres humains et la criminalité organisée à travers la drogue et le blanchissement d'argent. Mais, la lutte contre le terrorisme implique de mettre fin à cette inégalité tant planétaire qu'au sein des Etats où une minorité s'accapare une fraction croissante du revenu national enfantant la misère et donc le terrorisme, renvoyant à la moralité de ceux qui dirigent la Cité. Cela implique de s'attaquer à l'essence (un co-développement) et non aux apparences comme le montre une étude du Forum économique mondial - WEF- du 14 novembre 2013. Aussi l'efficacité sécuritaire devra s'insérer dans le cadre d'une vision stratégique devant impérativement minimiser les coûts des dépenses par une rationalisation des choix budgétaires tant dans le domaine civil que militaire. L'analyse par le professeur en stratégie à Harvard Michael Porter des " cinq forces ", qui déterminent la structure concurrentielle d'une industrie de biens ou de services (le pouvoir de négociation des clients, le pouvoir de négociation des fournisseurs, la menace des produits ou services de substitution, la menace d'entrants potentiels sur le marché et l'intensité de la rivalité entre les concurrents) fait apparaître que souvent les différents acteurs algériens un faible pouvoir de négociation du fournisseur et un fort pouvoir de négociation du client, alors que les barrières d'entrées sur le marché algérien tant des entreprises économiques que de l'armement sont élevées Face à un monde en perpétuel mouvement, tant en matière de politique étrangère, économique que de défense, actions liées, avec les derniers événements au Sahel, aux frontières de l'Algérie, se posent l'urgence des stratégies d'adaptation et d'une coordination, internationale et régionale afin d'agir efficacement sur les événements majeurs. Ces nouveaux défis pour l'Algérie, sous segment du continent Afrique, dépassent en importance et en ampleur les défis que l'Algérie a eu à relever jusqu'à présent. Face à ces menaces tant internes, tensions budgétaires, qu'externes, tensions géostratégiques, l' Algérie a besoin d' un dialogue productif privilégiant les intérêts supérieurs de l'Algérie Il faut impérativement faire taire nos divergences et privilégier uniquement les intérêts supérieurs de l'Algérie. Un minimum de consensus économique et social qui ne saurait signifier unanimisme signe de décadence de toute société s'impose afin de faire face aux tensions géostratégiques et budgétaires et stabiliser le corps social surtout que l'Algérie s'apprête à vive un grand évènement l'élection présidentielle prévue en avril 2019. C'est l'unique voie que doivent emprunter les Algériens pour arriver à transcender leurs différends si l'on veut éviter la déstabilisation, ce qu'aucun patriote ne souhaite. Les différentes composantes de notre société, les forces sociales et politiques qu'elle recèle, les intérêts particuliers et ceux de la collectivité nationale, les acteurs connus ou méconnus de drames terribles, sont aujourd'hui puissamment interpellés et mis devant leurs responsabilités historiques. Ils doivent, en vidant définitivement une querelle qui a fini par un passé récent (1990/1999) de manière tragique, et qui avait mis quasiment le pays à genoux, concourir ensemble au retour de la paix, de la concorde et de la stabilité. Il s'agit là de l'unique voie que doivent emprunter les Algériens afin de transcender leurs différends, à vaincre la haine et les peurs qui les habitent, à exorciser leurs démons et à trouver de nouvelles raisons de vivre harmonieusement ensemble et de construire, toujours ensemble, le destin exceptionnel que de glorieux aînés de la génération du 1er Novembre 1954 ont voulu désespérément pour eux. L'Algérie a besoin en ces moments à la fois de tensions géostratégiques au niveau de la région et des tensions budgétaires inévitables entre 2018/2020 de rassembler tous ses enfants dans leur diversité et non de nous diviser. C'est le sens profond de ce message animé seulement par la raison et le patriotisme. Tout en relevant effectivement d'une problématique complexe cette entreprise est sans exagération aucune, une œuvre de survie nationale et un acte de courage lucide, de générosité raisonnée et d'espoir mérité. Car des défis importants attendent l'Algérie principalement ceux d'une transition véritable qui doit voir la poursuite de la stabilisation macro-économique, la mise en œuvre de véritables réformes structurelles et la modernisation de notre système politique pour renouer avec le développement et la démocratie. L'Algérie connaît en 2018 la paix et la stabilité et il faut rendre un hommage à l'ANP et à nos forces de sécurité. Mais existe un lien dialectique entre développement et sécurité. Sans véritable développement, il y a risque de tensions sociales qui engendreront l'insécurité. Aussi, restent d'autres défis qui sont un préalable à une entreprise plus grande : la transformation profonde de l'Algérie, en tant que société et nation, et sa projection dans un avenir que les grandes nations préparent aujourd'hui avec la plus grande rigueur : un partenariat de choix avec les puissants de ce monde et une position "pivotale" dans l'espace géopolitique africain et dans l'environnement géopolitique euro-méditerranéen auquel appartient l'Algérie. L'objectif stratégique est de traduire en termes concrets nos potentialités, pour être en mesure de relever avec succès les défis innombrables qui nous sont lancés par le monde moderne étant à l'aube de la quatrième révolution économique mondiale fondée sur les nouvelles technologies et le défi écologique. Je suis persuadé, en fonction de son histoire mouvementé depuis des siècles et de ses potentialités actuelles, notre peuple trouvera sans nul doute les ressources morales et psychologiques qui lui permettront, comme il l'a fait maintes fois face à l'adversité, de transcender avec dignité et honneur les rancunes et les haines tenaces. C'est pourquoi, comme je l'ai démontré récemment dans un long interview au quotidien américain American Herald Tribune du 28/12/2016 et au quotidien financier français La Tribune FR du 07 mai 2017, je tiens à considérer que la stabilité de l'Algérie, acteur stratégique de la stabilité de toute la région, qui ne saurait signifier statu quo, mais mener des réformes dans un mouvement historique positif, est un passage obligé vers la reconquête de notre cohésion nationale et la construction d'un front intérieur solide et durable en faveur des réformes politiques et socio-économiques face aux enjeux des nouvelles mutations mondiales dans les domaines militaires, sécuritaires, politiques, économiques, sociales et culturelles dont le pivot est la bonne gouvernance et la réforme de l'école tenant compte du fondement du développement ère du XXIe siècle basée sur le savoir. L'Algérie a toutes les potentialités de sortie de crise. Il faut impérativement faire taire nos divergences et privilégier uniquement les intérêts supérieurs de l'Algérie Cela implique une gouvernance rénovée, une vision stratégique clairement datée, une concurrence saine et loyale. L'actuelle politique économique a besoin d'être recadrée pour s'adapter tant aux réalités nationales que mondiales, selon le couple indissociable efficacité économique et justice sociale, devant passer par des sous intégrations régionales.
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(1)-Synthèse d'un long rapport de l'intervention du professeur Abderrahmane MEBTOUL au colloque international " Sécurisation et économie des frontières au Maghreb et au Sahel : enjeux et perspectives " Ministère de la Défense Nationale Institut Militaire de Documentation, d'Evaluation et de Prospective 27 mars 2018


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