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Sommet de l'UA : Combattre la corruption pour instaurer un climat propice au développement économique
Publié dans Le Maghreb le 01 - 07 - 2018

Les dirigeants africains se pencheront lors du 31ème sommet de l'Union africaine, prévu aujourd'hui et demain à Nouakchott (Mauritanie), sur l'épineuse question de la corruption pour faire de ce continent un havre de paix, d'intégration et de développement économique.
Placé sous le thème "Remporter la lutte contre la corruption: une voie durable pour la transformation de l'Afrique", ce sommet aura à traiter cette question majeure et cruciale avec pour objectif de parvenir à la prospérité et l'essor économique pour le continent africain. Le choix du thème de la lutte contre la corruption du sommet, confirme l'engagement et la volonté ferme de l'Union africaine de lutter contre ce fléau à travers la mise en place de différents mécanismes. De l'avis même du président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, le combat contre la corruption doit être global en 2018, car a-t-il soutenu, la corruption prive l'Afrique de près de 50 milliards de dollars chaque année. Pour lui, toutes les nations africaines "sont concernées, d'une manière ou d'une autre, à des échelles plus au moins grandes" par ce fléau. Selon les chiffres établis par des experts, les ressources détournées par la corruption en Afrique "peuvent, si elles sont investies, suppléer le recours à l'assistance extérieure".
L'année 2018 est appelée ainsi, pour ce haut responsable de l'UA, à être celle du "combat contre la corruption", car a-t-il ajouté, "comme le terrorisme, le combat devrait être global et ne saurait être gagné que par une action collective".
La lutte efficace contre la corruption aiderait l'Afrique à se pencher sur l'investissement massif et la valorisation des ressources humaines, selon la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF), une agence spécialisée de l'UA en matière de renforcement des capacités.
L'adoption de cette stratégie et de cette feuille de route facilitera le développement du continent à travers la mise en œuvre des plans de développement nationaux, de l'Agenda 2063 et des Objectifs du développement durable (ODD).

L'Algérie, pays pionnier dans la lutte contre la corruption
En Algérie, la constitutionnalisation de la lutte contre la corruption a été concrétisée par la mise en place de l'Organe national de prévention et de lutte contre la corruption (ONPLCC), ce qui lui permet de figurer parmi les pays pionniers en Afrique en matière de lutte contre ce fléau qui a tendance à se généraliser à travers le continent et de par le monde.
Elle a déjà institué en 2016 un Organe national de prévention et de lutte contre la corruption, conformément à la Constitution révisée et adoptée en février de la même année.
Cet organe adresse au président de la République un rapport annuel d`évaluation de ses activités liées à la prévention et à la lutte contre la corruption, dans lequel il mentionne les insuffisances relevées en la matière et des recommandations proposées, le cas échéant. Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika n'a jamais cessé de réitérer la volonté de l`Algérie de lutter contre la corruption. A cet effet, l`Algérie a adopté plusieurs textes de lois pour mettre à jour son arsenal législatif et a mis aussi en place des organes consacrés à la prévention et à une lutte efficace contre le fléau de la corruption.
En ce sens, la mise en place de l`ONPLCC vient renforcer les autres mécanismes mis en place par les Pouvoirs publics depuis quelques années afin de lutter contre ce fléau. L'Organe dont les membres sont nommés par le président de la République, a pour mission principale de proposer et de contribuer à animer une politique globale de prévention de la corruption. Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia avait indiqué lors du 30ème sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine, en janvier dernier, à Addis-Abeba, que la lutte contre la corruption était étroitement liée à "la consolidation de l'Etat de droit et de la démocratie, de sorte à ce que le phénomène de la corruption recule à mesure de la progression dans l'édification d'un Etat juste avec des institutions fortes et crédibles". Au plan international, l`Algérie est l`un des premiers Etats signataires de la Convention des Nations unies contre la corruption, le 9 décembre 2003. Un instrument ratifié en vertu d`un décret présidentiel en date du 19 avril 2004.
Dans le cadre du mécanisme d`évaluation de la mise en œuvre de cette convention, l`Algérie avait fait l`objet en 2013 d`une évaluation par les pairs au titre du premier cycle d`examen qui a porté sur deux chapitres de la Convention des Nations unies contre la corruption, à savoir "l`incrimination, détection et répression" et "la coopération internationale". Au niveau continental, l'Algérie est représentée par M. Hocine Ait Chaalal, élu au poste de membre du Conseil consultatif de l'Union africaine sur la corruption l'année dernière, lors de la 31ème session du Conseil exécutif de l'UA.

Le financement de l'UA ne dépasse pas les 30%
Le taux de recouvrement des cotisations des pays membres de l'Union africaine ne dépasse pas les 30%, a appris l'APS samedi à Nouakchott auprès du Conseil exécutif de l'UA à la veille du sommet de l'organisation panafricaine. "Le taux de recouvrement des cotisations au sein de l'UA ne dépasse pas les 30%, alors que l'Organisation panafricaine ambitionne d'assurer son autonomie financière à l'horizon 2020, sachant que 75% des fonds vont vers son budget de fonctionnement et 25% sont consacrés aux opérations de paix et sécurité en Afrique", a-t-on précisé auprès du Conseil exécutif de l'UA dont les travaux ont été clôturés dans la nuit de vendredi à samedi en prélude au 31ème sommet des chefs d'Etat et de gouvernement africains, prévu dimanche et lundi dans la capitale mauritanienne.
Le nombre de pays contribuant au budget de l'UA est "très limité", a-t-on relevé au Conseil exécutif, précisant qu'il s'agit entre autres de l'Algérie, l'Afrique du Sud, la Libye, l'Egypte et le Nigeria, alors que l'Organisation compte 55 Etats membres. Selon une résolution du sommet de l'UA, tenu à Kigali en 2017, une quarantaine de pays membres de l'Union sont partiellement ou intégralement "défaillants" en matière de paiement des cotisations, ce qui a provoqué un écart de financement important entre le budget prévu et le financement réel.
Ce déficit est comblé par des donateurs et des contributeurs, notamment la Banque mondiale, la Chine, la Turquie et l'Union européenne, a-t-on ajouté.
En ce sens, le Conseil exécutif de l'UA a exhorté les pays ne s'acquittant pas de leurs cotisations à faire montre d'engagement et de discipline, suggérant en même temps de revoir le barème des sanctions à l'encontre de ces Etats membres défaillants.
Pour rappel, lors du sommet de Kigali, une décision a été prise pour demander à tous les Etats membres de l'UA d'appliquer le prélèvement de 0,2% sur les importations pour financer l'Union africaine.
Dans ce sillage, le président de la Commission de l'UA, Moussa Mahamat Faki a fait savoir que 23 Etats membres de l'Union appliquaient déjà ou étaient sur le point d'appliquer la taxe de 0,2 % sur les importations éligibles, faisant observer que "sans une autonomie financière, l'ambitieux agenda 2063 ne sera qu'un catalogue de bonnes intentions et notre prétention au leadership continental et à l'appropriation africaine restera un vœu pieux".
Ouyahia représentera le président Bouteflika
Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, s'est rendu hier à Nouakchott où il représentera le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, au 31ème sommet des Chefs d'Etat et Gouvernement de l'Union africaine, prévu dimanche et lundi, indique samedi un communiqué des services du Premier ministre.
"M. Ahmed Ouyahia, Premier ministre, sera aujourd'hui à Nouakchott (Mauritanie) où il représentera le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, au 31ème sommet des Chefs d'Etat et Gouvernement de l'Union africaine qui se déroulera les 1er et 2 juillet 2018", précise le communiqué. Le Premier ministre est accompagné du ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, précise la même source. C'est dans la capitale mauritanienne que se réunissent une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement dans le cadre de la préparation du 31ème sommet de l'Union africaine prévu les 1er et 2 juillet.
La délégation algérienne est conduite à la réunion du conseil exécutif par le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Nordine Ayadi qui interviendra sur plusieurs points notamment le rapport de la 36ème session de la commission des représentants permanents de l'Union et le projet de budget de l'UA. L'Algérie a toujours réaffirmé son adhésion à s'engager collectivement dans une démarche synergique pour prendre en charge les causes profondes à l'origine des flux migratoires que connaît le continent. C'est ce qu'a déclaré Nordine Ayadi relevant que le phénomène est exacerbé par les nombreux conflits et crises qui éclatent en Afrique.


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