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Le virus qui pourrait convertir l'Amérique à l'Etat providence : Un changement dans l'"american way of life" ?
Publié dans Le Maghreb le 22 - 03 - 2020

Madame Li est une Américaine d'origine chinoise qui vit à Boston. Après avoir participé à une réunion de la société Biogen, fin février, cette femme de 37 ans a ressenti douleurs, fièvre et toux, des symptômes caractéristiques du Covid-19. Mais dans le Massachusetts, elle n'a trouvé aucun moyen de se faire dépister avant plusieurs semaines. Elle s'est alors administré du paracétamol à haute dose pour faire baisser sa fièvre et passer les contrôles et elle a pris l'avion pour Pékin. Là-bas, elle a bien obtenu un test qui s'est d'ailleurs révélé positif, mais par la même occasion un aller simple pour la case prison.


Elle devra en effet répondre devant les autorités chinoises d'" introduction d'un virus étranger ". Ce qui, venant du pays où s'est déclaré le Covid-19, est pour le moins paradoxal.
" Un virus chinois " est d'ailleurs le terme utilisé par Donald Trump dès que Fox News, sa source essentielle d'information, lui a appris que le coronavirus qui avait frappé la ville de Wuhan franchirait bientôt le Pacifique pour sévir aussi aux États-Unis. Mais, à l'époque - fin janvier - il s'agissait disait-il " d'une grippe, un mauvais rhume, qui allait et venait, mais sans plus et d'ailleurs la situation était complètement sous contrôle ".

Un bilan largement sous-estimé
Le résultat, la mésaventure de madame Li en est le triste exemple : pendant plusieurs semaines l'État fédéral n'a strictement rien fait, laissant aux États et aux villes la responsabilité de trouver les tests, les hôpitaux adaptés, les salles de réanimation, bref, de s'organiser pour combattre l'épidémie.
Un cancer à métastases fulgurant, dont aujourd'hui encore aux États-Unis, où n'existe pas l'équivalent du professeur Salomon, et de son point de presse télévisé quotidien, on ne connaît pas la véritable ampleur. Les 10 755 cas et 174 morts annoncés au 20 mars semblant tellement sous-estimés que certains experts multiplient ces chiffres par 10 ! Rien qu'à New York, l'État le plus touché, le nombre de malades a doublé en 24 heures Mais si la Californie vient de décider un confinement total de sa population, si Washington, New York, Boston ont pris des mesures de fermeture des écoles, des bars, restaurants et théâtres, aucune décision n'a été prise à l'échelle du pays.
Ainsi, à Miami, on continue à voir des images de retraités heureux profitant du soleil, des plages et des terrains de golf. Résultat, la ville de Boston a signalé jeudi que sur six amis partis en Floride pour une compétition de golf, cinq étaient revenus porteurs du virus. Autant de situations qui font craindre aux infectiologues que le virus se répande très rapidement, compte tenu du manque de coordination entre les États. Et de la réticence des trente millions d'Américains qui ont une couverture médicale faible ou inexistante à voir un médecin ou se faire dépister.
L'exemple texan
L'exemple du Texas est, sur ce point, révélateur. Alors que New York ou la Californie tentaient - avant que le Congrès ne s'en préoccupe - de trouver des solutions pour rendre les tests de dépistage accessibles, le gouverneur Gregg Abbott se refusait à prendre des dispositions permettant d'étendre la couverture médicale à ceux qui n'en ont pas.
Le Texas, avec ses trente millions d'habitants, est pourtant celui des États américains dont les citoyens sont le moins bien assurés contre les risques maladie.
Paradoxalement, c'est peut-être au moment où Bernie Sanders, et ses idées trop progressistes pour beaucoup d'Américains, va perdre son combat pour la présidence, que ses idées vont commencer à gagner du terrain : coronavirus oblige le Congrès s'apprête à voter des dispositions temporaires pour aider financièrement les malades, prévoir des dédommagements pour les chômeurs, multiplier les food stamps, les aides alimentaires, aux plus démunis. Une aide de 1 200 dollars par individu, 2 400 par foyer, pour ceux qui gagnent moins de 75 000 dollars était même proposée par Mitch McConnell, le leader au Sénat d'un Parti républicain pourtant hostile de tout temps à l'État providence.
Même le président Trump, après avoir voulu occulter la réalité, comprend l'ampleur de la catastrophe : l'Amérique, dont il se gargarisait tous les jours de sa bonne santé économique, sera durement touchée.


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