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«Si on maîtrise la grippe saisonnière, il y aura un moindre impact en cas de pandémie»
Docteur Fawzi Derrar* au Midi Libre
Publié dans Le Midi Libre le 12 - 12 - 2012

Midi Libre : Quels sont les objectifs du Groupe régional d'observation de la grippe (GROG) ?
Dr Fawzi Derrar : A travers le réseau d'observation de la grippe, nous essayons de caractériser l'amplitude de l'infection grippale d'une manière générale au sein de la population. Ce réseau est très important à plusieurs titres, notamment sur le plan de la représentativité de la surveillance qui est bien caractérisée géographiquement et même sur la population médicale qui regroupe à peu près 1,5% ; ceci est le premier point. Le deuxième point important est relatif aux prélèvements puisque nous arrivons à confirmer à travers ces échantillons si la grippe est confirmée ou non et toutes infections respiratoires d'origine autre que la grippe. Cela dit, nous mesurons l'impact du poids de la grippe au sein de la communauté qu'on surveille.
Il y a des années où le virus de la grippe est particulièrement agressif. Comment expliquer ce phénomène ?
Oui, et cette agressivité on peut la regarder de deux sortes, soit parmi la population, c'est-à-dire celle qui est infectée, ou de la caractéristique intrinsèque des virus grippaux. Nous savons, par exemple, que le virus du sous type H3N2 est très agressif. Il y a 3 virus saisonniers qui circulent chez l'homme, le virus A(H1N1) , A(H3N2) et le virus du type (B). L'an dernier, par exemple, on a eu exclusivement le type (B) et il n'est pas très connu pour être un virus très varié et causer beaucoup de dégâts ou de morbidité élevée, par contre le virus (H3N2) qui circule actuellement est très agressif chez les sujets âgés. Il peut provoquer des conséquences néfastes, notamment chez les sujets fragiles qui ont des pathologies sous-jacentes, donc il est fondamental que nous ayons une confirmation virologique du laboratoire sur la nature du diagnostic de ce prélèvement. Chose qui est très bien faite par le réseau de la grippe lequel effectue des prélèvements et qui enregistre une forte demande de prélèvements au fur et à mesure qu'on rentre réellement dans la saison froide.
La vaccination chez la femme enceinte est fortement recommandée, d'ailleurs une étude récente menée par des chercheurs au Danemark montrent que les femmes ayant été atteintes par la grippe au cours de leur grossesse auraient deux fois plus de risques d'avoir un enfant autiste. Qu'en est-il au juste ?
En l'état actuel des choses, il n'y a pas de certitude pour que l'enfant développe cette pathologie, cependant ce dont nous sommes certains est que la femme qui contracte une grippe pendant sa grosses a un risque élevé pour elle et pour la vie du fœtus. Il y a un risque également qu'elle contamine son enfant à la naissance, or le problème qui se pose est qu'on n'a pas d'arme préventive contre la grippe chez le nourrisson parce qu'on sait que la vaccination ne fonctionne pas bien avant 6 mois, donc cette infection poserait des problèmes au nouveau-né. En tout état de cause, on sait maintenant que lorsqu'on vaccine une femme enceinte on diminue l'incidence ou la probabilité d'une infection grippale qui peut être néfaste pour la mère et son enfant. Ainsi, la vaccination anti-grippale est fortement recommandée en l'occurrence chez la femme enceinte.
Peut-il y avoir des effets secondaires suite au vaccin anti grippal ?
En général, nous avons un bon recul et cela fait plus d'une vingtaine d'années qu'on utilise les vaccins anti-grippaux. On sait qu'il y a des effets secondaires mais ils demeurent mineurs. Ils vont d'une rougeur au point d'une inoculation ou un petit état fébrile, mais il est extrêmement rare de voir des complications graves suite à cette vaccination.
Peut-on connaître la couverture vaccinale des Algériens ?
Pour nous, actuellement, ce qui serait souhaitable de faire c'est d'abord une enquête sérologique nationale pour savoir est-ce que réellement cette vaccination apporte une protection au niveau de la population, cela est extrêmement important. A la lumière de cette étude, on peut fixer un seuil de protection chez la population et regarder quelle couverture vaccinale existe vraiment chez nous car aujourd'hui, on ne connaît pas encore ce taux. Pour cela, il faut une remontée du terrain pour observer cela. Effectivement, comparativement à d'autres pays africains, on est sur une bonne posture par rapport au nombre de doses de vaccin anti-grippale qu'on utilise. Ce n'est pas parfait mais c'est une protection de 30 à 40 % ce qui est déjà pas mal. Seulement, on ne sait pas est-ce que cette vaccination répond aux critères par population à risque. C'est-à-dire est-ce que le chiffre de ces 50 ou 70% des sujets âgés de plus de 65 ans, objectif à atteindre, est réellement celui du terrain ? Est-ce qu'en outre, par exemple, la recommandation chez la femme enceinte est réellement réalisée sur le terrain ? ça c'est un travail qui reste à faire et qui est très important pour pouvoir s'impliquer réellement dans la campagne de vaccination de la grippe.
Comment faites-vous vos prévisions pour l'acquisition de ces vaccins anti-grippaux ?
Selon les données universelles, il y a des objectifs à atteindre. On sait maintenant que l'objectif de l'OMS à l'horizon 2015 est d'atteindre 75% des sujets à risques. On sait aussi que peu de pays ont atteint ce chiffre comme, par exemple, la Grande-Bretagne ou la Hollande ; par conséquent, l'objectif est clair c'est 75% de couverture des personnes à risque à vacciner pour avoir un niveau de protection satisfaisant. Il faut entendre par là les personnes âgées de plus de 65 ans présentant une pathologie sous-jacente dont il faut vacciner 75% d'entre elles, ce qui représente, selon les données de l'Office national des statistiques, 1 million 800 mille, chiffre sous toute réserve que je donne de mémoire. Le même travail doit être fait pour connaître le nombre d'enfants à risque présentant une pathologie sous-jacente dont il faut couvrir 75%. La sommation de ces chiffres obtenus donnera alors l'objectif à atteindre.
La grippe est une épidémie, peut-elle prendre la forme d'une pandémie ?
Absolument, en 2009 on a vu qu'après la fin d'une épidémie caractéristique en janvier-février 2009, en juin un nouveau virus a «éclaté» et provoqué une pandémie que tout le monde connaît . Toujours est-il que les scientifiques s'attendent à un cycle de résurgence de 5 à 10 ans. Et en s'attend qu'un autre virus resurgisse dans les années à venir.
Sommes-nous préparés à faire face à une pandémie de grippe ?
Le virus de 2009 nous a permis de savoir qu'elles sont nos capacités de riposte avec toutes les insuffisances et là il faut se préparer réellement, et on ne peut faire une pandémie qu'on étant bien préparés pour la grippe saisonnière. Parce que la mortalité par grippe saisonnière est nettement plus importante que par la grippe pandémique. D'ailleurs, 500.000 à 1 million de décès par grippe saisonnière sont enregistrés annuellement. Il est donc clair que la grippe saisonnière tue plus de gens et c'est pour cela que si on arrive à maîtriser la surveillance de la grippe saisonnière en matière de virologie, épidémiologie et vaccination, il y aura un moindre impact en cas de pandémie.
Peut-on connaître le taux de mortalité imputé à la grippe dans notre pays ?
Dans tous les pays on surveille la grippe d'une manière très concrète. Il existe des réseaux qui surveillent la grippe dans la population et qui apprécient la morbidité générale due à la grippe et l'impact du fardeau de la grippe dans la population mais à côté de cela, vous avez un réseau de surveillance des infections virales respiratoires sévères, structure située généralement au niveau des urgences des hôpitaux (parce qu'une grippe qui va aux urgences de l'hôpital est une grippe sévère). Ce réseau de surveillance de ces infections sévères donnera une indication sur la mortalité imputable à la grippe. On sait qu'en 2009, on a eu 4 décès mais je pense que c'est nettement inférieur à la réalité. On n'est presque sûr qu'il y a une mortalité due à la grippe ; c'est inévitable car elle tue les personnes qui sont immunodéprimées et infectées. On ne pourrait avoir des chiffres fiables qu'à partir du moment où on mettra en place un réseau tel que celui du GROG.
Avez-vous un message à transmettre à ceux qui sont encore réticents à la vaccination contre la grippe saisonnière ?
Oui, le message à adresser est que la grippe n'est pas une infection banale. Il est important de savoir que c'est une infection virale qui peut tuer. Elle fait appel au civisme, c'est-à-dire qu'il faut qu'il y ait des mesures d'hygiène générales parce qu'on sait maintenant que s'il y a une bonne observance, comme le lavage des mains, on arrive à diminuer de moitié la fréquence de la transmission de la grippe et cela en tous lieux (milieu professionnel, à la maison, au restaurant, à l'école... ) Tout le monde doit être conscient que ces mesures aident à diminuer la grippe. Le deuxième point est qu'il ne faut pas hésiter devant une grippe particulièrement si on a déjà une pathologie alors la consultation est impérative. De façon générale, comme on l'a dit, la grippe est une infection qui n'est pas banale mais peut être prévenue par un geste simple qu'est la vaccination.
En tout état de cause, la vaccination permet d'éviter la mort et de sauvegarder les deniers publics.
*Fawzi Derrar, directeur
du Laboratoire national de la grippe
à l'Institut pasteur d'Algérie.
Midi Libre : Quels sont les objectifs du Groupe régional d'observation de la grippe (GROG) ?
Dr Fawzi Derrar : A travers le réseau d'observation de la grippe, nous essayons de caractériser l'amplitude de l'infection grippale d'une manière générale au sein de la population. Ce réseau est très important à plusieurs titres, notamment sur le plan de la représentativité de la surveillance qui est bien caractérisée géographiquement et même sur la population médicale qui regroupe à peu près 1,5% ; ceci est le premier point. Le deuxième point important est relatif aux prélèvements puisque nous arrivons à confirmer à travers ces échantillons si la grippe est confirmée ou non et toutes infections respiratoires d'origine autre que la grippe. Cela dit, nous mesurons l'impact du poids de la grippe au sein de la communauté qu'on surveille.
Il y a des années où le virus de la grippe est particulièrement agressif. Comment expliquer ce phénomène ?
Oui, et cette agressivité on peut la regarder de deux sortes, soit parmi la population, c'est-à-dire celle qui est infectée, ou de la caractéristique intrinsèque des virus grippaux. Nous savons, par exemple, que le virus du sous type H3N2 est très agressif. Il y a 3 virus saisonniers qui circulent chez l'homme, le virus A(H1N1) , A(H3N2) et le virus du type (B). L'an dernier, par exemple, on a eu exclusivement le type (B) et il n'est pas très connu pour être un virus très varié et causer beaucoup de dégâts ou de morbidité élevée, par contre le virus (H3N2) qui circule actuellement est très agressif chez les sujets âgés. Il peut provoquer des conséquences néfastes, notamment chez les sujets fragiles qui ont des pathologies sous-jacentes, donc il est fondamental que nous ayons une confirmation virologique du laboratoire sur la nature du diagnostic de ce prélèvement. Chose qui est très bien faite par le réseau de la grippe lequel effectue des prélèvements et qui enregistre une forte demande de prélèvements au fur et à mesure qu'on rentre réellement dans la saison froide.
La vaccination chez la femme enceinte est fortement recommandée, d'ailleurs une étude récente menée par des chercheurs au Danemark montrent que les femmes ayant été atteintes par la grippe au cours de leur grossesse auraient deux fois plus de risques d'avoir un enfant autiste. Qu'en est-il au juste ?
En l'état actuel des choses, il n'y a pas de certitude pour que l'enfant développe cette pathologie, cependant ce dont nous sommes certains est que la femme qui contracte une grippe pendant sa grosses a un risque élevé pour elle et pour la vie du fœtus. Il y a un risque également qu'elle contamine son enfant à la naissance, or le problème qui se pose est qu'on n'a pas d'arme préventive contre la grippe chez le nourrisson parce qu'on sait que la vaccination ne fonctionne pas bien avant 6 mois, donc cette infection poserait des problèmes au nouveau-né. En tout état de cause, on sait maintenant que lorsqu'on vaccine une femme enceinte on diminue l'incidence ou la probabilité d'une infection grippale qui peut être néfaste pour la mère et son enfant. Ainsi, la vaccination anti-grippale est fortement recommandée en l'occurrence chez la femme enceinte.
Peut-il y avoir des effets secondaires suite au vaccin anti grippal ?
En général, nous avons un bon recul et cela fait plus d'une vingtaine d'années qu'on utilise les vaccins anti-grippaux. On sait qu'il y a des effets secondaires mais ils demeurent mineurs. Ils vont d'une rougeur au point d'une inoculation ou un petit état fébrile, mais il est extrêmement rare de voir des complications graves suite à cette vaccination.
Peut-on connaître la couverture vaccinale des Algériens ?
Pour nous, actuellement, ce qui serait souhaitable de faire c'est d'abord une enquête sérologique nationale pour savoir est-ce que réellement cette vaccination apporte une protection au niveau de la population, cela est extrêmement important. A la lumière de cette étude, on peut fixer un seuil de protection chez la population et regarder quelle couverture vaccinale existe vraiment chez nous car aujourd'hui, on ne connaît pas encore ce taux. Pour cela, il faut une remontée du terrain pour observer cela. Effectivement, comparativement à d'autres pays africains, on est sur une bonne posture par rapport au nombre de doses de vaccin anti-grippale qu'on utilise. Ce n'est pas parfait mais c'est une protection de 30 à 40 % ce qui est déjà pas mal. Seulement, on ne sait pas est-ce que cette vaccination répond aux critères par population à risque. C'est-à-dire est-ce que le chiffre de ces 50 ou 70% des sujets âgés de plus de 65 ans, objectif à atteindre, est réellement celui du terrain ? Est-ce qu'en outre, par exemple, la recommandation chez la femme enceinte est réellement réalisée sur le terrain ? ça c'est un travail qui reste à faire et qui est très important pour pouvoir s'impliquer réellement dans la campagne de vaccination de la grippe.
Comment faites-vous vos prévisions pour l'acquisition de ces vaccins anti-grippaux ?
Selon les données universelles, il y a des objectifs à atteindre. On sait maintenant que l'objectif de l'OMS à l'horizon 2015 est d'atteindre 75% des sujets à risques. On sait aussi que peu de pays ont atteint ce chiffre comme, par exemple, la Grande-Bretagne ou la Hollande ; par conséquent, l'objectif est clair c'est 75% de couverture des personnes à risque à vacciner pour avoir un niveau de protection satisfaisant. Il faut entendre par là les personnes âgées de plus de 65 ans présentant une pathologie sous-jacente dont il faut vacciner 75% d'entre elles, ce qui représente, selon les données de l'Office national des statistiques, 1 million 800 mille, chiffre sous toute réserve que je donne de mémoire. Le même travail doit être fait pour connaître le nombre d'enfants à risque présentant une pathologie sous-jacente dont il faut couvrir 75%. La sommation de ces chiffres obtenus donnera alors l'objectif à atteindre.
La grippe est une épidémie, peut-elle prendre la forme d'une pandémie ?
Absolument, en 2009 on a vu qu'après la fin d'une épidémie caractéristique en janvier-février 2009, en juin un nouveau virus a «éclaté» et provoqué une pandémie que tout le monde connaît . Toujours est-il que les scientifiques s'attendent à un cycle de résurgence de 5 à 10 ans. Et en s'attend qu'un autre virus resurgisse dans les années à venir.
Sommes-nous préparés à faire face à une pandémie de grippe ?
Le virus de 2009 nous a permis de savoir qu'elles sont nos capacités de riposte avec toutes les insuffisances et là il faut se préparer réellement, et on ne peut faire une pandémie qu'on étant bien préparés pour la grippe saisonnière. Parce que la mortalité par grippe saisonnière est nettement plus importante que par la grippe pandémique. D'ailleurs, 500.000 à 1 million de décès par grippe saisonnière sont enregistrés annuellement. Il est donc clair que la grippe saisonnière tue plus de gens et c'est pour cela que si on arrive à maîtriser la surveillance de la grippe saisonnière en matière de virologie, épidémiologie et vaccination, il y aura un moindre impact en cas de pandémie.
Peut-on connaître le taux de mortalité imputé à la grippe dans notre pays ?
Dans tous les pays on surveille la grippe d'une manière très concrète. Il existe des réseaux qui surveillent la grippe dans la population et qui apprécient la morbidité générale due à la grippe et l'impact du fardeau de la grippe dans la population mais à côté de cela, vous avez un réseau de surveillance des infections virales respiratoires sévères, structure située généralement au niveau des urgences des hôpitaux (parce qu'une grippe qui va aux urgences de l'hôpital est une grippe sévère). Ce réseau de surveillance de ces infections sévères donnera une indication sur la mortalité imputable à la grippe. On sait qu'en 2009, on a eu 4 décès mais je pense que c'est nettement inférieur à la réalité. On n'est presque sûr qu'il y a une mortalité due à la grippe ; c'est inévitable car elle tue les personnes qui sont immunodéprimées et infectées. On ne pourrait avoir des chiffres fiables qu'à partir du moment où on mettra en place un réseau tel que celui du GROG.
Avez-vous un message à transmettre à ceux qui sont encore réticents à la vaccination contre la grippe saisonnière ?
Oui, le message à adresser est que la grippe n'est pas une infection banale. Il est important de savoir que c'est une infection virale qui peut tuer. Elle fait appel au civisme, c'est-à-dire qu'il faut qu'il y ait des mesures d'hygiène générales parce qu'on sait maintenant que s'il y a une bonne observance, comme le lavage des mains, on arrive à diminuer de moitié la fréquence de la transmission de la grippe et cela en tous lieux (milieu professionnel, à la maison, au restaurant, à l'école... ) Tout le monde doit être conscient que ces mesures aident à diminuer la grippe. Le deuxième point est qu'il ne faut pas hésiter devant une grippe particulièrement si on a déjà une pathologie alors la consultation est impérative. De façon générale, comme on l'a dit, la grippe est une infection qui n'est pas banale mais peut être prévenue par un geste simple qu'est la vaccination.
En tout état de cause, la vaccination permet d'éviter la mort et de sauvegarder les deniers publics.
*Fawzi Derrar, directeur
du Laboratoire national de la grippe
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