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Le film qui réconcilie l'Amérique avec son histoire
Un majordome noir au service de présidents blancs
Publié dans Le Midi Libre le 16 - 09 - 2013

Barack Obama a versé sa larme. Il l'a admis le 27 août, après avoir vu Le majordome, qui domine le box-office américain. Il faut dire que ce majordome est noir et que, de 1952 à 1986, il a servi 8 numéros un américains.
Barack Obama a versé sa larme. Il l'a admis le 27 août, après avoir vu Le majordome, qui domine le box-office américain. Il faut dire que ce majordome est noir et que, de 1952 à 1986, il a servi 8 numéros un américains.
Ces larmes présidentielles sont le raccord parfait pour un film qui s'achève, début 2009, sur la visite - imaginaire - de Forest Whitaker à la Maison-Blanche, reçu par un certain Barack Obama qui reste hors champ. La boucle est bouclée. L'histoire peu banale de ce Noir, pilier de la Maison-Blanche, a surgi peu avant l'élection d'Obama.
A la recherche d'un employé de couleur qui aurait hanté les lieux, le Washington Post dégotte la perle rare, Eugene Allen. Il a 90 ans et des états de service impeccables, qui lui ont valu le respect de tous ses patrons. Les droits de l'article sont achetés par le cinéma et tout le gratin African American se précipite : la reine de la télé Oprah Winfrey joue l'épouse d'Allen, mais on croise aussi Lenny Kravitz, Cuba Gooding Jr, Terrence Howard...
En face, Eisenhower, Kennedy, Johnson, Nixon, Reagan sont respectivement incarnés par Robin Williams, James Marsden, Liev Schreiber, John Cusack, Alan Rickman, avec, en bonus, Jane Fonda dans le rôle de Nancy Reagan.
Allen ne voit rien. N'écoute rien. Il sert, un point, c'est tout. Insuffisant pour faire un film, fussiez-vous dans les coulisses du pouvoir. Alors, le réalisateur, Lee Daniels (Precious), y a greffé un divorce père-fils susceptible de faire pleurer dans les chaumières et, surtout, de revisiter en parallèle l'histoire de la conquête des droits civiques.
Pendant que le père, parti de la fange où croupissaient les "Niggers", joue, le doigt sur la couture, au bon Noir, qu'on aime bien s'il reste à sa place, son fils aîné, qui le méprise, proteste à Little Rock, prend un "bus de la liberté", côtoie Martin Luther King, Malcolm X, se fait emprisonner, tandis que le fils cadet part se faire tuer au Vietnam.
Deux générations de Noirs, deux manières aussi d'être noir. En choisissant l'impeccable Whitaker pour interpréter le père, Daniels, cinéaste militant qui voudrait être le Spike Lee des années 2010, exprime sa tendresse pour un personnage qui, à cette époque, ne pouvait agir autrement, mais on devine que son admiration va aux enfants et aux combattants qui ont préparé la voie à un Obama.
Il y a vingt ans, Forrest Gump traversait fictivement le siècle. Daniels reprend ce procédé pour le fils, tandis que le père, lui, a vraiment été un Forrest Gump en livrée, témoin silencieux de l'histoire des Noirs et de leur lutte finalement encouragée dans le bureau Ovale — Eisenhower, Kennedy et Johnson recevant quelques bons points.
On pourra reprocher à ce Majordome des lourdeurs et des raccourcis historiques. Mais on ne peut lui dénier sa force et son ampleur. En s'engouffrant derrière le poisson-pilote Allen, il raconte les cinquante dernières années des Etats-Unis selon le point de vue des Noirs. En montrant aussi que la Maison-Blanche a soutenu la cause des Noirs, il réconcilie l'Amérique avec son histoire et suggère l'importance des présidents et de leur action. De fait, il offre le film officiel de l'ère Obama, lequel rêve de reconquérir un électorat noir passablement déçu.
Ces larmes présidentielles sont le raccord parfait pour un film qui s'achève, début 2009, sur la visite - imaginaire - de Forest Whitaker à la Maison-Blanche, reçu par un certain Barack Obama qui reste hors champ. La boucle est bouclée. L'histoire peu banale de ce Noir, pilier de la Maison-Blanche, a surgi peu avant l'élection d'Obama.
A la recherche d'un employé de couleur qui aurait hanté les lieux, le Washington Post dégotte la perle rare, Eugene Allen. Il a 90 ans et des états de service impeccables, qui lui ont valu le respect de tous ses patrons. Les droits de l'article sont achetés par le cinéma et tout le gratin African American se précipite : la reine de la télé Oprah Winfrey joue l'épouse d'Allen, mais on croise aussi Lenny Kravitz, Cuba Gooding Jr, Terrence Howard...
En face, Eisenhower, Kennedy, Johnson, Nixon, Reagan sont respectivement incarnés par Robin Williams, James Marsden, Liev Schreiber, John Cusack, Alan Rickman, avec, en bonus, Jane Fonda dans le rôle de Nancy Reagan.
Allen ne voit rien. N'écoute rien. Il sert, un point, c'est tout. Insuffisant pour faire un film, fussiez-vous dans les coulisses du pouvoir. Alors, le réalisateur, Lee Daniels (Precious), y a greffé un divorce père-fils susceptible de faire pleurer dans les chaumières et, surtout, de revisiter en parallèle l'histoire de la conquête des droits civiques.
Pendant que le père, parti de la fange où croupissaient les "Niggers", joue, le doigt sur la couture, au bon Noir, qu'on aime bien s'il reste à sa place, son fils aîné, qui le méprise, proteste à Little Rock, prend un "bus de la liberté", côtoie Martin Luther King, Malcolm X, se fait emprisonner, tandis que le fils cadet part se faire tuer au Vietnam.
Deux générations de Noirs, deux manières aussi d'être noir. En choisissant l'impeccable Whitaker pour interpréter le père, Daniels, cinéaste militant qui voudrait être le Spike Lee des années 2010, exprime sa tendresse pour un personnage qui, à cette époque, ne pouvait agir autrement, mais on devine que son admiration va aux enfants et aux combattants qui ont préparé la voie à un Obama.
Il y a vingt ans, Forrest Gump traversait fictivement le siècle. Daniels reprend ce procédé pour le fils, tandis que le père, lui, a vraiment été un Forrest Gump en livrée, témoin silencieux de l'histoire des Noirs et de leur lutte finalement encouragée dans le bureau Ovale — Eisenhower, Kennedy et Johnson recevant quelques bons points.
On pourra reprocher à ce Majordome des lourdeurs et des raccourcis historiques. Mais on ne peut lui dénier sa force et son ampleur. En s'engouffrant derrière le poisson-pilote Allen, il raconte les cinquante dernières années des Etats-Unis selon le point de vue des Noirs. En montrant aussi que la Maison-Blanche a soutenu la cause des Noirs, il réconcilie l'Amérique avec son histoire et suggère l'importance des présidents et de leur action. De fait, il offre le film officiel de l'ère Obama, lequel rêve de reconquérir un électorat noir passablement déçu.


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