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HISTOIRES D'EAU
Ya radjel ! Ya mra !
Publié dans Le Midi Libre le 27 - 12 - 2007

La soudaine coupure d'eau avait rallumé de douloureux souvenirs chez Messaoud et Aicha. Ces coupures sont devenues tellement rares qu'ils avaient perdu l'habitude de s'y préparer pour parer aux désagréments qu'elles causaient. Avec cela, ils habitent si près du château d'eau qu'ils se sont toujours sentis en sécurité de ce côté-là. «C'est la preuve qu'il y a eu quand même des progrès dans le pays !» s'écrie Messaoud devant l'attitude révoltée de Aicha qui n'acceptait pas cette inconfortable situation d'autant plus qu'une insoutenable odeur nauséabonde montait des caves à travers les réseaux d'aération. Et Aicha ne cessait de hocher la tête en observant la théorie d'enfants qui faisait la chaîne devant «le domicile» du gardien de parking qui avait squatté la cave.
«Tu parles d'un progrès !» lança Aïcha. «Regarde ! Le gardien dont les enfants nous cassent les oreilles à longueur d'année, est mieux loti que nous : non seulement il habite à l'œil, il est branché clandestinement au réseau hydraulique mais encore il reçoit de l'eau 24 heures sur 24 et il se permet de narguer les autres locataires en de pareilles occasions. Vise tous les salamalecs qu'ils lui font !
— Mais quand même il faut reconnaître c'est mieux qu'avant : rappelle-toi ! En 1983, quand nous habitions la fameuse Cité CNEP de Chevalley, celle des premiers épargnants à avoir bénéficié d'un logement. La coupure d'eau avait duré 70 jours en raison du mauvais état des conduites qui étaient pourtant les plus récentes du coin : l'entreprise qui les avait réalisées était certainement domiciliée à Taïwan ! Les services de la wilaya avaient exigé de chacune des 600 familles un apport de 10.000 dinars. Les malheureux copropriétaires avaient menacé de sortir avec femmes et enfants pour crier à l'injustice pour la simple raison qu'à côté, on n'exige rien de ceux qui habitent les luxueuses villas et qui reçoivent de l'eau H24!
En face, à la cité Gai Soleil, c'était pire : pendant plus d'une décennie les familles ont payé un lourd tribut pour résoudre les problèmes d'eau : combien d'enfants avec leurs bidons ont été renversés par des véhicules en traversant une route dangereuse parce que très passante. Tout cela pour aller quémander quelques litres d'eau aux villas cossues d'en face ! On dirait que ces riches sont branchés sur un réseau spécial. Toujours l'éternelle histoire de premier et de deuxième collège ! Et pourtant, les factures salées sont les mêmes !
— Ils peuvent quand même avertir avant, quand la coupure est inévitable !
Ici, c'est radio trottoir qui fonctionne le mieux ! Mais estime-toi heureuse : je connais des villages là-haut sur la montagne, où les habitants connaissent le problème d'eau toute l'année et, pour beaucoup, pendant toute une vie : une grande partie de l'emploi du temps des femmes et des fillettes est consacrée à faire la navette entre la fontaine et la maison. Alors qu'ici, il te suffit d'ouvrir le robinet… Contentons-nous de nous plaindre des coupures de lait en sachets ou de patate à bon marché !»
La soudaine coupure d'eau avait rallumé de douloureux souvenirs chez Messaoud et Aicha. Ces coupures sont devenues tellement rares qu'ils avaient perdu l'habitude de s'y préparer pour parer aux désagréments qu'elles causaient. Avec cela, ils habitent si près du château d'eau qu'ils se sont toujours sentis en sécurité de ce côté-là. «C'est la preuve qu'il y a eu quand même des progrès dans le pays !» s'écrie Messaoud devant l'attitude révoltée de Aicha qui n'acceptait pas cette inconfortable situation d'autant plus qu'une insoutenable odeur nauséabonde montait des caves à travers les réseaux d'aération. Et Aicha ne cessait de hocher la tête en observant la théorie d'enfants qui faisait la chaîne devant «le domicile» du gardien de parking qui avait squatté la cave.
«Tu parles d'un progrès !» lança Aïcha. «Regarde ! Le gardien dont les enfants nous cassent les oreilles à longueur d'année, est mieux loti que nous : non seulement il habite à l'œil, il est branché clandestinement au réseau hydraulique mais encore il reçoit de l'eau 24 heures sur 24 et il se permet de narguer les autres locataires en de pareilles occasions. Vise tous les salamalecs qu'ils lui font !
— Mais quand même il faut reconnaître c'est mieux qu'avant : rappelle-toi ! En 1983, quand nous habitions la fameuse Cité CNEP de Chevalley, celle des premiers épargnants à avoir bénéficié d'un logement. La coupure d'eau avait duré 70 jours en raison du mauvais état des conduites qui étaient pourtant les plus récentes du coin : l'entreprise qui les avait réalisées était certainement domiciliée à Taïwan ! Les services de la wilaya avaient exigé de chacune des 600 familles un apport de 10.000 dinars. Les malheureux copropriétaires avaient menacé de sortir avec femmes et enfants pour crier à l'injustice pour la simple raison qu'à côté, on n'exige rien de ceux qui habitent les luxueuses villas et qui reçoivent de l'eau H24!
En face, à la cité Gai Soleil, c'était pire : pendant plus d'une décennie les familles ont payé un lourd tribut pour résoudre les problèmes d'eau : combien d'enfants avec leurs bidons ont été renversés par des véhicules en traversant une route dangereuse parce que très passante. Tout cela pour aller quémander quelques litres d'eau aux villas cossues d'en face ! On dirait que ces riches sont branchés sur un réseau spécial. Toujours l'éternelle histoire de premier et de deuxième collège ! Et pourtant, les factures salées sont les mêmes !
— Ils peuvent quand même avertir avant, quand la coupure est inévitable !
Ici, c'est radio trottoir qui fonctionne le mieux ! Mais estime-toi heureuse : je connais des villages là-haut sur la montagne, où les habitants connaissent le problème d'eau toute l'année et, pour beaucoup, pendant toute une vie : une grande partie de l'emploi du temps des femmes et des fillettes est consacrée à faire la navette entre la fontaine et la maison. Alors qu'ici, il te suffit d'ouvrir le robinet… Contentons-nous de nous plaindre des coupures de lait en sachets ou de patate à bon marché !»


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