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Pépé Fly-Tox et sa théorie politique
Publié dans Le Soir d'Algérie le 23 - 12 - 2018

Je ne sais pas pourquoi, soudain, je me suis souvenu de mon glorieux bisaïeul, préposé à la lutte contre les insectes pendant les guerres anciennes, Pépé Fly-Tox sur la route quand, encore une fois, le carrosse tomba en panne. Où donc ? Et quand ? En rase campagne, vois-tu. S'agissant de guerrier, ça ne peut être qu'à la campagne, allons !
Le fait est qu'il n'y avait pas l'ombre d'un fût ou d'une pompe à des lieues à la ronde ! Rien que de la plaine, de la morne plaine ! Rien que du plat et des mirages et de l'ennui. Et, de surcroît, à la fin de l'année ! Alors que l'autre, là, dans sa hotte impérialiste et satanique, il paraît qu'il a plein d'idées cadeaux ! On s'en tape, de ses cadeaux comme de sa hotte !
En panne, vraiment ? Oh que oui ! Une histoire de réservoir tari, de prix du carburant qui grimpe plus vite que la voiture sur les pentes raides du pouvoir d'achat. Drôle de bazar, ce pouvoir d'achat, ça dit tout et ça ne dit rien !
Et, par conséquent, encore une histoire d'Opep, et d'autres considérations dans ce goût-là. Tu vois, même une panne sèche te ramène à la politique, que tu fuis traîtreusement ! Au final, c'est encore une question de fric, voilà tout ! L'oseille, on le sait, ce n'est pas que le nerf de la guerre, c'est aussi celui de la crise.
Et alors ? Eh bien, il faut y aller quand même ! Un pas devant l'autre, comme un grand ! La longue marche de Mao elle-même a commencé comme ça, comme une promenade bucolique, un pas, puis un autre, et encore un, pendant…12 000 kilomètres. Un mot puis un autre, un silence, un point, une virgule, et carburant ou pas, réservoir complètement vide ou pas, syntaxe ou six taxes, il faut rouler et au pas, mon vieux !
Que fais-tu quand tu te trouves en rade de sujet, ce qui, entre nous, et fâcheusement, arrive de plus en plus fréquemment ? Tu peux dire pouce et passer ton tour comme un planqué, mais ce n'est pas une bonne idée ? Tu peux recuire un vieux morceau de choix, tu peux plagier Sa Majesté des Mouches de William Golding, tiens, mais ce n'est pas une bonne idée non plus.
Il ne reste que ce commandement : débrouille-toi ! C'est ton boulot ! Ton job ! Ta mission ! Ton sacerdoce ! Ton tour de garde ! Ton quart de guet ! Ou, à défaut, laisse la place à un quelconque Jean Nouvel, qui saura, lui, s'occuper de tes Casbah décrépites !
Mais alors, quoi ? Entre le sexe des anges et la théorie du genre chez les démons, tu as une palette infinie de guimauve à partir de quoi tu peux tartiner les mille et une nuances de ton infantilisme. Promets juste que tu ne causes pas politique en interne, car là, ça craint et puis tu n'as pas les aérosols assez puissants pour ça ! Vraiment ! Allez, vas-y, fais-toi plaisir, cogne ! Tu peux taper sans relâche sur Trump ou sur Macron. A tire-larigot, tu emboutis le roi de l'Ouest jusqu'à ce que tu en deviennes sourd. Et des tas d'autres ! En interne, tu as du mou, même si ton choix est limité. Tu peux radiner Saâdani, étriller Ould-Abbès, moquer Makri, damner Belkhadem, pagayer Ouyahia...
Mais pour le reste, wallou ! Tu n'as pas l'héroïsme lilial de ton illustre bisaïeul, le ci-devant Pépé Fly-Tox, toi ! Tu n'es pas le preux pulvérisateur de la théorie et de la pugnacité politique avançant en terrassant ses adversaires qui, sous la vaporisation atomique des arguments, tombent comme s'il s'agissait de mouches.
Et puis, toi et tes semblables, c'est connu, vous poltronnez d'abondance dans votre petit cercle parfait d'urée qui délimite le contour de votre vision étriquée et timorée de la patrie. L'histoire future vous a rétroactivement déjà condamnés ! Plus qu'en vrille, le temps fiche le camp en spirale ! Le serpent ne cessera jamais de se mordre la queue !
Ne vous cassez pas la tête, mes potes. Je m'adresse là aux correcteurs. Je les vois d'ici feuilleter précautionneusement le Larousse ou double-cliquer avec délicatesse sur le Wiktionnaire pour vérifier si ce fichu verbe — «poltronner» — qu'il nous sort là existe. Non, il n'existe pas. Poltronner : ça n'existe pas. Mais comme le disait un écrivain algérien à qui un correcteur faisait remarquer qu'un mot utilisé par lui ne figurait dans aucun dictionnaire, «eh bien, à partir d'aujourd'hui, il existe». Nous sommes the best !
En rade... Pourtant, les sujets foisonnent, les références aussi, les motifs d'espoir itou… Une page blanche est toujours un blanc-seing pour les autres, ceux qui... Tout cela, c'est du vrai de vrai, de l'authentique, du dur comme du Robespierre…
Je préfère, de loin, la prose bionique de mon bisaïeul, chantée par les bardes des montagnes, feu Pépé Fly-Tox et ses effluves de vaillance auto-suggérée. Sa théorie politique… La vie est un combat ! Comme tu dis, Fly-Tox !
En théorie, à la fin de l'année, on fait des trucs du genre les meilleurs moments de l'année qui vient de s'écouler, ou les pires, ou les plus insipides, ou les plus tristes. Ou les femmes ou les hommes de l'année, et il y en a. On ne reste pas à patiner au niveau de Pépé Fly-Tox et sa théorie politique.
Lui au moins, Pépé, il savait où il fallait aller, et il sait toujours, du reste, puisqu'en fait, il paraît qu'il est réincarné dans quelqu'un qui lui ressemble comme deux sous ressemblent à leur matrice de faux-monnayeur. J'aurais dû le laisser croupir dans son sommeil du faux, Pépé Fly-Tox, et passer mon tour ou recuire un extrait de Sa Majesté les Mouches de Golding. Une pensée pour Djamel Allem, qui nous a quittés cette année 2018. Quant aux bons vœux pour 2019, je les ferai la semaine prochaine. Et après, je me plonge promis-juré dans la biographie de Pépé Fly-Tox et sa théorie politique tue-mouche. J'espère que les correcteurs déchiffreront mes pattes de mouche.
A. M.


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