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Beethoven et le couscous électoral
Publié dans Le Soir d'Algérie le 10 - 02 - 2019

Tu ne sais plus par quoi commencer tant la semaine est chargée et un brin dispersée ! Tiens, vois le menu : il est à la fois copieux et léger. Légumes à la vapeur ? Poissons ? Viandes ? Végétarien ? Végétalien ? Comme tu veux… Après un bouillon géopolitique, le couscous va être inscrit au patrimoine immatériel de l'humanité par l'Unesco. Nos bonnes vieilles graines séparées de l'ivraie enfin reconnues, c'est le festin ! Au final, les pays du Maghreb ont fini par savoir et pouvoir faire cause commune pour introduire la demande.
En 2016, l'Algérie proclama son intention de faire inscrire le raï (va savoir waâllach !) et le couscous au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. Ce fut OK pour le raï. Pour le couscous, ça coinça ! C'est que le Maroc aussi introduisit une demande similaire. Au fond, il appartient à qui, le couscous ? Deux ans plus tard, début de réponse. La demande est conjointe de plusieurs pays de la région. On se réjouit qu'à défaut du Maghreb des peuples, on ait au moins celui du couscous !
Semaine chargée par là aussi. Tiens, mate un peu le ketch-up électoral qui pimente la tambouille de notre quotidien. Il ressemble de moins en moins à la harissa nationale ou, au moins, régionale. On devrait faire inscrire la harissa aussi au patrimoine de l'Unesco ! Ça fera de l'animation !
En attendant, obligé de faire des commentaires… sérieux. Franchement, peut-on dire de la prochaine présidentielle qu'elle n'a rien de différent des précédentes depuis 1999 ? Sûr ! Le seul changement est dans le back-stage. Ce ne sont plus les mêmes mecs qui tiennent les machines. Le procédé est identique mais, et c'est vrai, les acteurs, une partie du moins, et le nom des figurants, ne sont plus les mêmes. Du coup, ils arrivent à nous faire croire qu'il y a du nouveau et du neuf ! Tu parles !
Pour éprouver cette assertion, virée dans les archives ! Etant au cinquième mandat consécutif, il y a du champ, mon frère. Voilà ce qui s'était écrit dans cette chronique à la veille du 4e mandat en 2014 : «S'il se présentait même sur un grabat, il serait élu, ça ne fait pas un pli. Alors, le lièvre ? Sans doute cela vient-il de l'ambition légèrement mégalomaniaque d'individus pour qui la politique n'est pas une question de rapport de force, de conflits d'intérêts et de constructions de consensus entre êtres et forces rationnels, comme l'analysait déjà Aristote, mais quelque chose de métaphysique, où une forme de messianisme désigne les impétrants. J'y suis parce que c'est écrit, voilà tout ! Mon destin, qui me dépasse, me commande de... On connaît la chanson. Elle était déjà démodée il y a quelques millénaires.»
Rien à changer. Ou presque. Pas une ligne. Ou presque.
Ah oui, ceci à compléter: la plupart des soutiens d'Ali Ghediri commencent leur profession de foi par rappeler qu'ils ont toujours été contre l'immixtion de l'armée dans les affaires politiques mais, la situation étant ce qu'elle est, etc, etc. Bon, on verra bien ! Peut-être qu'ils ont raison, au fond !
Semaine chargée aux antipodes itou. Tiens, jette un œil du côté de Caracas. Il se prépare un nouveau Chili, un coup de force tel que celui que la CIA a commis contre le gouvernement socialiste démocratiquement élu de Salvator Allende en 1973. On sait que l'hyperpuissance drivée par Trump ne supporterait pas qu'on ne soit pas dans la ligne. Ça déglutit ! Et voilà que les démocraties avancées font les gorges chaudes au nom de la… démocratie. Quand il n'est pas d'accord, mon neveu supporter du Barça qui ne supporte pas qu'on reconnaisse qu'il peut y avoir de bons footballeurs ailleurs, utilise cette expression de galérien à l'envers : «C'est du n'importe quoi, ça !»
Eh bien, oui, je te l'emprunte, mon neveu : c'est du n'importe quoi.
Le seul problème, c'est qu'en 1973, il y avait le camp socialiste et les idées révolutionnaires de résistance avaient quelques sanctuaires dans le monde. Aujourd'hui ? C'est tout le problème.
Semaine chargée sous toutes les latitudes. Tu es obligé de papillonner pour ne pas te laisser engluer par le truc obsessionnel. Les élections ? Ghediri, qui connaît des ralliements de plus en plus nombreux ? Le retour des éléphants ? Et j'en passe… Et puis, comme un accord de musique qui flotte au-dessus du remugle, voilà le 250e anniversaire de Beethoven.
Un type qui sortait de l'ordinaire, ce Ludwig. Prolixe avec ses 172 œuvres dont 9 symphonies et 8 concertos. Frappé de surdité à l'âge de 27 ans, il pensa mettre fin à ses jours. Mais il resta parmi les vivants et continua à composer et à faire de la musique, dans des sons plus graves, pour faire un pied-de-nez à la mort. Un résistant qui a su transformer le pire handicap pour un musicien, la surdité, en atout pour aller plus loin. Son apport strictement artistique est considérable. L'écrivain français Romain Rolland disait de lui : «Il est bien davantage que le premier des musiciens. Il est la force la plus héroïque de l'art moderne.»
C'est super quand ca finit en musique. Couscous et musique !
A. M.
P. S. : affligé par le décès de Hamid Farhi, coordinateur du MDS, mort de la maladie qui ronge l'hôpital public en Algérie. Tout ou presque a été dit sur lui, et tous ces hommages, il les mérite, et il mérite même davantage. Ceci à ajouter peut-être : j'admire en lui le type entier qui tenait encore à agir en homme de gauche en une époque où ça paraît décalé. Ce sont des hommes comme lui qui insufflent l'espoir. Merci Hamid ! Mes condoléances les plus sincères aux tiens. Tu seras toujours dans nos parages !


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