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Pitié pour l'Algérie
Publié dans Le Soir d'Algérie le 20 - 03 - 2019

La crise est là, désormais. Les Algériens le savent très bien. Il n'y a pas à en douter, du tout. Il faut maintenant qu'on se bouge le popotin pour aller vers le dénouement. L'Algérie est en crise : le coupable est connu de tous ; il s'agit bel et bien de nos gouvernants qui, depuis 1962, ont quelque part privatisé tout ce qui est en dessus et en dessous de cette terre. L'Algérie officielle le sait, le reconnaît et l'avoue. Mais elle ne semble pas vouloir, de bon gré, lâcher l'affaire. L'habitude est une seconde nature ; il n'est pas aisé du jour au lendemain de remettre les clés de la maison Algérie. Le peuple le sait, également. Qui n'est pas près de renoncer à sa liberté. Ce ne sera pas simple, du tout. Car le pouvoir fait encore de la résistance ; il louvoie ; il tergiverse ; il dribble ; il feinte ; il ruse ; et tente d'utiliser les arguments de la rue. C'est de bonne guerre, dirais-je.
Du chapeau du prestidigitateur, l'Algérie officielle tire de sa retraite (dorée, j'imagine) un vieux diplomate (je dis ça sans sectarisme) de 85 ans (c'est lui-même qui a donné son âge), Lakhdar Brahimi (pour le nommer), qui vient raisonner l'Algérie populaire. Pour ce faire, il utilise un langage d'un grand-père racontant un conte à ses petits-enfants, usant d'un accent d'un Bédouin moyen-oriental (pourquoi diantre l'Algérien fait toujours dans le mimétisme ?). Dès lors, il met en avant sa longue expérience ici, en Algérie, et, ailleurs, à travers le monde. Pour être dans le tempo, il reconnaît à voix haute, un sourire au coin, que le peuple a raison de demander un changement radical. Une deuxième république. L'alternance. Enfin, tous les ingrédients d'une démocratie réelle. Mieux encore, il reconnaît à voix haute que l'Algérie officielle a raté des tournants historiques, à commencer par la grande anarchie de 1962. Voilà, comme notre bon Brahimi n'a pas dit grand-chose lors de ces tournants historiques, je lui dis simplement qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire, même au crépuscule d'une vie. Je veux juste lui rappeler, respectueusement, que je ne me rappelle pas qu'il ait dit (ou pris position, lui, l'éclairé) un mot lors de la grande blessure d'Octobre 1988, ni lors du massacre du Printemps noir de Kabylie. Je ne jette pas la pierre à notre diplomate ; je veux lui faire certains rappels, pour qu'il arrête d'insulter notre intelligence.
Aujourd'hui que l'Algérie populaire refuse d'abdiquer face à ce mépris de l'Algérie officielle, Lakhdar Brahimi prend le train de la bonne direction. Mais il n'a pas pu s'empêcher de prodiguer des conseils, connus de tous, notamment de l'Ancêtre de Tajemaât, les répétant à l'envi. « Mettons-nous autour d'une table et parlons ! » Parler de quoi, monsieur Brahimi ? Et avec qui ? Avec les tenants de l'actuel système ? La ficelle est grosse, me semble-t-il. Il y a crocodile sous roche à l'oued El-Harrach. Toutes les couches sociales algériennes crient, à se coincer le tympan, que le système, tout le système, doit partir, rien de moins. Que le mandat s'arrête le 28 avril. Et ce n'est pas du nihilisme que de dire ça ! Les ténors du nihilisme ont mené l'Algérie, dérives après dérives, à ce marécage sans fin. Que l'Algérie est en faillite. Que l'Algérien est désespéré. Que la haine de soi est une constante nationale. Que la corruption bat son plein. Que la bureaucratie dicte sa loi. La liste est longue, monsieur Brahimi. Et vous le savez, mieux que quiconque ! S'il faut une Algérie nouvelle, il faut des Algériens nouveaux pour la mener à bon port. Puisque vous êtes l'ami du Président, vous auriez dû lui conseiller de renoncer, de lâcher prise, de partir tout simplement. Au bout de son mandat, bien sûr ! Surtout, ne me parlez pas de légalité, de Constitution, et tout le toutim. L'Algérie populaire a vu comment la Constitution a été malmenée, depuis 1962. Vous savez ça, aussi.
Revenons maintenant à votre présence en Algérie. Ou votre retour. Si j'ai bien compris, vous ne vivez pas ici. C'est votre droit, totalement. Même si le pouvoir vous envoie un avion pour vous ramener, ce qui n'est pas votre droit, mais ça peut se faire. Puis, je vous croie, quand vous prétendez le contraire. Sincèrement, je vous crois. Comme il est de votre droit de venir voir ce qui se passe chez nous (je vous inclus dans le « nous »), quand ça va très mal, comme depuis quelques semaines. Ce qui me gêne, c'est que vous le faites comme un officiel, alors que vous ne l'êtes plus depuis 1993, année de votre retraite. Là, je suis gêné ; vous me gênez. Pardonnez-moi, monsieur Brahimi, je vous parle le langage de la sincérité et de la bonne foi. Je n'ai pas encore vu les médias publics (télé et radios) ouvrir leurs micros à l'opposition. Ou au peuple. Vous, par contre, vous avez ce privilège. Mais en vertu de quoi, monsieur Brahimi ? De votre âge ? De votre longue expérience ? De votre proximité amicale avec le Président ? Convenez avec moi qu'il doit bien y avoir d'autres Algériens qui peuvent, eux aussi, prétendre à vos facilités de communication officielle pour défendre les volontés de l'Algérie populaire. Je vous ai écouté à la télé. Je vous ai suivi à la radio. Vous recevez les uns et les autres. C'est bien ! Mais au nom de quoi ? Au nom de qui ? Là, je vous conseille d'aller à la place Audin (c'est au centre d'Alger) rencontrer le peuple. L'écouter. Lui expliquer le schmilblick du quatrième mandat prolongé. Vous n'êtes pas là pour conduire la fameuse conférence nationale, dites-vous. J'en doute fort ! Vous agissez comme si vous l'êtes déjà. Mieux encore, vous l'êtes aux yeux de l'Algérie officielle.
Puis, en bon toubib que vous n'êtes pas, vous vendez à l'Algérie populaire un Président inaudible, certes, ayant perdu sa locomotion ; mais qui a récupéré toutes ses facultés. Pour les bras, ça peut aller, dites-vous. Vous insistez néanmoins pour dire que vous n'êtes pas médecin. Donc, vous n'avez aucune compétence pour juger de l'aptitude d'un grand malade, n'est-ce pas ? Je dis « grand malade », parce que le Président se fait soigner, tantôt en France, tantôt en Suisse. Pas à l'hôpital Mustapha. Ni à l'hôpital militaire d'Aïn Naâdja. Si je vous suis bien, vous tentez de vendre à l'Algérie populaire un quatrième mandat prolongé. Puisque le Président dispose de toutes ses facultés. Puis, selon la formule d'un célèbre patron de parti, « le Président gère avec sa tête, pas avec les pieds». Oui, cette formule restera dans les annales de l'histoire de ce pays. Pour moins que ça, un toubib algérien (celui de la Cnas) aurait signé un certificat médical signifiant un CLD, c'est-à-dire un « congé de longue durée ». Et la reprise du travail ne pourra se faire qu'après avis d'un spécialiste. Je me fais comprendre, j'espère. C'est ça le schmilblick ! Aussi, au lieu de tenter de convaincre l'Algérie populaire, il faut par contre retourner votre sagesse et votre longue expérience à l'adresse de votre ami. Ou de ceux qui, justement, tissent le schmilblick. Là, je vous aurais applaudi. Et l'Histoire retiendra votre nom dans la liste des « Justes ». Comme le nom de monsieur Boudiaf, le bien nommé !
Je voulais, dans cet espace de parole, revenir sur la nomination de Bedoui Noureddine, de ses premiers pas en qualité de Premier ministre et de ses sorties publiques. Un ratage ! J'en parlerai, certainement, la prochaine fois, si la situation n'évolue pas vers le pire, à Dieu ne plaise ! En attendant que ce système comprenne qu'il a fait son temps, tout son temps, je dis à tous : « Pitié pour l'Algérie ! »
Y. M.


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