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L'appel de la terre natale à ses enfants martyrs de la liberté
Après 170 ans d'oubli
Publié dans Le Soir d'Algérie le 04 - 07 - 2020

Au début du siècle dernier, le centenaire de la colonisation française en Algérie était célébré avec un faste, où l'arrogance se mêlait au mépris de l'indigène. Pis, comme une réponse définitive aux velléités des multiples soulèvements populaires contre l'occupation par le feu et le sang. Ad vitam æternam ! Grosse erreur puisque le combat libérateur ne cessera jamais.
Ils ont pour noms El-Mokrani et son frère Boumezrag, Bouamama et bien d'autres leaders d'insurrections populaires. Ils écriront de leur sang la longue histoire de l'Algérie pour l'indépendance, contredisant l'historiographie coloniale. Hier, vendredi 3 juillet, marque le 58e anniversaire de la reconquête de la souveraineté nationale spoliée par une colonisation des plus sanguinaires que l'humanité ait connue.
On est bien loin des 1,5 million de martyrs parlant de la Guerre de libération, puisque le président Abdelmadjid Tebboune ne manquera pas, lui, de révéler devant l'opinion que le nombre serait bien plus important, c'est-à-dire près de 5,5 millions d'Algériens qui ont péri du fait de la colonisation française. L'absence de réaction des officiels français est révélatrice de cette culpabilité cachée. Est-ce que cela marque une évolution dans la pensée politique outre Méditerranée sur le sujet ? Le jeune président français, Emmanuel Macron, veut se déterminer par rapport aux tenants de l'Algérie française parlant des affres qu'a fait subir la colonisation française. Il s'engagera, le 6 décembre 2017, à restituer les restes de 24 chefs de la résistance algérienne et leurs compagnons. Après 170 ans ! Du reste, Abdelmadjid Tebboune en avait fait sa priorité répondant aux vœux des chercheurs algériens qui ont donné l'alerte après leur découverte dans un musée «d'histoire naturelle» à Paris dans les sous-sols réservés aux ethnies ! La conquête de la vérité est désormais lancée, elle est d'une importance vitale pour la construction du récit historique dont elle est un pan de l'identité nationale.
Néanmoins, il reste beaucoup à faire dans ce domaine car il ne faut pas oublier tous ces héros anonymes de la lutte pour notre liberté. Le locataire du palais d'El-Mouradia, connu pour ses accents de nationaliste pur et dur, le promet. Le travail de mémoire semble ainsi bien engagé, il est ainsi question du lancement d'une chaîne de télévision dédiée à l'histoire de l'Algérie et l'institution d'une Journée de la mémoire, le 8 mai de chaque année. D'autre part, il est utile de noter que des négociations sont menées depuis plusieurs mois avec les autorités françaises pour le rapatriement d'archives, la mise en place d'une équipe pluridisciplinaire pour l'écriture de l'Histoire de l'Algérie à enseigner dans les écoles loin des attitudes partisanes idéologiques ou religieuses, ce qui est du reste évoqué dans les débats en cours sur la nouvelle Constitution. Par ailleurs, il est grand temps d'engager la réalisation de films sur ces prestigieuses épopées de résistances populaires à l'image du film sur Bouamama. On attend toujours celui digne de la renommée mondiale de l'Emir Abdelkader. Autre dossier qui déterminera la «bonne santé» des relations algéro-françaises est la reconnaissance par la France des crimes contre l'humanité commis durant la colonisation, une revendication qui fait polémique mais gageons que l'idée fait son chemin et parviendra sans doute à apaiser les passions. 1830-2020, Cheikh Boubegra (1854), Cheikh Bouziane (1849-fusillé puis décapité) et bien d'autres valeureux combattants de la liberté rejoignent enfin la terre natale. Le cérémonial mis en place à l'aéroport international d'Alger est une juste reconnaissance de tous leurs sacrifices devant lesquels l'on se sent si petit. Demain, dimanche 5 juillet, les restes mortuaires seront mis en terre au Carré des martyrs d'El-Alia aux côtés d'autres chouhada. Tout un symbole. Leurs descendants feront leur deuil. Le processus de récupération des restes de biens d'autres résistants qui ont fait l'histoire de l'Algérie est donc bien engagé parce que nous pensons aux exilés de la Nouvelle-Calédonie, de Cayenne. Nous pensons également à nos artistes morts et enterrés loin de chez eux en dehors de leur volonté. Pierre angulaire des relations entre la France et l'Algérie, il est vrai que cet événement appartient aussi bien aux uns qu'aux autres. Verra-t-on pour autant présent un officiel français à la cérémonie d'El-Alia ?
Brahim Taouchichet


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