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L'indigne commerce de l'oxygène
Sur les réseaux sociaux
Publié dans Le Soir d'Algérie le 01 - 08 - 2021

La pénurie d'oxygène enregistrée dans plusieurs établissements sanitaires ainsi que la mauvaise distribution de ce produit vital, plus que nécessaire pour les malades atteints de la Covid-19 en détresse respiratoire, ont conduit les proches des malades à chercher les bouteilles et les concentrateurs d'oxygène ailleurs que sur le circuit habituel. Parce que d'après la version officielle, il n'y a pas de pénurie d'oxygène mais il s'agit plutôt de soucis de distribution et de logistique.
Leila Zaimi - Alger (Le Soir) - Pour acheter de l'oxygène et sauver ses proches en détresse respiratoire ou tout simplement anticiper les crises, il n'y a pas de meilleur espace que les réseaux sociaux, notamment Facebook. Le commerce de l'oxygène, en effet, a pris de l'ampleur dernièrement, aussi bien dans le monde réel que virtuel. Des publications et annonces sur la location, la vente ou l'achat de cet élément indispensable à la réanimation marquent le fil d'actualité des facebookiens en ce moment.
Facebook est devenu donc l'espace par excellence de cris de détresse et d'appels à l'aide. Nombreux sont ceux qui postent des publications du genre : «les amis svp urgent. J'ai besoin d'une bouteille d'oxygène remplie ou pas peu importe, svp» ou encore : «urgent, où je peux trouver des concentrateurs d'oxygène ? Où nous pourrions remplir des bouteilles vides ? C'est pour mon père qui est dans un état critique». Les commentaires sont généralement des adresses de commerçants vendeurs de bouteilles d'oxygène ou d'associations caritatives. À noter que beaucoup de numéros sont injoignables.
Les posts sur l'offre d'oxygène existent mais ils sont rares. Les publications que nous avons trouvées, à ce propos, dictent les étapes à suivre pour avoir de l'oxygène, produit rare et cher pour les Algériens. En réalité, pour louer ou remplir des bouteilles d'oxygène, il y a toute une démarche et des procédures à respecter. Il y a même un dossier à fournir (ordonnance, extrait de naissance, carte d'identité nationale, et résidence du malade. Sans oublier la carte d'identité nationale de celui qui va prendre la bouteille). Pour acheminer la bouteille et la transporter aux malades, il y a également toute une formalité. « Après avoir déposé le dossier et payé les frais, il faut se déplacer au niveau de la brigade de gendarmerie pour avoir une autorisation de circulation des bouteilles, le fournisseur va vous fournir un document. Il faudra également présenter la carte grise et la pièce d'identité du malade et du transporteur pour remplir ladite autorisation (pas la peine de déposer un dossier)», nous fait savoir l'un des vendeurs d'oxygène. Quant aux horaires, le remplissage se fait 24h/24 et le dépôt des dossiers jusqu'à 16h.
Des détails sur les prix des bouteilles et des concentrateurs d'oxygène, (pour une bouteille de 50 l maximum): chez Linde Gas, cette dernière est cédée à 27 000 DA dont 20 000 pour caution de la bouteille. Pour la recharge des bouteilles, Linde Gas : 1 440 DA. Aurès gaz, 2 000 DA. Les concentrateurs de 5 l sont cédés à 2 850 DA. 10 l à 4 900 DA. La location est à 300 DA/semaine. Avec possibilité de vente par facilité.
Il existe plusieurs capacités pour les bouteilles et des prix différents. Il est important de savoir que pour recharger la bouteille, il faut toujours présenter l'autorisation de circulation ainsi que le code client (remis par le fournisseur). Il est attribué au maximum 3 bouteilles par client, pas plus.
Sur Facebook, par ailleurs, on incite même à la fabrication individuelle des bouteilles d'oxygène par les étudiants en électronique. «Au lieu d'acheter à 70 000 DA une bouteille au marché noir, réunissez 50 000 DA et fabriquez artisanalement votre oxygène à 10 ou 20 bouteilles/jour.
L'opération est très simple. Un étudiant en électronique, en première année même, peut le faire. Faites attention aux flammes, ne fumez pas auprès du système», a écrit une universitaire sur sa page Facebook.
La spéculation autour des bouteilles d'oxygène, le sale business
«La bouteille d'oxygène de 16 litres, dont le prix ne dépassait pas les 40 000 dinars, serait actuellement cédée à 70 000 DA par certains.» «Le prix du concentrateur d'oxygène a triplé, passant de 60 000 dinars à 180 000 dinars, en quelques semaines seulement. Sa location est de 20 000 DA par mois.»
Sur les prix des bouteilles et des concentrateurs d'oxygène qui flambent et la spéculation de certains commerçants profiteurs, les malades et leurs familles s'insurgent face à ce comportement jugé «indigne» et «inhumain». «La spéculation autour des appareils à oxygène est scandaleuse» ; «Terrible la spéculation sur l'oxygène sur le dos des malades», postent les internautes. Pour eux, lorsqu'il s'agit d'une question d'urgence, c'est-à-dire de vie ou de mort, toutes les règles et les habitudes du marché doivent normalement changer. «Des situations exceptionnelles nécessitent des mesures exceptionnelles», pensent-ils. Il est important de faire appel à son humanité avant tout, estiment-ils. Les citoyens regrettent, entre autres, le fait d'être laissés à la merci des spéculateurs qui n'ont ni foi ni loi. Face à cette pratique indigne, plusieurs voix s'élèvent sur les plateformes des réseaux sociaux, pour stopper immédiatement le nouveau marché des bouteilles d'oxygène, qualifié de «business de la honte». «Une mobilisation coordonnée autour de l'oxygène, dont il faut absolument dénoncer la spéculation organisée par des entreprises privées et la gestion bureaucratique scandaleuse par les opérateurs publics. Un grand nombre de vies humaines aurait pu être épargné si nous avions suffisamment d'oxygène. Les spéculateurs n'ont ni dignité, ni civisme, ni charité », dénonce l'un des comités de la société civile.
L. Z.


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