M. Bouamama préside une réunion de travail avec des responsables de sites d'information électroniques agréés    Les conseils de la Protection civile    Alger, une ville fantôme dans un changement climatique    Alerte à la tempête de vent en Algérie !    Quand la mosquée devient... une salle de gymnastique douce    Continuités historiques de la violence d'Etat racialisée    Des appels pour éviter une tragédie    El Qods-occupée : Plusieurs magasins saccagés et pillés par les forces sionistes    JSK : Le défenseur Hamza Mouali prêté à la JS Saoura    L'Algérie renaît et frappe fort face à l'Angola    Ligue 2 amateur : Chérif Hadjar nouvel entraîneur du RC Kouba    Remise de prix aux cinq meilleurs incubateurs à l'échelle nationale    Pour des relations apaisées entre l'Algérie et la France et pour le renforcement de la coopération Algérie-Europe    Une satisfaction exceptionnelle a été enregistrée à Khenchela    Conférence dédiée au parcours des martyrs Didouche Mourad et Rabah Ramdane    L'Algérie remporte trois sièges pour la session 2026-2028    Quand le malouf devenait une voix de résistance    Interférences étrangères et déstabilisation de la région sahélienne    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



SLIMANE BENA�SSA :
�Il n�y a pas de th��tre sans po�sie�
Publié dans Le Soir d'Algérie le 27 - 08 - 2011


Interview r�alis�e par Tayeb Bouamar
Slimane Bena�ssa, com�dien, auteur et metteur en sc�ne, n�a rien perdu de sa verve. En d�pit de l�exil, des al�as et des vicissitudes du m�tier de toutes sortes, il est rest� �gal � lui-m�me. Son regard sur la soci�t� est d�une lucidit� implacable. Le verbe alerte et corrosif, il est rest� pareil � son personnage, Boualem Zid El-Goudam, un artiste convaincu et d�un humanisme � fleur de peau. Il parle ici de son itin�raire, de ses �uvres et du discours social f�d�rateur du peuple. Confidences d�un com�dien-po�te.
Le Soir d�Alg�rie : Vous allez vous produire ce soir sur la sc�ne du Th��tre r�gional Kateb-Yacine de Tizi-Ouzou. Quel effet cela vous fait ?
Slimane Bena�ssa : C�est un grand plaisir de repasser � Tizi- Ouzou. Il y a un lien entre le public tizi-ouz�en et moi depuis tr�s longtemps. En plus c�est le th��tre Kateb-Yacine du nom d�un compagnon et d�un complice. �tre � Tizi ne se justifie pas, c�est l��vidence m�me.
Votre pi�ce Babor Aghraqa �t� mont�e � Tizi ; elle a eu un succ�s rarement �gal�...
Babor Aghraq, comme vous le dites, a eu un impact culturel certain, impact tel qu�on en demande � une pi�ce de th��tre exceptionnelle pour des raisons historiques. Nous �tions au rendez-vous de l�attente du public, l�histoire de l��poque fut singuli�re, notre �volution dans le m�tier aussi. Le succ�s de Babor Aghraq est un tout. Ce fut l�aboutissement de l�exp�rience de 10 ans de pratique th��trale. Les circonstances dans lesquelles elle a �t� jou�e furent exceptionnelles. Quand on dit dans notre spectacle : Ana, jeedi, c�est le citoyen qui se d�finit face au pouvoir. Le plus subversif ce n��tait pas de d�fendre tamazight mais plut�t l�affirmation de soi face � tout.
Puis ce fut l�exil durant les ann�es 1990, comment avez-vous avez-vous v�cu �a ?
Dans Babor aghraq, j�avais d�j� annonc� le 5 Octobre. Par la suite Rak khouya ou ana chkoune ?a essay� d�expliquer toutes ces raisons. Pourquoi on est arriv� � cette situation. La d�marche est compl�tement invers�e. Nous avions grandi dans le th��tre, mais nous voil� face � une nouvelle �preuve, face au parti unique qui avait subtilis� les espoirs n�s du 5 Octobre tout en faisant semblant d�accepter l�ouverture. Ce que le pouvoir a consenti � ouvrir, d�autres essayaient de le fermer.
Il y a eu aussi Au-del� du voile, une version en fran�ais de Rak khouya ou ana chkoune. A-t-elle connu la diffusion n�cessaire ?
La pi�ce a b�n�fici� d�une tourn�e europ�enne et jusqu�� avril dernier, elle se jouait encore. Elle a �t� tr�s bien accueillie ; la composante franco-maghr�bine a eu du plaisir � se produire. Vous savez, la confirmation en exil est dure, le probl�me est : que faire ? On ne choisit pas l�exil, c�est un fait accompli surtout dans le domaine artistique. Il faut se reconstruire totalement face � une autre r�alit� tout en gardant sa propre continuit� et rester soi-m�me. Ceux qui ont r�ussi, ce sont ceux qui sont rest�s eux-m�mes. D�autres ont �t� fourvoy�s par les m�dias comme s�ils �taient des artistes de l�bas. L�universalit� elle-m�me d�marre de quelque part, chacun a sa dimension universelle. Nous sommes tous humains, mais avec des cultures diff�rentes, c�est tout.
Slimane Bena�ssa c�est surtout la verve populaire... Est-ce que vous vous situez dans un th��tre des po�tes ?
Il n�y a point de th��tre sans po�sie. La litt�rature d�une pi�ce de th��tre est imparfaite si elle ne reproduit pas le discours du quotidien. C�est une litt�rature au sens propre. Il se trouve que l�arabe dialectal, celui du peuple, est une langue plus accessible. Il a besoin d��tre investi par la cr�ation. Nous cr�ateurs avons besoin d�une langue riche pour dire tout ce qu�on a � dire. Notre position est telle qu�il faut cr�er une langue pour cr�er un th��tre.
A propos, votre dernier spectacle El-Mouja wallat emprunte au barde et au r�cit un verbe certain, est-ce cela le couronnement de tout un acte de dire ?
Nous vivons une �poque o� le public a besoin d�une vraie parole qui se dise dans la grandeur et dans l�enthousiasme qu�il faut. Aujourd�hui, on souffre du manque d�une parole sociale. Il n�y a pas de discours social qui puisse unifier ce peuple d�o� la sensation du vide, El-Mouja wallat n�est ni plus ni moins que ce discours f�d�rateur � travers la m�moire collective . Voil� ce que nous sommes, voil� ce qu�on a v�cu, tout cela sans tricherie mais avec une justesse au sens juridique et au sens politique du terme. D�o� cet imp�ratif de la construction de soi. On peut �tre d�accord ou pas, le probl�me c�est de se dire : je suis �a ou je ne suis pas �a . El- Mouja wallat cl�ture un th��tre, une recherche identitaire, la construction identitaire dans des circonstances politiques dangereuses. Trouver un lien entre un p�re d�g�n�r� et une jeunesse perdue, c�est compliqu�. Par le pass� la n�gation identitaire �tait par rapport au colonisateur, de l�ext�rieur pour notre g�n�ration c�est interne. Prenez Frantz Fanon, lui, oui. En 1953 d�j�, il disait des choses extraordinaires et explosives. Nous avons �t� dirig�s par des enfants du peuple r�el. Un dirigeant qui a peur du peuple sait tr�s bien d�o� il vient. Les angoisses de nos gouvernants sont des angoiss�s authentiques face au peuple. Un PDG fait son boulot, un point c�est tout. Un roi est form� pour �tre un roi. Un dirigeant n�est pas analphab�te par son niveau scolaire mais par son ignorance � diriger. Il faut lui conc�der que le r�gime tel qu�il est organis� ne l�aide pas, mais plut�t lui complique la t�che.
Revenons � l��criture, la mode aujourd�hui est aux �reprises� et aux �r��critures� du coup peu de cr�ateurs ont droit de cit�. Qu�en pensezvous ?
L�Alg�rie a capitalis� une exp�rience notoire, malheureusement tout cela n�a pas �t� transmis aux jeunes g�n�rations. Il y a eu une rupture violente. On ne s�improvise pas auteur ou metteur en sc�ne. Il y a des �coles. Cela s�apprend. Il faut fructifier les exp�riences de Alloula ou Kateb. Ce n�est pas simple de tout inventer. On peut dire la m�me chose de la chanson cha�bi, on n�a pas pass� le relais aux jeunes et pourtant le legs d�El-Anka � titre d�exemple est immense. C�est comme si apr�s la d�cennie noire on voulait tout d�marrer � z�ro. Mais o� va-t-on ? Un bon th��tre r�sout des probl�mes, un mauvais th��tre provoque des d�g�ts, th��traliser une soci�t� peut �tre th�rapeutique comme il peut �tre d�primant.
Votre c�l�bre tirade vous colle toujours � la peau, l��coute est parfois telle que votre public fait abstraction du reste du spectacle. Qu�en dites-vous ?
Au th��tre, je ne suis pas dans un d�cor. J�opte pour l��l�ment dont j�ai besoin pour pendre la parole, construire des choses qui puissent para�tre �videntes m�me si elles sont d�une abstraction terrible, si ce n�est pas �vident, croyez-moi le public ne marche pas.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.