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Enquête-Témoignages
Merci, un petit mot et du baume au cœur
Publié dans Le Soir d'Algérie le 25 - 10 - 2014

«Tiens une banane. Dis merci !» Nous avons tous eu droit à cet apprentissage, dès notre tendre enfance. Que ce soit à l'épicier du coin ou au boulanger, nous le disons de façon naturelle. Mais pour notre entourage familial : mari, épouse, sœur, mère ou autres proches, cela est-il spontané ?
On pense le dire souvent, mais le fait-on vraiment ?
Nawel A., 31 ans, responsable commercial :
«Je dis merci naturellement. En y réfléchissant, c'est pratiquement un réflexe. Je pense que cela fait plaisir aux gens d'être gratifiés, même si c'est leur travail. Je considère que c'est, d'une part, valorisant et, d'autre part, une marque de politesse. Et cela est valable que ce soit pour mes proches, dans le milieu professionnel ou encore avec des étrangers. Pour moi merci et au revoir sont deux mots qui reviennent fréquemment dans mon langage. Je pense qu'il s'agit d'un savoir-vivre. Par contre, dans certains cas, je le dis par ironie pour montrer mon mécontentement.»
Yasmina M., 24 ans, avocate :
«Oh oui ! je dis merci surtout aux personnes effectuant un travail difficile et éreintant, comme les serveurs. C'est pour valoriser leur travail. Je me mets à leur place et je me dis qu'ils ont besoin d'être encouragés dans leur boulot pour qu'ils le poursuivent et qu'ils le fassent bien. Je pense que c'est surtout par politesse. Par contre, dans certains cas, je ne remercie pas lorsque je suis mal servie ou mal accueillie. Avec mes collègues, ce n'est pas systématique. Chacun fait son travail sauf lorsqu'il s'agit d'une faveur personnelle. Dans mon entourage familial, je remercie souvent ma mère ou mes sœurs. Je le dis pour montrer mon affection ou bien encore lorsqu'elles me rendent service ou me déchargent d'une corvée. Et dans certaines situations, après une petite dispute, pour enterrer la hache de guerre.»
Anissa Z, 23 ans, étudiante :
«Je dis beaucoup merci. Je suis fille unique et je sens le poids des corvées ménagères. Donc, je remercie souvent ma mère car je ne peux pas la décharger des besognes. Etant étudiante en pharmacie, les cours sont assez chargés, je suis donc souvent absente de la maison. Je pense que je la remercie sans cesse parce que j'ai un sentiment de culpabilité de ne pouvoir la soulager plus fréquemment. Ceci dit, j'ai gardé la même attitude dans le milieu professionnel, en l'occurrence à l'hôpital où je suis stagiaire. Je sais que je dois être encadrée et que les employés ont l'obligation de le faire. Pourtant, lorsqu'ils m'aident et me donnent des conseils, je me sens dans l'obligation de les remercier même si dans certains cas, il n'y a pas lieu de le faire.»
Malek S., 30 ans, employé
«Pour être honnête avec vous, je ne me suis jamais posé la question. Mais à y réfléchir, je suis peu fier de vous dire que je suis plutôt parmi ceux qui n'ont pas le réflexe de dire merci. Les seules fois où je me rappelle avoir remercié une personne c'est lorsque celle-ci me rend vraiment un grand service du type priorité lors d'un rendez-vous à l'hôpital, récupérer son permis de conduire tout en m'évitant la commission... Voilà, c'est surtout quand il s'agit d'intérêt personnel. Pour la famille, par exemple ma mère ou ma sœur, j'ai le défaut de croire qu'elles me sont redevables. Repasser une chemise, servir le café, préparer le bain, c'est pour moi quelque chose de tout à fait normal, donc je ne formule pas de remerciements.»
Saïd Z., 28 ans, commercial :
«Franchement, je ne dis pas merci sauf pour les personnes étrangères. Je les remercie car je veux donner une bonne image de moi. Au sein de ma famille, je ne le dis pas parce que je n'ai pas à prouver quoi que ce soit. Pour ma mère et ma sœur, j'adopte une attitude différente. Je ne leur dis pas merci à tout bout de champ, surtout pour les tâches quotidiennes. Je trouverai cela bizarre. Mais je les remercie lorsqu'elles font quelque chose d'exceptionnel pour moi ; en quelque sorte une surprise telle que laver un pantalon sans que j'aie eu à le demander ou bien encore lorsqu'elles me préparent un repas juste pour moi. Et quand je dis merci, j'aime le faire remarquer, je le dis sur un ton mi-figue, mi-raisin.»
Yacoub L., 58 ans, propriétaire d'auto-école :
«Je ne le dis pratiquement jamais à ma femme et mes filles. Pour moi, cela est tout à fait normal d'être servi. Je considère que cela est pratiquement un dû ou un devoir.Par contre, je les remercie lorsqu'elles me privilégient en me servant devant la télévision par exemple.
Là, je considère qu'elles font un effort uniquement pour moi. En dehors de la cellule familiale, cela dépend des situations. Il arrive que je ne remercie pas un serveur. Cela dépend de l'humeur du moment.»
Chaâbane H., 29 ans, fonctionnaire :
«Je ne dis pratiquement pas merci, du moins ce n'est pas systématique. Pour ma mère, de temps en temps, pour marquer mon affection, en quelque sorte une occasion pour la prendre dans mes bras. Pour ce qui est de ma sœur ou mon épouse, cela n'arrive que très rarement. Je suis jeune marié, et je remercie ma femme à certaines occasions pour me faire pardonner ou en quelque sorte la dorloter. Mais franchement, je trouve cela naturel qu'elle me serve mon café ou lave mon linge, en somme qu'elle s'occupe de moi. Outre mon milieu familial, notamment dans mon environnement professionnel, je n'ai pas à remercier mes collègues. Tout est hiérarchisé, donc chacun fait son travail et personne n'est redevable de quoi que ce soit. Et cela, je pense, m'influence dans ma vie quotidienne. Par exemple, je n'ai pas le réflexe de remercier un serveur, et lorsque je le fais, c'est du bout des lèvres. Après tout, c'est son travail !»
Mohand A., 58 ans, retraité :
« Je le dis systématiquement. Cela est pratiquement un réflexe. Je dis «saha» que ce soit à l'épicier du coin, au marchand de légumes, ou au vendeur de journaux. Je le dis aussi à mon épouse, notamment lorsqu'elle me prépare un plat que j'apprécie. J'aime bien marquer ce point mais pas pour les autres tâches. Dans le milieu professionnel, je le dis aux personnes qui respectent leur travail et qui le font bien. Dans ce cas, je considère que c'est un mérite.»
Fatiha M., 59 ans, femme au foyer :
«Je dis merci et j'exige qu'on me le dise en retour. Avec l'âge, les tâches ménagères que j'effectue sont de plus en plus difficiles pour moi. Donc, j'aime qu'on relève mes efforts. Et dans ce sens, j'apprécie celui des autres, d'où mon réflexe de les remercier. Lorsque mes belles-filles ou ma fille tentent de me soulager des corvées ménagères, ce geste me touche et je le montre.
Pour ce qui est de mon comportement avec mon entourage, je remercie tout le monde et cela va de l'épicier au receveur du bus. Je pense que cela fait partie de la culture algérienne. Dans certains cas, je le dis par ironie, par exemple, aux employés de la mairie lorsqu'ils rechignent à faire leur travail convenablement.»


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