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LES SAUVAGES II DE SABRI LOUATAH
Sous les néons de la civilisation, la barbarie des mœurs présentes
Publié dans Le Soir d'Algérie le 18 - 11 - 2014

Les lecteurs qui ont apprécié Les sauvages I, ouvrage paru chez Chihab éditions en 2013, sont invités à se précipiter sur le tome 2 de la série de quatre romans. Grâce au même éditeur, le livre de Sabri Louatah est enfin disponible dans les rayons des librairies.
Sans aucun doute, les lecteurs algériens retrouveront avec bonheur la prose de Sabri Louatah. Ah ! cette saveur distinctive qui incite à bien réagir et qui les avait mis en attente de la suite de l'œuvre. Quant aux lecteurs qui n'ont pas encore une idée sur le style de ce jeune auteur né en France d'une famille d'origine algérienne, proposons-leur un court extrait. Par exemple ce passage du tome 2 : «Gros momo demanda comment il s'appelait. Le maître ne répondit pas. Djinn vit l'étonnement de son cousin et répondit à la place de son collègue que le pitbull s'appelait Sarko. Parce qu'il roulait des mécaniques, parce qu'il était petit mais teigneux et doté, surtout, d'une intelligence redoutable». Avec un langage surprenant et coloré, Sabri Louatah cultive une sympathique extravagance qui ne s'embarrasse pas de chichis. Fruit d'une fertilisation croisée, ou encore d'une multiculturalité joyeuse, son écriture est un énivrant cocktail. L'identité dans toute sa richesse et sa complexité. Tout y est : la fraîcheur, la fantaisie, la vitalité, la subtile ironie, l'acuité du regard, la tendresse, le rythme, la dimension émotionnelle, l'art de magnifier une histoire qui semble si vraie qu'on a l'impression de lire un reportage... Quant au dialogue des «Sauvages», il ressemble (naturellement) à un dialogue réel. L'auteur sait exactement (comme s'il était éclairé par un heureux instinct) quoi faire dire et comment à chacun de ses personnages. Car il les connaît bien, il sait qui ils sont, d'où ils viennent, quels sont leurs problèmes ou leurs motivations... Inspiré du vécu de sa propre famille, de l'actualité événementielle, des transformations de la société française, de la politique et des coulisses du pouvoir, Sabri Louatah a pu susciter et alimenter une fresque de son temps. De l'ardeur et du souffle, il en fallait. Le lecteur algérien découvre, à son tour (le tome 2 a été édité chez Flammarion en 2012), la suite d'un récit toujours mené tambour battant. Le mécanisme du récit est d'ailleurs si bien huilé (il n'y manque aucun engrenage) que les 460 pages des Sauvages II seront dévorées avec une avidité juvénile. Dès le chapitre 1 intitulé «Sarko assassin», le lecteur apprend à se familiariser avec un nouveau personnage, prémice à une galerie de portraits encore plus riche que dans le premier tome. Cet «Henri Wagner, juge d'instruction au pôle antiterroriste du tribunal de Paris, admirait paisiblement les saints pétrifiés qui veillaient sur la place Saint-Pierre, au Vatican». Pendant ce temps, en France, les banlieues grondent, la police est sur les dents et on s'affaire, en haut lieu, à retrouver les commanditaires de l'attentat contre Idder Chaouch.
Candidat du PS et favori des sondages face à Nicolas Sarkozy, ce dernier avait reçu une balle dans la tête lors d'un bain de foule. C'était le 6 mai 2012, jour du second tour de l'élection présidentielle.
Le candidat d'origine algérienne est dans le coma. Transporté au Val-De-Grâce, il est entre-temps donné vainqueur des élections. Les banlieues s'embrasent au cri de «Sarko assassin !». Krim Nerrouche, le jeune auteur de la tentative d'assassinat, est en garde à vue et «cuisiné» par la police. Son cousin Nazir Nerrouche, personnage caméléonesque et néanmoins vrai cerveau de l'attentat, a filé en Suisse d'où il cherche à rejoindre l'Allemagne. La famille Nerrouche se déchire sur fond de tiraillements et de heurts dans un pays qui semble avoir perdu la boussole : émeutes des banlieues, guerre des polices, tensions religieuses, dérives communautaires, malaise au sommet de l'Etat...
Le récit bouge au gré de l'action des différents personnages, l'auteur installant à chaque fois, autour de l'intrigue, une atmosphère spécifique (tendue, intimiste, «politique»...) mêlant polar et création littéraire. Cela suscite chez le lecteur des impressions qui le plongent totalement dans l'univers des «Sauvages», de sorte qu'il s'accroche au livre sans être perturbé par la pensée de le refermer.Jusqu'à la dernière page, le lecteur est tenu en haleine. A la fin de ce tome 2, il retrouve Krim. Avec lui, il découvre, «dans la cellule étouffante et sans fenêtre où il avait passé les trois dernières nuits, tandis que le jour se levait au dehors et que les yeux de Chaouch s'ouvraient péniblement sur les figures mouvantes du service de réanimation du Val-De-Grâce, une lettre d'Aurélie qui ne contenait que neuf mots : Je pense à toi tout le temps. Aurélie, XXX». Langage encore et toujours hautement émotionnel, car vivant, concret, et d'une intensité dramatique soutenue. 
La prose de Sabri Louatah a quelque chose de physique, elle offre le genre d'aspérités qui appellent à y promener la main, d'abord, à les frotter vite et énergiquement ensuite. Mouvement, vitesse, sensation... Allez, un dernier passage !
Pour la route, pour la suite du voyage dans le prochain épisode du feuilleton. Moment de tendresse charnelle, où la poésie exprime cet inconscient qui brise les inhibitions qui lui sont imposées. 
La lettre que Krim tenait entre les mains avait un parfum de lavande...
«Et ce parfum de lavande que Krim ne savait ni ne saurait jamais décrire, c'était la preuve que la terre continuait de tourner en son absence ; c'était tout l'amour du monde alambiqué dans une poignée d'atomes ; c'était cela, une gouttelette d'espoir, précaire, fugace et dérisoire, et pourtant illuminait tout l'océan irrésistiblement, avec la même stupéfiante rapidité que met la lumière à conquérir le ciel après le règne de la nuit qui semblait, quelques instants plut tôt, devoir se prolonger pour les siècles des siècles.»  
Le lecteur a déjà pris rendez-vous avec le troisième tome de ces «Sauvages» si attachants...
Hocine Tamou
Sabri Louatah, Les Sauvages II, Chihab édition, alger 2014, 460 pages.


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