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CL�TURE DU COLLOQUE INTERNATIONAL SUR LE SOUFISME � TIZI-OUZOU
Plaidoyer pour un islam de tol�rance et de dialogue
Publié dans Le Soir d'Algérie le 20 - 12 - 2008

Plus qu�un panorama du soufisme et de la pens�e soufie, le colloque international sur la chevalerie spirituelle et l�ordre �Rahmani�, qui s�est tenu depuis dimanche dernier � Tizi-Ouzou et qui s�est achev�, tard dans la soir�e de mardi, a retrac� le parcours du mouvement soufi qui a travers� l�espace et le temps, comme en t�moigne la pr�sence des confr�ries soufies, souvent teint�e de sp�cificit�s et de valeurs locales, dans des pays d�Afrique, d�Europe et d�Asie.
Le soufisme, une r�alit� g�opolitique ?
Un voyage dans le pass� et le pr�sent de ces voies qui ont essaim� de par le monde et qui continuent � marquer de leur empreinte la vie spirituelle et socioculturelle de nombreux pays de la plan�te. C�est cet itin�raire au long cours, attestant de la p�rennit� d�un mouvement et d�un esprit, qui permet � l�universitaire marocain, Moncef Abdelhak, d�affirmer que le soufisme peut constituer une r�alit� g�opolitique. De l�Afrique subsaharienne, du Moyen-Orient � l�Afrique du Nord, en passant par l�Europe et jusqu�en Asie, ce mouvement atteste d�une pr�sence qui a r�sist� aux vicissitudes du temps, avec des interconnexions entre ces diff�rentes institutions. Ici et l�, on tente de les r�habiliter, de les invoquer pour faire barrage aux assauts des id�es v�hicul�es par les courants d�inspiration fondamentaliste et r�trograde. Ayant eu ses ma�tres, ses preux chevaliers (Fatas) et ses martyrs c�l�bres, comme Abou Mansour Al Halladj, accus� puis ex�cut� pour h�r�sie, �les premi�res �coles soufies, rappelle Ouiza Galleze, du CNRPAH d�Alger, s��laborent au IXe si�cle � Bassora et � Bagdad en Irak, autour de ma�tres r�put�s comme Hassan Al Basri, Al Hallaj. Individuellement, ils ont pu �laborer des philosophies, des modes ou des mod�les pour concevoir autrement la connaissance, la gnose ou la v�rit�. Ainsi, se r�pandent les Tariqa ou les Murid, � la recherche de l�an�antissement en Dieu, pour la pratique du dhikr�. S�en suit, � travers les �ges, la cr�ation de diverses voies, � travers plusieurs pays du monde musulman. En Alg�rie, l�apparition des premi�res Tariqa remonte au XVIe si�cle. la Qadirya, la Assawiya, la Tidjania, la Darkawiya comptent parmi celles qui ont marqu� l��poque de leur empreinte. �Mais le XVIe si�cle marque et annonce un moment de rupture et de transformation capitale dans le monde musulman�, nous avoue Sadek Bala, de l�universit� de B�ja�a. �On assiste � l��closion du soufisme marqu� par l��mergence de nouvelles voies initiatiques et de ma�tres soufis au Maghreb, qui ont marqu� de leur empreinte l�histoire religieuse et spirituelle du monde musulman�, poursuit le conf�rencier, qui place le fondateur de la �Rahmania�, qui r�pandra son influence en Alg�rie et m�me au-del�, comme en Tunisie, parmi les �lites religieuses qui vont participer � ce renouveau spirituel et � la r�g�n�ration du soufisme.
Une �thique de renoncement, de sublimation de l�amour et de la beaut�
Les causeries et les expos�s scientifiques des chercheurs venus du Maroc, de Tunisie, d�Alg�rie, du S�n�gal, d�Egypte, de France, de Syrie, du Liban, de Turquie, d�Iran, de l�Azerba�djan ou encore de Chine, d�Inde ou d�Albanie, ont montr� que le soufisme est d�abord une �thique et une esth�tique de vie, une invitation � l�amour du beau. Elles ont montr� qu�il y a une place pour un islam �apais�, de tol�rance et de dialogue. L�universitaire palestinien, Mahmoud Djaouda, ram�nera, d�ailleurs, la crise que conna�t le monde musulman � l�interpr�tation biais�e du dogme religieux, d�plorant la confusion entretenue par certains pr�dicateurs et ex�g�tes de l�islam entre �le constant et le variable�. Le constant est ce qui est donn� comme irr�m�diablement accept� et qui ne doit pas �tre soumis au doute et � la d�monstration, � savoir l�existence d�un Dieu unique et omniscient, de son proph�te et la sacralit� du Coran. Le variable est tout ce qui est susceptible d��tre interpr�t� et soumis � l�interpr�tation et � l�ijtihad dans tout ce qui est relatif � la foi et au dogme. Le salut de l��me des musulmans passera par le d�passement de cette confusion, synonyme de d�rives ex�g�tiques, et qui ont �t� dommageables � l�islam. Des d�rives � l�origine de la crise structurelle que traverse le monde musulman, sur fond de violence et de rejet des int�grismes. Pour Mohamed Djawada, l�asc�tisme, le cheminement spirituel et intellectuel des soufis est l�exemple � suivre pour asseoir la paix sociale et jeter les bases d�une soci�t� tol�rante et respectueuse des diff�rences, comme cela a �t� le cas � l��poque o� la civilisation musulmane �tait � son apog�e. Dans �Soufisme et g�n�rosit� de l�homme�, une causerie tout en images et po�sie, Mohamed Ali Adhrachib, de l�universit� de T�h�ran, a montr� comment le soufisme peut faire jaillir les sources de bont�, d�amour, en un mot d�humanisme, qui sommeillent en l�homme, qui sont des valeurs port�es et id�alis�es par les soufis et les �Fatas� (chevaliers). �Les soufis sont des amoureux de la beaut� ; la po�sie, l�esth�tique et tout ce qui est beau dans l�univers constituent le fondement de leur communication avec les autres (...), le Coran est construit sur le mod�le esth�tique de la po�sie qui s�adresse plus � la sensibilit� de l�homme qu�� son esprit�, dira le conf�rencier, dans un commentaire sur l�exp�rience esth�tique et spirituelle du po�te persan Sa�di Al Chirazi, ajoutant, dans le m�me contexte, que l�amoureux ou l�adepte de l�amour est celui qui est capable d�altruisme, de renoncement et qui est capable de se mettre au service des autres hommes. �L�amour peut produire une culture au service de la collectivit� et le d�veloppement de la soci�t� (�). L�amour peut �tre aussi un antidote contre le d�sespoir et le pessimisme et l�abandon de soi qui peuvent �tre des facteurs d�arri�ration culturelle. Il (l�amour) favorise l�accomplissement intellectuel et l��l�vation spirituel de l�homme�, ajoutera le conf�rencier qui nous renvoie aux valeurs profess�es par les humanistes grecs et � l�enseignement des philosophes occidentaux. Il plaidera pour la vulgarisation et l�enseignement de l��ducation artistique et esth�tique. Une dimension abandonn�e et manquant cruellement au sein des soci�t�s musulmanes. �L��ducation de la sensibilit� artistique et esth�tique, par la musique, la litt�rature, l��l�gance vestimentaire participent � l��l�vation et � l�accomplissement moral et spirituel de l�homme�, citant le philosophe Max Schiller, pour qui �l��ducation esth�tique est la base de l��ducation politique�. Le m�me cheminement humaniste a �t� per�u, avec quelques nuances, par Zohra Alieva, de l�Acad�mie des sciences de Bakou, Azerba�djan, � travers l��tude de l�itin�raire de celui que l�universitaire pr�sente comme l�un des plus brillants repr�sentants de la Futuwa (chevalerie) et du soufisme transcaucasien. Ce po�te soufi (1369- 1417), qui s�inscrit, selon la conf�renci�re, dans la lign�e d�Al Halladj et de la philosophie mystique de ce dernier, qui a sublim� la v�rit� en proclamant sa fameuse sentence �Ana al haq (c�est moi la v�rit�)�, a jou� un grand r�le dans la diffusion du soufisme en Orient. Le po�te Imad Al-Din Nassimi conna�tra les affres du martyre. Comme Al Halladj, l�auteur de la c�l�bre pr�diction, cit� plus haut, il sera ex�cut� et supplici� en Syrie pour avoir profess� publiquement le soufisme, ses principes sociaux, l��thique et l�esth�tique de ce courant, qui sont mis en perspective dans �Le pouvoir de dire non�, une communication de Ouiza Galleze, chercheur au CNRPAH. La conf�renci�re a trait� le th�me du renoncement et du pacifisme, qui est � la base de l�esprit soufi.


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