On ne parle presque pas des musulmans de Birmanie. Pourtant, ils continuent à fuir le pays, victimes d'une répression peu dénoncée par les pays musulmans. En août 2017, la répression est exercée par la Birmanie contre les musulmans de ce pays. Des crimes de guerre ont été perpétrés. Pour la première fois, l'armée de Birmanie a reconnu, il y a quelques semaines, l'existence du génocide. De nombreux musulmans ont été tués et enterrés. Les musulmans de Birmanie ont fui le pays pour le Bangladesh où des camps de fortune ont été installés pour les accueillir. Ils sont 700 000 et la moitié sont des enfants. «Ils n'ont pas d'espace pour jouer librement, pas d'accès à l'éducation, assure Lucie Eches de l'ONG Save the Children, citée par la presse. «On sait qu'il y a à peu près 100 000 Rohingyas qui sont dans ces camps. En fait, il faut imaginer que le camp est sorti de nulle part ; anciennement, c'était une forêt. Donc c'est un terrain qui est extrêmement boueux. La plupart des abris sont faits en bambous avec des bâches en plastique. On pense que beaucoup ne résisteront pas à du vent ou à des fortes pluies». Le processus de rapatriement devait débuter le 23 janvier, mais selon les témoignages recueillis sur place, les Rohingyas refusent de rentrer en Birmanie dans les conditions actuelles. Au contraire, beaucoup d'entre eux continuent à fuir l'Arakan, où les violences n'ont pas cessé, même si elles ont changé de nature. Le retour des Rohingyas, musulmans de la Birmanie, n'a pas eu lieu. Les preuves du génocide perpétré contre eux sont effacées, puisque les bulldozers sont à l'œuvre, et au moins 55 villages ont été détruits. Le gouvernement birman explique qu'il s'agit de reconstruire la région en vue du rapatriement. Les experts sont sceptiques et pour les réfugiés, c'est un traumatisme, explique Chris Lewa, présidente de l'ONG Arakan Project : un par un, les villages qui étaient brûlés et même ceux qui n'étaient pas brûlés et qui étaient abandonnés sont aussi rasés. Et pour les Rohingyas, c'est peut-être quelque chose d'encore plus émotionnel. On nous a dit ça. C'est-à-dire que maintenant, les autorités sont en train d'effacer leur passé, les signes de leur présence dans le nord d'Arakan. Peu de réactions de la part des pays musulmans ont été enregistrées face à l'injustice dont sont victimes les Rohingyas en Birmanie. Pas seulement ça, puisque certains pays musulmans préfèrent perpétrer des crimes de gurre contre d'autres musulmans que de secourir les musulmans de Birmanie. La coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite mène des frappes aériennes contre le Yémen pendant lesquelles des milliers de civils ont été tués. Le président Erdogan lance une attaque militaire contre le canton d'Afrine. En Libye, le chaos oppose des milices. En Egypte, Daech lance des attaques. Les pays musulmans qui ne parlent presque pas du génocide contre les musulmans de Birmanie oublient la reconnaissance par le président américain d'Al Qods occupée capitale d'Israël.