Contacté hier, le Syndicat national algérien des pharmaciens d'officines (SNAPO) a démenti les informations quant à un éventuel mouvement de protestation de l'organisation dans les prochains jours. Des rumeurs faisaient en effet état d'un débrayage des pharmaciens qui exigent la réévaluation de leur marge moyenne, revue à la baisse l'année dernière suite à un décret qui n'a pas été publié. La marge moyenne du pharmacien d'officine était de 20% pour le prix d'achat et de 18% pour le prix de vente. Avec les dispositions de ce nouveau décret, elle passait à 19% pour le prix d'achat et à 15,9% pour le prix de vente. Annoncées par le communiqué présidentiel du 15 septembre, des mesures devaient être prises pour l'application de nouvelles marges bénéficiaires, des promesses que les pharmaciens attendent d'être tenues jusqu'à ce jour. Le SNAPO a adressé, le 13 mai 2009, une lettre au président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, où il revient sur son soutien à la politique du générique, à l'application du tarif de référence et à la protection de la production nationale. Par ailleurs, le syndicat signale que la réévaluation des marges bénéficiaires tarde à se concrétiser, menaçant ainsi le devenir de nombreuses officines et par delà la prise en charge de la santé du citoyen. Intervenant dans ce sens, M. Benbahmed Lotfi, président de l'Ordre des pharmaciens, rappelle que les autorités s'étaient engagées à réévaluer ces marges, qui demeurent très faibles comparé à nos voisins marocains et tunisiens. M. Benbahmed estime que les pharmaciens «jouent le jeu» et contribuent à la bonne marche de la politique du générique mise en place par l'Etat. Cependant, le pharmacien est lésé lorsqu'il touche 15% de marge alors que l'unité de production bénéficie de 20%.