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Hommage à Abdelkrim Dali: Le legs d'un maître
Publié dans Le Temps d'Algérie le 11130

Il y a 39 ans, nous quittait Abdelkrim Dali, l'un des plus grands maîtres de la musique andalouse.
Ayant vécu dans une famille et un entourage qui aimaient la musique, Abdelkrim Dali était dès son jeune âge destiné à devenir un grand maître de la musique andalouse et du hawzi. A ses débuts, il était déjà entouré des plus grands chanteurs de Tlemcen, notamment Cheikh Larbi Bensari, Yahia Bendali et Omar Bekhchi. A cette époque, Tlemcen, et d'ailleurs même à ce jour, était une ville où l'andalou faisait partie de la vie familiale. Etant encore jeune, Abdelkrim Dali, qui était doué pour jouer au ôud et au rbeb, aura l'occasion de faire partie de l'orchestre de Chikha Tetma, et il rejoindra celui de Larbi Bensari qui avait fait sensation lors du congrès de la musique du Caire en 1932. Pour rappel, Cheikh Larbi Bensari avait, également, représenté l'Algérie à l'exposition universelle de Paris, en 1900, et donné un concert à l'occasion de l'inauguration de la mosquée de Paris en 1926.
De Tlemcen à Alger
A la fin des années 1930, Dali se fait connaître à travers plusieurs villes d'Algérie grâce aux tournées auxquelles il participait. Il sera appelé, par la suite, à faire partie de l'orchestre de la radio à Alger, ce qui le poussera à s'installer définitivement dans la capitale. Après l'indépendance, il donnera régulièrement des concerts à travers le territoire national et sera invité à participer aux semaines culturelles algériennes à l'étranger, tout comme nos grands chanteurs tels que Khelifi Ahmed, Seloua et Rabah Driassa. Il sera en parallèle professeur de musique au conservatoire d'Alger. En 1971, lorsqu'il sera nommé conseiller à l'Institut national de musique, il enregistrera toutes les noubas existantes pour les laisser aux jeunes générations. Il y a quelques mois, le professeur Samir Hini rappelait qu'il était modeste et vivait dans la simplicité. Il avait indiqué que le maître se déplaçait par bus de Hydra à la place Audin, pour continuer à pied jusqu'à l'institut de musique pour enregistrer les noubas qu'il a laissées pour les élèves de cet institut. Hini regrette, toutefois, le fait que «les 78 heures d'enregistrements d'Abdelkrim Dali ne profitent qu'aux élèves de l'institut alors qu'on peut les diffuser à grande échelle, notamment pour les associations et les conservatoires». Il faut rappeler que Dali avait fait ces enregistrements gratuitement. Il faut rappeler aussi qu'un timbre avait été édité en son hommage. Le palais de la culture de Tlemcen porte aussi son nom. Une fondation qui porte son nom et présidée par sa fille Wahiba a organisé le prix Abdelkrim Dali à l'occasion du 102e anniversaire de sa naissance, en novembre dernier.
Ses chansons ne sont pas programmées
Il faut savoir que Dali, dont on ne passe que les chansons «Menzynou Nhar El youm» et «Ibrahim El Khalil» (QSSL) consacrées à l'Aïd, a laissé de nombreux enregistrements de noubas et de qaçaïds (chants) qu'on devrait programmer plus fréquemment. D'ailleurs, après son pèlerinage à La Mecque, il avait enregistré une longue qaçida intitulée «Rihla Hidjazia» mais les chaînes de télévision et radiophoniques ne la passent jamais, ne serait-ce à l'occasion de la période du Hadj.
Il avait enregistré d'autres chansons de hawzi telles que «El Hadjam» et «El Kaoui». Abdelkrim Dali, qui avait une voix forte et limpide, avait su allier les styles gharnati de Tlemcen et algérois sanaâ. Le maître a laissé des disques vinyles. On retrouve aussi un coffret de CD édité par le ministère de la Culture. Abdelkrim Dali est né le 21 novembre 1914 et décédé le 21 février 1978.


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