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«Un cinéma de liberté»
MERZAK ALLOUACHE À PROPOS DE SON FILM NORMAL
Publié dans L'Expression le 05 - 01 - 2012

Profitant de sa présence avant son retour en France, le ciné-club de l'Association Chrysalide a eu l'ingénieuse idée de programmer à la filmothèque Mohamed Zinet, mardi dernier, le tout nouveau film, Normal de Merzak Allouache, par qui le scandale arriva au Festival d'Oran du film arabe.
Comme l'on s'y attendait, la salle était bondée. Merzak Allouche avait l'apparence détendue. Sans doute estimait-il qu'il n'était plus devant un tribunal de la médiocrité. Public de Chrysalide, réjouis-toi donc! La projection de son film, suivie d'un débat modéré par le critique de cinéma Samir Ardjoum, s'est déroulée sous de bons auspices. L'encensement du réalisateur en était bien pour quelque chose, non? Pas une seule petite piqûre, que de beaux sentiments à l'égard du héros Allouache, père du mythique Omar Gatlato.
Le débat en cette première entrée fracassante de Chrysalide était plutôt classique, dans le sens du poil. Etait-ce l'effet de la caméra de Beur TV planté là qui fait ça? En un mot le public a aimé! Les absents ont toujours tort.
Ceux qui ont détesté sont partis derechef, vraisemblablement à la tombée du générique: on ne connaîtra pas leur avis. Trop «déroutés» parait-il. Merzak Allouache a dans son allocution d'ouverture commencé par raconter la genèse de son film Normal.
Un projet de documentaire «raté» débuté en 2009, au cours du Panaf qui se transforme deux ans après en un long métrage fiction, monté grâce à une aide financière offerte au Doha Festival.
De cette première partie qualifiée de «cinéma de la liberté» par Allouache, succédera une rallonge pour coller à l'actualité. Et puis ce débat déconstruit, très long, que le réalisateur a dû couper au niveau du montage. Et cette jonction entre des comédiens de l'ancienne et nouvelle génération.
Une confrontation des idées que l'on retrouve dans le film et qui constitue sa matrice. Sa matière nodale, brute. «J'ai réalisé mon film sans moyens», a précisé Merzak Allouache, notant son sentiment d'avoir l'impression que «c'est mon avant-premier film».
Avec Normal, je me suis remis en question car il était difficile pour moi de saisir la ville d'Alger. Alors, je l'ai fait parfois avec joie, parfois avec révolte ou humour. Il n'y a rien qui est tranché dans ce film. Je ne suis pas un homme politique mais un réalisateur. J'essaye d'être opportuniste, dans le sens de faire un travail sur le présent», a confié l'auteur de Chouchou.
Après ce film bien ancré dans l'actualité brûlante du pays (les marches pour la liberté et la citoyenneté, Ndlr), Merzak Allouache confiera revenir certainement après à une comédie, avouant que Normal relève plutôt de «l'expérimental».
Ce qui intéressait notre réalisateur, fera-t-il remarquer, est de faire la passerelle entre sa génération de cinéaste marquée de productions cinématographiques étatiques, basé sur l'autocensure, et celle de la nouvelle génération qui, contrairement à ce qu'il attendait, «ne s'est pas vraiment libéré» depuis le multipartisme. Et de se demander: «Pourquoi n'avons-nous pas ce droit? Ce n'est qu'un film après tout. Ce n'est pas un film qui fera une révolution».
Pour la comédienne Adila Bendimerad, présente avec le reste de l'équipe artistique, l'engagement pour des idées est certes présent mais ne reflète pas forcément celui des acteurs, ceci pour faire le distinguo entre personnages et comédiens qui portaient à bras-le-corps ce discours décousu voulu dans le film. «Ce n'était pas forcément mes idées. Ça paraissait décousu: c'est ça le travail du comédien», arguera-t-elle. Normal, passera-t-il ou pas dans les salles algériennes?
Merzak Allouache est en se cens confiant: «Oui, il passera dans les salles. Pourquoi ne passera-t-il pas? Omar Gatlato est passé de façon militante à l'époque grâce au travail associatif.»
Et de renchérir: «Avec Normal je croyais faire un film en pensant que les jeunes sont plutôt heureux, je constate qu'on est au même point des choses. Le désarroi des jeunes est aujourd'hui plus dur et s'exprime depuis par de nouveaux canaux. Les débats étaient intenses. Puis ce qui me parvenait en France est ce silence. Une espèce de fatalisme.
En réalité je n'avais pas envie de faire un film sur la révolution arabe mais sur le regard presque jaloux des Algériens sur ce qui se passait à côté. Si ce film peut circuler et susciter débat c'est tant mieux, après tout le cinéma ne peut pas jouer vraiment son rôle en l'absence de salles, les gens vont le voir mais piraté», estimera-t-il un peu cynique.
A propos de l'image peu reluisante d'Alger qui est montré dans Normal, Merzak Alouache, qui est parti filmer au coeur de la ville sans artifice ni fioriture, a estimé à juste titre que «l'image de l'Algérie on ne peut pas la cacher. On ne peut me reprocher de ne pas donner une belle image. A-t-on le droit de dire que la Casbah est un favelas? Je ne suis pas une agence de voyage. On a cette honte de nous regarder. Ce n'est pas nouveau. On a toujours eu des cinéphiles qui regardent un film comme une action militante ou bien pour le descendre. Mais ce n'est pas grave», a révélé avec sourire Merzak Allouache qui confiera par ailleurs son sentiment de commettre parfois un crime quand il débarque ici pour faire un film, lui qui vit ailleurs.
Qualifiant Normal sans grande importance ou presque, Merzak Allouache avouera que ce dernier «n'est pas un film courageux car réalisé de façon épidermique. C'est ça le cinéma de liberté. Il faut se débarrasser de ce qui nous mine depuis l'Indépendance, c'est-à-dire l'autocensure.»
Abondant dans le même sens, le comédien Ahmed Ben Aïssa révélera qu'aujourd'hui on tourne plus de films, certes mais on souffre davantage. Ça a empiré sur le plan de la liberté d'expression.»
La censure est en effet le moteur qui a déclenché le film Normal. Un film «coup de poing» qui rejoint grandement la réalité d'autant plus qu'on croit savoir que le réalisateur vient de se faire refuser une subvention par le ministère de la Culture pour son prochain film, sans se laisser abattre pour autant.
«Le film, de toute façon, se fera ici ou ailleurs», a-t-il conclu. Esthétique de l'urgence ou poésie urbaine des temps modernes, Normal est à revoir!


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