La mobilisation était tout de même au rendez-vous. Bien qu'aucun enseignant de la wilaya n'ait été touché par les mesures de suspension décidées par le ministre de l'Education, la mobilisation était tout de même au rendez-vous à Béjaïa. Plusieurs lycées, auxquels s'ajoutent des établissements du moyen et du primaire, ont été paralysés en réponse à l'appel du Cnapest. La journée d'hier, décrétée «sans cours», l'a été effectivement pour plusieurs établissements de l'éducation. Les Pest, qui marquaient, à travers ce débrayage, leur position de rejet des suspensions de leurs camarades, ont, encore une fois, fait preuve de mobilisation. Ils ont fait savoir, hier, qu'«ils sont en mesure encore de mobiliser et de mener des actions grandioses». Les élèves, dont le calvaire n'a pas définitivement touché à sa fin, ont été, par conséquent, tout bonnement renvoyés chez eux. C'est, en tous les cas, le cas de ceux d'entre eux qui ont fait fi de l'invitation qui leur a été faite de ne pas se présenter aux établissements. L'air mécontent, ils ont fait demi-tour en craignant le pire, à l'avenir. A travers cette action de protestation, soutenue, faut-il le rappeler, par de nombreux travailleurs et enseignants du primaire et du moyen, les Pest ont fait preuve d'une solidarité exemplaire. Leur détermination est d'autant plus grande qu'ils affichent, d'ores et déjà, leur intention d'aller plus loin si les pouvoirs publics ne viennent pas mettre un terme à leur «chantage». Cette mobilisation cachait aussi mal l'inquiétude, pour le moins justifiée, devant l'entêtement des pouvoirs publics. «Les sanctions ont été déclarées levées sur fond de tapage médiatique mais sur le terrain, il n'en fut rien», regrette un enseignant du lycée polyvalent, juste après le rassemblement initié devant le siège de la wilaya. Dans la déclaration du jour, on pouvait comprendre, en substance, que «la reprise des cours est loin d'être le fruit des menaces du gouvernement, mais c'est une réponse à l'appel de coeur des lycéens». «L'action du jour n'est qu'un prélude à un retour en force sur le terrain de la protestation, si les responsables ne veulent toujours rien comprendre», explique-t-on encore. L'occasion a été saisie pour réitérer les trois revendications du Cnapest, soulevées depuis le début du mouvement. Au sein des enseignants, on soupçonne «une volonté de générer un pourrissement dans le secteur». Un avis largement partagé par les grévistes d'hier. Entre le soutien apporté à l'occasion par les enseignants du primaire et du moyen, même s'il reste relativement faible, il y a lieu de noter celui du Cnes. Les enseignants de l'université Abderrah-mane-Mira se sont franchement solidarisés ave «les profs punis». L'appel du Cnes a donc été suivi à Béjaïa. Au sein de l'opinion, on n'écarte pas une situation conflictuelle à l'avenir. L'homme de la rue s'interroge sur l'avenir de l'école et surtout de la génération future qui, pour le moins qu'on puisse dire, est «devenue l'otage» des deux protagonistes.