Depuis début 2014, on a assisté à plusieurs initiatives de ce genre, sans pour autant donner des résultats concrets. La consultation est devenue par excellence la méthode privilégiée des dirigeants politiques et partenaires sociaux. Les initiatives poussent comme des cham-pignons. Tout le monde se consulte. L'opposition, le pouvoir, les partenaires sociaux et même les chefs d'entreprise. La scène nationale assiste ces derniers temps à un foisonnement des propositions. Cette méthodologie est adoptée dans toute démarche politique, économique ou sociale. Après le pouvoir et les partis politiques, le Forum des chefs d'entreprises prend le relais. Le nouveau patron de l'organisation, Ali Haddad, vient de lancer le cycle des consultations avec le gouvernement en vue d'élaborer le plan de relance de l'industrie nationale. C'est dans ce sens qu'il a rencontré dimanche dernier le ministre du Commerce, Amara Benyounes. Le FCE a fixé un agenda chargé. Plusieurs rencontres sont prévues avec les membrès du gouvernement durant cette semaine. M.Haddad fera le tour des différents ministères en vue de dégager plus de visibilité sur la politique économique. Or, il reste à savoir si réellement ces consultations vont dégager une véritable stratégie. Depuis début 2014, on a assisté à plusieurs initiatives de ce genre sans pour autant que cela donne des résultats concrets. Les exemples se multiplient. Les consultations menées par M.Bensalah en 2011 puis par Ouyahia en 2014 sur la révision de la Constitution n'ont pas permis d'atteindre l'objectif fixé, à savoir associer toutes les parties de la société civile à l'élaboration de ce chantier. Le boycott d'une grande partie de l'opposition est l'une des raisons du retard accusé dans la révision de la Loi fondamentale du pays. Voulant à tout prix une Constitution consensuelle, le pouvoir tend toujours la main à l'opposition pour participer à ce chantier. La dernière déclaration du président de la République à l'issue du Conseil des ministres l'illustre parfaitement en assurant que la porte est toujours ouverte. Avant cela, l'opposition a fait de même pour choisir un candidat du consensus pour l'élection présidentielle d'avril dernier. plusieurs rencontres ont été tenues entre les différents courants, mais en vain. L'opposition a subi un échec cuisant en restant incapable de choisir un candidat commun. Cela a fini en rangs dispersés dont une partie a opté carrément pour le boycott et une autre pour la participation. Ce n'est pas tout. La même opposition reste confinée dans les consultations et n'arrive pas à sortir la tête de l'eau. Malgré le fait que la Cnltd et le Pôle du changement se sont mis à travailler ensemble pour un projet politique, cette démarche n'arrive pas à voir le bout du tunnel. Le FFS n'échappe pas à ce sort. Le vieux parti de l'opposition qui a lancé des consultations autour de sa conférence nationale risque de ne pas avoir du bon monde les 23 et 24 février prochain. Entre le pouvoir et l'opposition, le FFS a du mal à convaincre sur la portée de son projet. Des partis de la coalition comme ceux de l'opposition ont décliné l'invitation du FFS à sa conférence nationale. Aussi, les observateurs de la scène politique estiment que devant les intérêts étroits de chaque partie, il serait très difficile de parvenir à un consensus au sein de la classe politique. Même dans les autres secteurs, les consultations n'ont pas évité l'impasse. C'est le cas de l'éducation. La série de rencontres lancées par Mme Benghebrit avec les syndicats depuis son arrivée à la tête du secteur n'a pas arrangé les choses. Le spectre d'une grève illimitée plane de nouveau sur le secteur.