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L'Egypte aborde le sujet qui fâche
FESTIVAL INTERNATIONAL DU THEÂTRE ARABE
Publié dans L'Expression le 17 - 01 - 2017

La censure ne touche pas le théâtre. Ahmed Aggoune est plus que convaincu d'une telle réalité tout en la défendant.
La troupe Al Anfas, représentant l'Egypte, est montée sur les planches du théâtre portant le nom d'un auteur-réalisateur de la troupe des génies du 4e art, Abdelkader Alloula.
Les Egyptiens ne sont pas, contre toute attente, venus pour représenter timidement leur pays. La troupe Al Anfas, d'Egypte, a offert sa dernière création intitulée «Kharif». Cette pièce, mise en scène par Asmaa Houri, ne peut trouver de meilleur lieu de domiciliation que celui des planches foulées par le grand homme de théâtre algérien, Abdelkader Alloula à Oran.
La pièce est le récit d'une jeune femme sévèrement touchée par la maladie du cancer, le corps exténué et surtout son esprit, un supplice exacerbé par le comportement des autres envers elle, la conduite incompréhensible de son propre partenaire qui l'a rejetée. La pièce fait découvrir la jeune femme prise de tristesse et une vive agitation, notamment après qu'on lui a annoncé la mauvaise nouvelle.
Les changements physiques ayant été opérés sur son corps lui déplaisent. Ce qui motive la jeune femme à ôter sa perruque laissant libre cours à ses mouvements en traînant avec un crâne rasé. Une telle séquence ne symbolise aucunement un quelconque cas de schizophrénie hormis l'expression de la femme de son mal pour qu'elle soit comprise et prise en tant que malade souffrant d'une terrible pathologie, le cancer lui ayant fait perdre ses cheveux, comme l'arbre de l'automne se défaisant de ses feuilles durant la saison automnale. C'est la révélation, le sujet de la pièce théâtrale égyptienne. Ces chutes permanentes de cheveux sont, tel que décortiquées, synonyme du trépas ou tout simplement de la fin de la vie. Pour d'autres, une telle chute de cheveux signifie le passage d'un cycle à un autre.
La pièce est symbolique aussi bien dans son texte, que dans la gestuelle des comédiens l'ayant interprétée en mettant à la page la maladie du siècle, le cancer qui se conjugue avec d'autres phénomènes comme la drogue, la prostitution, la corruption, l'intégrisme et la mal-vie. Le cancer est encore tabou dans certaines sociétés, arabes notamment.
Le metteur en scène s'est ingénié à traiter les maux sociaux en les symbolisant par le cancer qui gangrène les sociétés. Une telle pièce jette un véritable pavé dans la mare. Dans le tas, elle éclabousse en s'en prenant à ces phénomènes rongeant les sociétés arabes entourées de superstition. Or, le mal est simple à résoudre en le traitant par la droiture au lieu de céder et se résigner. Là est le message principal de la pièce. C'est d'ailleurs, le cas de la jeune cancéreuse qui s'est effondrée dès que l'annonce de sa maladie lui a été avouée. «El Kharif» a fait l'objet d'un assemblage surprenant. La pièce est jouée par deux comédiennes de talent. La première est Salima Moumni, qui personnifie la femme malade, toute silencieuse dans un cadre chorégraphique et gestuel maîtrisé.
Les expressions de son visage et de son corps sont loquaces révélant la peine corporelle provoquée par la maladie et la souffrance morale devant sa dégénérescence, sa déchéance et la cruauté inconsciente de l'Autre, qui, par superstition, la rejette comme pour se préserver d'une hypothétique contamination, ou par extrême égoïsme. Par ce comportement, l'homme devient une arme tranchante en contribuant davantage à la souffrance de la malade en la rejetant.
Le jeu des comédiens fait dans l'économie des mouvements et rejette l'inutile, sans presque aucun décor, hormis des bouts de tissus et des habits colorés éparpillés sur la plate-forme, devenus inutiles pour une femme terrassée qui s'amincit davantage.
Le tout est maquillé par les couleurs, symbolisant l'automne ou encore la fin d'un cycle. On ne perd tout de même pas espoir, ou encore rien n'est gagné à l'avance.
Le miracle...inexpliqué tant que tout est naturel. L'arbre généreux renaît, ses couleurs reviennent durant le printemps. C'est le renouveau, la régénérescence.
Le directeur de la troupe Al Anfas dira que « ́ ́Kharif ́ ́ est un hymne à la vie». Il ajoute que «le cancer n'est pas forcément la maladie, telle qu'on l'imagine, mais peut être un cancer social, ou une situation d'échec total et social ou encore la mort».
Le metteur en scène, Asmaa Houri, dira lui aussi que «tout le monde est concerné et la pièce condamne l'indifférence de l'Autre par rapport à la souffrance des malades du cancer et dénonce la stigmatisation de cette maladie».


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