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Le palais maure «se restaure»
DAR KHDAOUDJ EL AMIA
Publié dans L'Expression le 06 - 08 - 2005

La demeure qui abrite le musée national des arts et des traditions populaires connaît des chantiers de restauration très importants.
Et si Khdaouej El Amia (l'aveugle) jouissait pleinement de ses aptitudes visuelles. Qu'aurait-elle à voir avec le palais grandiose que son papa chéri, Hassan Khaznadji, le trésorier du dey Mohamed Ben Othmane au XVIIIe siècle, lui avait offert pour témoigner, précisent certains ouvrages, son attachement et son amour démesurés à cette déesse qui aurait, selon la légende, perdu la vue à force de se contempler, des journées entières, dans le miroir. Posons-nous donc et sans crainte, cette question qui paraît si bien intrépide qu'elle prêterait, volontiers, à une vision peu raisonnable et tronquée de l'histoire.
Car, quelques siècles après, Ksar Khadouedj El Amia situé en plein quartier Souk El Djemaâ (marché de vendredi)- l'appellation tient au fait qu'à l'époque ottomane, le marché s'y installait chaque vendredi- en dépit des vicissitudes du temps, de l'évolution du tissu urbain mais aussi des coups de boutoir de la nature, continue à faire autorité au sein du vieux bâti mauresque de la Casbah d'Alger. Erigé par les pouvoirs publics en 1987 en musée national des arts et traditions populaires, le vieux palais, tente aujourd'hui, avec l'abnégation de ses responsables, de redorer son blason et de renouer avec son environnement immédiat qui lui est resté, des années durant, hostile.
Architectes à l'affût
Après la pluie, le beau temps, dit le proverbe. Dans les années quatre-vingt-dix, quelques tentatives de restauration du site ont été initiées sans grand succès, se rappelle Mme Amamra, directrice du musée. Une étude complètement inappropriée a été alors proposée aux responsables du musée mais qui a été «heureusement» aussitôt rejetée parce qu'elle favorisait l'extension du palais sur sa restauration, «or celle-ci demeurait priorité absolue», résume Mme Amamra.
C'est alors que des travaux d'urgence furent entamés en 1998 avec pour but la mise hors d'eau du palais dont les murs ont été, pendant plusieurs années, fragilisés à cause des infiltrations d'eau incessantes ainsi que celles des eaux usées. Le travail a été confié à une équipe de restaurateurs algériens qui ont réussi un pari assez difficile tant les raccordements et la canalisation héritée de l'époque coloniale étaient désuets. Le palais est depuis hors de danger. En 2001, une autre étude parrainée par un bureau d'étude algérien a été, selon la directrice du musée, achevée. Elle traite de l'ensemble des volets relatifs à la restauration du lieu. «Actuellement le palais est consolidé à 90%», note Mme Amamra en ajoutant que les travaux de restauration évoluent positivement. L'étanchéité a été totalement parachevée. «Nous avons même remis en valeur la bâche d'eau du palais pour une meilleure exploitation», a-t-elle assuré. Autre objectif escompté par la direction du musée la réhabilitation du comble qui devrait intervenir dans un avenir proche. «C'est une opération très délicate dans la mesure où il faudrait extraire la poutre originale qui date de 1860. Nous discutons actuellement avec des spécialistes pour éviter le cas échéant de faire des erreurs», indique-t-elle. Il est vrai que ce travail, aussi sensible soit-il, nécessite une attention particulière et appelle des restaurateurs hautement qualifiés. Chose qui a rendu possible la restauration de la Skifa (le vestibule) et de la Driba, espace situé entre cette dernière et la porte d'entrée. Les soucis de Mme Amamra ne se limitent pas à ce point. Outre la restauration du site, celle-ci entend procéder à son extension. Un terrain de plus de 97m² a été acheté à un propriétaire privé. Le but est, entre autres, de transférer le siège de l'administration du musée et faire profiter, par voie de conséquence, les visiteurs d'autres espaces dans lesquels d'ailleurs des objets d'art seront exposés.
Une surprise ne vient jamais seule. Ce haut lieu d'architecture mauresque cache, à vrai dire, d'autres merveilles. Au cours des travaux d'urgence lancés en 1998, les restaurateurs dans leurs fouilles ont eu l'agréable surprise de découvrir dans l'enceinte même du palais des lieux et des vestiges auparavant inconnus tel que la niche découverte tout récemment dans les sous-sols: «Nous supposons que la construction de ce mur est antérieure à celle du palais», nous précise l'architecte restauratrice du musée.
Palais de Pandore
L'autre découverte: un silo à grains d'environ trois mètres de profondeur. L'hypothèse soulevée par les architectes fait valoir que le silo fut utilisé par un certain Bacri, riche commerçant juif qui a habité la demeure dans laquelle ce dernier stockait les produits. Le flair des restaurateurs ne s'est pas arrêté en si bon chemin. Car depuis deux mois l'équipe a permis la découverte d'un espace situé entre le premier et le deuxième étage appelé espace Mezzanine actuellement en voie de restauration et qui sera une fois retapé à neuf, ouvert au public. Il s'agirait, présume l'architecte, d'un lieu réservé uniquement aux domestiques du palais. L'existence d'une source d'eau et d'un bassin a poussé les chercheurs à penser que l'endroit fut utilisé autrefois pour la lessive. D'autres foyers ont été aussi épluchés comme ceux dans lesquels l'on a trouvés à côté des ossements de volailles et de boeufs deux fosses reliées par un canal et qui ont tout l'air d'avoir servi comme fours à cuisson. Bref, Dar Khdaoudj El Amia paraît bien nous cacher d'autres sortilèges et les efforts consentis et par l'administration du palais et par l'équipe des architectes semblent bien porter leurs fruits d'où l'espoir de mettre en valeur un lieu aussi atypique considéré comme l'une des plus belles maisons du vieil Alger selon le qualificatif de Mme Amamra. Le ministère de la Culture dont le souci de la protection et la restauration du patrimoine matériel et immatériel prend de plus en plus d'importance, s'est montré attentif aux doléances et aux besoins du musée. Les préoccupations financières de Khalida Toumi autrefois de notoriété publique ne sont plus qu'un lointain souvenir depuis que le gouvernement lui avait affecté les 16 milliards de dinars. Une enveloppe budgétaire «conséquente» deux fois le budget de fonctionnement habituel-a été allouée pour la restauration du site mais aussi à la modernisation du musée. Les ambitions et les projets de la responsable du palais trouvent ainsi leur issue puisque trois grandes vitrines ont été achetées pour l'exposition des oeuvres et objets d'art. Le budget qui a «permis au musée de mieux respirer» selon les termes de notre interlocutrice, sera aussi exploité pour l'acquisition et la préservation des objets d'art. Un travail en commun avec un laboratoire français de restauration des objets se poursuit depuis 2002. De même qu'un atelier spécialisé dans la préservation des textiles verra prochainement le jour à l'intérieur du musée d'autant que ce dernier recèle des collections ethnographiques classées patrimoine national et sont constituées de bijoux, dinanderie, quelque 335 tissages, costumes dont certains datent du 18 XVIIIe siècle, des tapis anciens au nombre de 107, de la vannerie, de la poterie...
Le moins que l'on puisse dire est qu'à la lumière de ces vastes chantiers lancés pour sa réhabilitation, le musée national des arts et des traditions populaires se veut un rempart de notre identité et notre histoire pour lesquelles les pouvoirs publics après un sommeil qui aura duré des décennies, font montre d'un intérêt particulier. Pourvu que cela dure.


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