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Les explications d'un psychiatre
SERENITE ET QUIETUDE: LES GRANDS ABSENTS DU MOIS DE RAMADHAN
Publié dans L'Expression le 10 - 06 - 2019


Docteur Sofiane Zeggane
Chaque veille de Ramadhan, le jeûneur s'apprête à vivre un mois de quiétude, de sérénité et de spiritualité, mais comme les précédents, sur la place publique, dans les marchés, sur les routes, l'humeur n'est pas à la sympathie. Bien au contraire, le ton monte rapidement pour un banal malentendu. La voix qui hausse le ton, laisse vite place aux mots vulgaires avant que tout ne tourne à la rixe et la bagarre générale. Il n'est pas rare d'assister à une bagarre où les personnes en arrivent aux poings.En effet, les jeûneurs espèrent objectivement accéder à la paix intérieure, source de bien-être. Le jeûne est l'une des meilleures voies pour atteindre quiétude et sérénité. Mais, force est de constater que beaucoup de nos concitoyens ne font que s'éloigner du peu de calme qu'ils possèdent durant toute l'année. Aussi, pour sonder les profondeurs de l'âme humaine, pour savoir ce qui se passe et ce qui l'empêche d'accéder à ce bien-être nous avons interrogé un psychiatre, le docteur Sofiane Zeggane maître-assistant hospitalo-universitaire en psychiatrie au CHU de Tizi Ouzou qui nous explique avec pédagogie les mécanismes qui engendrent ces changements d'humeur durant ce mois de Ramadhan. Dans l'interview qu'il nous a accordé, il nous donne également quelques pistes pour retrouver la sérénité et la quiétude recherchées.
L'Expression: Quels sont selon vous les principaux changements qui caractérisent l'individu pendant le mois de ramadhan?
Docteur Sofiane Zeggane: En effet, ce mois sacré constitue l'un des piliers de l'islam. C'est une obligation individuelle pour tout musulman répondant aux conditions que l'on connaît. Cependant, c'est un mois qui est émaillé de plusieurs particularités. C'est un mois de piété, de spiritualité et de mise à l'épreuve de la capacité de contrôle de soi envers les plaisirs.
Il y a un réaménagement de tous les secteurs de la vie de l'individu; travail, relationnel, alimentation, sommeil... etc.Ce mois est surtout marqué par une privation de tous les plaisirs.
Le jeûneur s'efforce d'éviter tout comportement qui risquerait d'invalider son jeûne. Il puise donc de ses ressources psychologiques de sobriété et de résistance. Rater une journée de jeûne est particulièrement culpabilisant. C'est source de remords, de honte et d'appréhension du châtiment divin. L'image de soi est repensée dans le sens de la recherche d'une idéalisation pour se conformer aux préceptes de l'islam.
L'individu met en place des mécanismes de contrôle et de maîtrise de soi en quête de pureté et de purification. Mois de piété objectivement, beaucoup tombent dans la nervosité. Pouvez-vous nous fournir des explications à ce propos? Effectivement, l'on a tendance à faire un rapprochement entre le Ramadhan et la mauvaise humeur. Par ailleurs, on ne dispose pas de données statistiques vérifiées sur une éventuelle fréquence plus marquée des actes de violence et d'accidents pendant ce mois sacré. On observe une fréquence d'affects négatifs ou dysphoriques comme l'anxiété, l'irritabilité, nervosité, impatiences et intolérance aux frustrations. Pas chez tout le monde fort heureusement.
On peut invoquer diverses raisons. Le sevrage «forcé» et surtout brutal de substances toxiques les plus largement consommées d'ordinaire comme le café, le tabac à fumer ou à chiquer et l'alcool. L'importance de ces affects dysphoriques est proportionnelle à l'intensité de l'addiction.Se priver de café et de cigarette le matin conduit à un démarrage difficile des journées. Sur le plan biologique le circuit de récompense ou du plaisir au niveau du cerveau qui est habituellement stimulé par ces substances ne le sera plus. D'où une souffrance liée au sevrage qui apparaît. Sans oublier les autres causes liées au dérèglement de la glycémie et de l'état d'hydratation du corps. Le sommeil est aussi une fonction vitale pour le corps et l'esprit. Or, durant le mois, il est perturbé vu les veillées ramadhanesques jusqu' à des heures tardives avec consommation de stimulants évités durant la journée café, thé, tabac.
Le lendemain, l'individu se sent fatigué avec des troubles de l'attention et de la concentration parfois.
Une somnolence diurne, voire un endormissement décalé sont fréquemment observés. Au fil des jours, ce manque de sommeil s'appesantit et la plupart des gens sortent de ce mois avec une dette de sommeil significative.
Quelle place occupent les conditions sociales, souvent difficiles, dans ce changement d'humeur?
En sus de ce qui a été évoqué plus haut, Il est évident que ce mois est porteur de soucis sociaux importants, notamment sur le plan pécuniaire. Les petites bourses sont mises à rude épreuve notamment pour cause de spéculations et de la hausse des prix décriée par la majorité. C'est source de stress pour les chefs de familles. A cela s'ajoutent les contraintes liées au travail, aux préoccupations du quotidien ainsi que la compétition sociale pour s'approvisionner en produits alimentaires. L'exemple le plus simple est celui des processions d'individus devant les boulangeries et les superettes.
Pouvez-vous préconiser quelques solutions, docteur, pour que le jeûneur retrouve sa sérénité durant le mois de jeûne?
Les meilleurs conseils sont d'ordre hygiéno-diététique: pratiquer une activité sportive avant ou après la rupture du jeûne tout en évitant les exercices intenses. Eviter tout excès de stimulants comme la caféine et la nicotine, bien s'hydrater en favorisant l'eau plus que les autres boissons gazeuses afin de garder une bonne hydratation du corps. Les repas doivent être équilibrés, pas trop copieux car pourvoyeurs de sensations d'inconfort. Et avoir un sommeil de bonne qualité; dormir à des heures fixes et suffisamment. Eviter le sommeil haché ininterrompu par un repas qui est le «shor».
Et pour conclure, aborder ce mois du point de vue spirituel afin d'en tirer sérénité et piété.


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