Trois ex-ministres d'un même département se trouvent en prison. Une première dans l'histoire de l'Algérie. Le ministère des Travaux publics et des Transports est frappé par l'un des plus grands scandales de corruption. Après l'incarcération de Amar Ghoul et Abdelghani Zalène, la mise sous contrôle judicaire de Amar Tou, voilà le tour de Boujema Talai. Les quatre derniers responsables de ce secteur, si sensible, sont tous poursuivis pour de graves chefs d'accusation. Boudjema Talai n'a pas tardé à rejoindre ses anciens compagnons, il a été placé, hier, sous mandat de dépôt, selon une source judiciaire. «L'ancien ministre des Travaux publics et des Transports, Boudjema Talai, a été placé sous mandat de dépôt à la prison d'El Harrach, à l'issue de son audition par le juge d'instruction auprès de la Cour suprême à Alger», indique la même source. Sans surprise, l'ex-ministre est accusé d'abus de fonction et de dilapidation de deniers publics. Et ce n'est pas tout, on note que les principales charges retenues contre l'ancien ministre des Travaux publics et des Transports sont identiques à celles retenues contre Amar Ghoul et Abdelghani Zalène. Les trois ex-ministres sont tous poursuivis d'abus de fonction et conflit d'intérêt, corruption dans l'octroi des marchés publics et d'octroi d'indus avantages dans les marchés et contrats publics. Le député FLN et ancien ministre, a été mis, en début d'après-midi d'hier sous mandat de dépôt après sa comparution devant le juge d'instruction près la Cour suprême. Il a été transféré à la prison d'El Harrach. On note dans ce sens, que, le parquet général près la Cour suprême avait engagé les procédures de poursuites judiciaires à l'encontre de Talai, depuis quelques mois déjà. L'intéressé a renoncé de son propre gré à son immunité parlementaire, depuis trois mois, pour permettre à la justice de suivre normalement son cours. Dans un autre chapitre, on note qu'après les investigations et enquêtes menées par des enquêteurs avertis, il semble que le ministère des Travaux publics et des Transports et le ministère de l'Industrie ne sont que de grands QG de corruption. Il y a lieu de rappeler, dans ce sens, que trois autres ex-ministres de l'Industrie sont inculpés aussi dans de grosses affaires de corruption. Il s'agit de Youcef Yousfi, de Mahdjoub Bedda et Abdessalem Bouchouareb. Il y a lieu de rappeler, dans ce contexte, que plusieurs ministres, sénateurs et députés de plusieurs partis sont en prison. La liste risque de s'allonger et les puissants hommes politiques de l'ère Bouteflika continuent de tomber.