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«Le 1er rapport pour la convention 2005 de l'unesco enfin déposé»
Salim Dada, expert culturel, à L'Expression
Publié dans L'Expression le 16 - 11 - 2020

L'ex-secrétaire d'Etat à la Production culturelle et ex-président du Conseil national des arts et des lettres (Cnal) qui est aussi compositeur, musicologue, musicien et chef d'orchestre sort enfin de son silence! Et pour cause, après une retraite de plusieurs mois où il n'a fait que travailler, faut-il le souligner, Salim Dada vient de remettre au ministère de la Culture «un gros pavé» de plusieurs pages, un travail minutieux de longue haleine qui consiste, en fait, en le premier rapport périodique sur la mise en oeuvre de la Convention 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles en Algérie sur la période 2015-2020. Dans cet entretien, il nous livre quelques points forts sur le contenu de ce rapport, sa fonctionnalité et ses objectifs, mais nous instruit aussi sur les acquis enregistrés au niveau de la loi, tels mentionnés dans le nouveau Journal officiel où est indiqué le rôle du Cnal qui se voit renforcé par d'innombrables missions. Enfin, il revient sur le fameux «statut de l'artiste» et l'urgence des actions à entreprendre dans ce sens afin de répondre aux attentes des artistes...
L'Expression: «L'Etat algérien a déposé par le biais du ministère de la Culture et des arts son premier rapport périodique sur la mise en oeuvre de la Convention 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles en Algérie sur la période 2015-2020. Ce rapport a vu la participation de cadres du ministère, des représentants d'autres ministères concernés par la culture, des représentants de la société civile, des artistes et des intellectuels à travers de larges consultations nationales et des ateliers de travail réguliers auxquels ont pris part des experts de l'Unesco» rapporte un communiqué. Nous savons que vous êtes l'instigateur de ce rapport bien avant que vous soyez nommé secrétaire d'Etat chargé de la Production culturelle dans le premier gouvernement de Djerad. Un mot là-dessus...
Salim Dada: Effectivement, le 11 novembre dernier, l'Algérie a déposé officiellement son premier rapport périodique relatif à la mise en oeuvre de la Convention 2005 de l'Unesco sur la période 2015-2020, disons de sa ratification de la Convention le 26 février 2015 à aujourd'hui. C'est une première en Algérie et je suis fier d'avoir accompli ce travail ayant été chargé dès l'an dernier de rédiger ce rapport statutaire, étant à l'époque président du Conseil national des arts et des lettres (Cnal) et point focal de l'Unesco en Algérie pour la Convention 2005. Cela dit, cet accomplissement n'aurait pas eu lieu sans l'implication effective et morale de plusieurs instances et personnes physiques, à savoir le ministère de la Culture, l'Unesco, l'Agence suédoise internationale pour le développement de la coopération à travers le programme Sida II, le Conseil national des arts et des lettres (Cnal) et le Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (Cnrpah), ainsi qu'un Comité restreint composé de huit personnes ressources, cadres supérieurs du ministère de la Culture, et d'une Equipe nationale consultative composée d'une trentaine de personnes représentant des établissements soustutelle, la société civile, des professionnels de la culture et différents ministères en lien avec la culture (travail, tourisme, éducation, enseignement supérieur, finances, jeunesse et sports, solidarité). Un planning serré et une méthodologie stricte ont été adoptés dès septembre 2019, date de ma désignation pour la coordination et la préparation à l'élaboration de ce rapport, afin qu'on puisse faire le tour de la question, identifier le contenu de ce rapport, ma-nager la collecte des données, et somme toute, rédiger ce 1er rapport de l'Algérie sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. La soumission officielle de ce rapport qui dépasse les 160 pages vient donc clôturer 14 mois de labeur.
En d'autres termes, que signifie «protection et promotion de la diversité des expressions culturelles»? Quelles sont ces expressions culturelles protégées et promues? Et de quelle façon aux yeux de la loi?
La Convention 2005 a été enregistrée en octobre 2005 lors de la 33e session de la Conférence générale de l'Unesco. C'est un instrument juridique international - ratifiée par 148 pays et l'Union européenne - qui soutient les gouvernements et la société civile dans leurs efforts, mettant en place des systèmes de gouvernance durables de la culture, en élaborant notamment et en mettant en oeuvre, des politiques et des mesures de soutien à la création, à la distribution et à l'accès aux biens et services culturels. La Convention 2005 reconnaît la nature spécifique de la culture comme un facteur important de développement économique et social et assure aux artistes, aux professionnels de la culture, aux praticiens et aux citoyens du monde entier la possibilité de créer, produire, distribuer/diffuser et jouir d'un large éventail d'activités, de biens et services culturels, y compris les leurs. Autant d'aspects qui traduisent les préoccupations de l'Etat algérien et de la société algérienne envers les expressions culturelles dans notre pays, qui font impliquer, en plus de la culture et de l'art, des secteurs très divers tels que le commerce, les finances, l'emploi, les affaires sociales, la communication, l'éducation, le développement humain, les statistiques, la planification, etc. Toutes les expressions culturelles sont donc protégées par cette Convention, qu'elles soient de type savoir-faire traditionnels ou artistiques ou industries créatives; c'est la contenance culturelle inhérente à ces diverses expressions qui leur confère le statut d'expressions culturelles présentées en forme de contenus culturels ou de services culturels. Parmi les objectifs de cette Convention c'est créer les conditions permettant aux cultures de s'épanouir et interagir librement de manière a` s'enrichir mutuellement, ainsi que de stimuler l'interculturalité afin de développer l'interaction culturelle dans l'esprit de bâtir des passerelles entre les peuples.
En tant qu'expert en gestion culturelle, pensez-vous qu'il y a des choses à améliorer?
Oui bien sûr, on peut toujours faire mieux. Dès lors qu'on a ce rapport, ça nous permet déjà d'éviter l'absolutisme en dressant un tableau soit noir, soit rose de l'état de la culture dans notre pays. Les choses sont beaucoup plus subtiles et nécessitent une lecture objective sans complaisance ni démagogie des idées reçues. Nous avons besoin d'écrire, de quantifier, d'avoir des statistiques, d'évaluer nos politiques et nos modes de fonctionnement, de faire valoir les actions pertinentes, avant d'effectuer des jugements de valeur ou de lancer des critiques hâtives, voire prendre des décisions sans avoir une vision claire, micro et macroscopique de l'état de la culture, de l'artiste et de la créativité dans notre pays. Comme l'expérience l'a montré, les Rapports périodiques ont constitué un tournant dans certains pays et ont permis d'adopter officiellement certaines mesures et démarches étant donné que la rédaction du rapport a permis de rapprocher les ministères concernés par la culture et que sa publication, avait permis au pays de partager leurs expériences et constituer une base de données sur la plateforme numérique de la Convention 2005. En Algérie, depuis septembre 2019, nous avons organisé plusieurs consultations nationales multipartites, ateliers de renforcement de capacités, réunions de réflexion, de collecte et de rédaction, afin de préparer l'élaboration de ce Rapport. Ainsi, ce Rapport consiste à un état des lieux objectif non exhaustif des politiques culturelles et acquis réels mettant en oeuvre la Convention 2005 et observées en Algérie entre 2015 et 2020. Les actions et mesures institutionnelles ainsi que les initiatives civiles et autonomes présentées dans ce rapport, ont été consciencieusement étudiées et impartialement choisies de par leur qualité, importance, pertinence, pragmatisme, inventivité, pérennité, et impact national et international. Ce sont des exemples qu'on estime méritants d'être étudiés dans le processus d'élaboration du «Rapport mondial 2022» de la Convention 2005.
Dans le nouveau Journal officiel daté du mois d'octobre, beaucoup d'articles sont venus accentuer le rôle du Conseil national des arts et des lettres dont vous étiez aussi président et dont vous en avez eu connaissance. Qu'est-ce que vous en pensez?
Exactement, c'est encore une source de fierté égotique car le J.O n° 61 du 10 octobre 2020 est venu modifier et compléter le décret exécutif n° 11-209 portant création, organisation et fonctionnement du Cnal. C'est une révision que j'avais lancée l'an dernier quand j'étais à la tête du Conseil afin de régulariser la situation juridique des presque 11 000 «cartes d'artiste.» qui ont été délivrées par le Cnal depuis 2014 et qui manquaient jusqu'alors d'ancrage juridique expliquant les modalités d'octroi de cette carte, confirmant l'habilité du Cnal à la délivrer et fixant la durée de sa validité. Tous ces manques ont été enfin régularisés par ce dernier texte de loi et la nouvelle équipe du Conseil pourra désormais procéder à la délivrance de nouvelles cartes d'artiste, régulières et dans le cadre de la Nomenclature des métiers artistiques dans les arts et les lettres qu'on a établie l'an dernier et qui bénéficie elle aussi de reconnaissance juridique depuis la promulgation dudit décret exécutif n° 20-287 publié dans le J.O sus-cité. Ce sont donc des acquis très importants dans la voie de l'amélioration de la condition socioprofessionnelle de l'artiste algérien et la reconnaissance de son métier. Ce sont de bonnes batailles à gagner avant d'entamer la grande guerre de la loi sur le statut de l'artiste.
Il n'est pas fait état ici du «statut de l'artiste» qui prend du temps pour être promulgué d'après vous. Pourquoi cette question du «statut de l'artiste» met-elle autant d'années pour être réglée?
Faut-il rappeler qu'il existe en Algérie près de 11.000 artistes encartés du Cnal depuis 2014 dont seulement 9% de gent féminine et moins du ¼ de ces artistes qui exercent l'art comme métier principal. L'Onda a presque 20 000 auteurs ou artistes interprètes adhérents. La création du Conseil national des arts et des lettres en 2011, a évidemment aidé à l'amélioration de la condition socioprofessionnelle de l'artiste à travers la réflexion, le recensement et les droits sociaux octroyés à la «Carte d'artiste». Or, les encombres liés à la formation artistique, à la reconnaissance des métiers artistiques et du statut juridique des artistes et des techniciens, persistent encore et inhibent l'épanouissement et la professionnalisation de ces acteurs culturels. Valoriser les acteurs culturels et améliorer leurs statuts socioprofessionnels, mettre à disposition au profit des artistes et des créateurs d'espaces dédiés dans la friche industrielle, promouvoir la diversité des expressions culturelles et la créativité, sont des actions urgentes qui répondent aux aspirations socioprofessionnelles du secteur culturel aujourd'hui en Algérie. Le constat donc est là, la demande des artistes également, les idées ne manquent pas et le grand travail a déjà été fait à travers les assises du ministère (2014), les séminaires du Cnal (2019), les consultations des secrétariats d'Etat (2020), les trois éditions du «RésiliAr»t de l'Algérie en partenariat avec l'Unesco (mai 2020), et maintenant, ce Rapport de la Convention 2005 qui comprend plusieurs parties consacrées aux acquis et aux manques observés sur la condition de l'artiste algérien. La prochaine étape à mon sens, c'est de produire le projet de loi-cadre sur le statut et la condition de l'artiste, le faire discuter et valider par les artistes eux-mêmes par le recours aux organisations de la société civile concernées, puis le faire passer par la voie juridique et institutionnelle mise en vigueur afin d'adopter et de promulguer ladite loi-cadre traitant les relations de travail dans le milieu artistique et la condition socioprofessionnelle des artistes.


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