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«L'Algérie a une chance d'engager le changement»
Soufiane Djilali, président de Jil Jadid, à L'Expression
Publié dans L'Expression le 16 - 05 - 2021

L'Expression: Quelle lecture faites-vous des derniers événements de la scène politique, relatifs à l'éviction de certaines listes électorales de partis, qui, finalement, a abouti à une réunion regroupant les partis et la direction de l'Anie?
Soufiane Djilali: Je pense que c'est la première fois où il a été mis en place un système où la décision humaine est très limitée. C'est un système informatique. Par ailleurs, il y a eu sur un certain nombre d'étapes, un manque de souplesse, puisque le régime informatique est rigide, ce qui fait que dans certaines situations l'arbitrage était difficile. Passée cette étape, et avec le dialogue engagé avec l'Anie, je pense qu'il faut réfléchir à améliorer le système. C'est un acquis où il y a beaucoup moins de trafic possible. Il y a des points faibles, des difficultés qu'il faudra surmonter, en acceptant une évolution du système, pour les prochains rendez-vous électoraux. L'Anie est un acquis, elle se met en place progressivement, à l'évidence au niveau des wilayas, il y a eu peut-être un manque de coordination, c'est une structure nouvelle. Les hommes en charge de cette tâche ne sont pas tous forcément formés. Mais je pense, que déjà c'est une bonne évolution, par rapport à ce qui se faisait à travers les pratiques précédentes et anciennes.
Peut-on dire que ces mécanismes font vraiment barrage à l'argent sale?
Pour le moment, je pense, qu'avec l'Anie, il n'y a pas eu encore un travail sur l'argent sale. C'est la loi qui le détermine, et c'est la prochaine phase, durant la campagne électorale, où chaque liste est sommée d'ouvrir un compte, spécial élection, et tous les dons et toutes les dépenses seront comptabilisés sur ces comptes, et là on verra comment ça fonctionnera. Mais en attendant, je pense qu'il faut positiver cette première phase qu'il s'agit d'améliorer, par contre au niveau des listes, il y a eu probablement quelques décisions, arbitraires, puisque l'article 200 a été employé un peu de manière systématique, dès qu'il y avait un doute sur un dossier. Cela a permis certainement d'éloigner, d'éliminer, un très grand nombre de candidats qui ne répondent pas en réalité aux critères d'éligibilité, mais il y a eu aussi quelques dépassements, c'est ce qu'il faudra essayer de mieux maîtriser les prochaines fois. pour éviter de faire des victimes collatérales
Est-ce que tous ces rebondissements annoncent une campagne électorale inédite?
Absolument, de toute façon, à Jil Jadid, nous avions toujours dit, que nous allions juger sur pièce et étapes par étape. Celles franchies jusqu' à présent répondent globalement au voeu du changement, il reste cependant des étapes cruciales, en l'occurrence la campagne elle-même, le financement, et notamment comment seront manipulés les moyens logistiques et financiers, comme on verra comment les choses vont se passer le jour du scrutin. C'est d'ailleurs, l'objet de la discussion au sein de la commission mixte. C'est-à-dire comment surveiller les centres de vote, avoir des bulletins clairs qui permettent aux citoyens de choisir convenablement les candidats. C'est une fois que toutes ces étapes seront franchies que l'on pourra juger. Pour le moment, on peut vraiment estimer qu'en dehors des difficultés d'adaptation à une nouvelle loi et à une nouvelle structure, et au-delà de quelques ratés, que nous évoluons dans le bon sens.
Certains observateurs estiment que les listes indépendantes, de la société civile et des jeunes, sont en train de prendre le dessus sur les autres formations, qu'en pensez-vous?
C'est un jugement hâtif. Il y a une vingtaine de partis politiques, mais il était bon d'ouvrir l'espace à de nouvelles personnalités politiques, éventuellement celles qui étaient au Hirak, qui ont envie de se convertir à l'action politique. Maintenant il faut laisser parler les urnes, mais je pense qu'il n'y a aucun doute, que ces parties seront représentées à l'assemblée. je pense qu'il y a des listes indépendantes tout à fait éligibles, il reste que faire appel ainsi aux indépendants, c'est peut-être pour une phase intermédiaire. Nous sommes dans une période de changement où beaucoup de partis politiques ont pâti avec l'ancien système, l'image générale des partis est plutôt négative. Il reste qu'au final, une vie politique saine se construit avec des partis politiques. Donc oui, sur cette période, probablement, les listes indépendantes vont être représentées, mais je pense «surreprésentées» par rapport à ce qui devait être, mais à partir de là, je pense que nous allons rentrer dans la phase de transition politique, pour les amener petit à petit, dans des formations plus crédibles stables et plus représentatives.
Donc une nouvelle configuration de la scène politique, plutôt en rupture avec les anciennes pratiques?
En rupture certainement, mais la nouvelle configuration ne sera pas définitive, puisqu'elle sera en mode de construction. Et je pense que cela va durer tout le long du mandat, où les partis vont reprendre un peu leurs marques, ou chacun va revoir son discours. Car au final, il s'agit de passer de l'acte personnalisé, où on votait pour un membre de la famille, voisin ou le membre du arch, au mode de vote qui touche les programmes politiques portés par les partis, et là on repart vers une vision plus classique c'est-à-dire, basée sur un mode de fonctionnement plus libéral, ou plutôt socialisant, ou centriste, et on va voter pour un projet de société. Autrement dit, il faut que la société, tout en évoluant, puisse permettre aux partis politiques de s'exprimer de manière plus moderne, où le vote ira vers le parti, et non pas vers le candidat.
Sommes-nous réellement dans cette optique où les prochaines élections s'écartent des courses partisanes, et des ambitions personnelles, et représentent, un vrai point de départ?
C'est en tout cas le défi. Nous sommes dans une situation compliquée, où une partie de la population ne croit plus du tout dans l'action politiques, et qui est devenue neutre aux politiques et aux élections, et cela pose problème. Les algériens ont envie d'être des citoyens, encore faut-il qu'on puisse les convaincre. C'est le rôle et des partis politiques et des indépendants et de l'Etat lui-même. Mais cela ne pourra pas se construire en une fois, ça se fera par étapes. Les élections législatives au même titre que le référendum sont des étapes importantes. Cela dit, il faudra apaiser les tensions, viser les abcès de fixation, convaincre un maximum d'Algériens, avoir de la patience. Je pense que s' il y a de la bonne volonté, du travail sur le terrain, les Algériens ne sont pas génétiquement contre la politique. Il y a eu une très mauvaise gestion, où ils ont été très déçus à juste titre d'ailleurs.
Donc, c'est progressivement, qu'on reconstruira une nouvelle classe politique qui sera à même d'assumer ces responsabilités historiques vers le pays.


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