Les Chinois représentent 45% du total, suivis des Egyptiens avec 11%. Près de 18.191 travailleurs étrangers ont été identifiés cette année dans notre pays alors qu'ils étaient 543 en 1999. C'est ce qu'a révélé hier le ministre de l'Emploi et de la Solidarité nationale, M.Djamel Ould Abbès, lors d'une journée d'étude sur la gestion de la main-d'oeuvre étrangère organisée au siège du ministère. Les cadres supérieurs représentent 23% du total et les sans qualification 0,75%. Les Chinois viennent en tête de liste concernant le nombre des travailleurs. Ils représentent 45% du total, suivis des Egyptiens avec 11%. La majorité de cette catégorie de travailleurs est concentrée dans quatre wilayas à savoir Alger, Oran, Ouargla et Adrar avec un taux de 65%. C'est en raison du déficit enregistré dans certaines disciplines que notre pays se trouve dans l'obligation de faire appel à des travailleurs étrangers. En effet, rien que dans le secteur du bâtiment, il y a une grande demande de main-d'oeuvre qualifiée pour réaliser le programme du million de logements dont la réception est prévue pour 2009, selon M.Ould Abbès. Le paradoxe, c'est qu'au moment où des milliers de jeunes Algériens se plaignent du chômage, de nombreuses entreprises du secteur du bâtiment crient, à qui veut les entendre, qu'elles trouvent toutes les peines du monde à trouver la main-d'oeuvre dont elles ont besoin. La situation est telle que certains entrepreneurs se trouvent parfois dans l'obligation d'arrêter momentanément les travaux sur les chantiers, faute d'ouvriers qualifiés. D'où les retards enregistrés dans la réalisation des projets lancés ici et là. Le problème se posera encore plus avec le lancement du programme de 1 million de logements. Sachant que la réalisation d'un seul logement nécessite la mobilisation de quelque 2,5 employés selon les normes internationales, il faudra procéder au recrutement d'au moins 2 millions d'ouvriers dans les 5 années à venir pour concrétiser le programme du président de la République. D'où le recours à la main-d'oeuvre étrangère. Cette solution, faut-il le souligner, n'est pas vraiment appréciée par certains jeunes chômeurs qui se plaignent d'être marginalisés. Voulant être rassurant, le ministre dira que si la stratégie est de mobiliser les ressources humaines au niveau international pour les besoins de notre économie, il n'en demeure pas moins que l'objectif de créer 2 millions d'emplois à l'horizon 2009 dicte de réserver toutes les opportunités d'emploi aux travailleurs nationaux. «Nous sommes contre l'immigration sélective. Nous faisons appel aux étrangers à la demande des organismes et après avoir confirmé que la qualification n'existe pas chez nous», a-t-il précité. Par ailleurs, l'enquête sur les migrations internationales de main-d'oeuvre par pays, réalisée par l'OIT, révèle que les Etats-Unis, l'Allemagne et le Canada favorisent l'immigration d'une main-d'oeuvre hautement qualifiée avec respectivement 34,9 millions, 7 millions et 5 millions recensés en 2003. Pour le ministre, ces quelques exemples démontrent que l'expérience de notre pays s'intègre parfaitement dans l'orientation des politiques internationales en matière de migration. L'Algérie en développement, a-t-il poursuivi, a mis en chantier des projets structurants. Pour sa part, le représentant de l'Organisation internationale du travail a indiqué qu'il faut développer le dialogue pour une meilleure transparence des flux migratoires. La proposition a été faite, en évoquant, dans son intervention, les immigrés qui sont en situation irrégulière. «Les normes de l'OIT s'appliquent à tous les travailleurs y compris ceux qui sont en situation irrégulière», a-t-il souligné.