Une émouvante cérémonie de recueillement s'est déroulée mardi dernier dans la région natale du célèbre chanteur Brahim Izri, Ath Yanni. C'était à l'occasion de la commémoration du 18ème anniversaire du décès de cet artiste exceptionnel et hors-pair ayant enrichi de fort belle manière le patrimoine culturel algérien d'expression kabyle, mais aussi la musique. Il a été l'un des pionniers artistes d'expression kabyle à avoir injecté un souffle de modernité à la chanson kabyle qui avait été, pendant des décennies, l'apanage des styles musicaux, chaâbi, oriental et folklorique. Concernant les thématiques abordées avec récurrence par Brahim Izri, le président de l'Assemblée populaire communale d'Ath Yanni, présent à la cérémonie en question, a insisté sur le fait que Brahim Izri a été l'un des premiers à avoir chanté sur les droits de l'homme de manière générale et plus particulièrement, sur les droits de la femme. Brahim Izri, a ajouté le maire d'Ath Yanni, a également été pour beaucoup dans la modernisation de la chanson kabyle puisqu'il faisait partie de la toute première vague d'artistes ayant entamé ce grand chantier qui allait révolutionner la chanson kabyle surtout dans les années soixante-dix et qui allait faire des émules. L'hommage à Brahim Izri à l'occasion du 18ème anniversaire de son décès a eu lieu en présence des membres de sa famille, des habitants du village Ath Lahcen et d'autres villages limitrophes ainsi que d'élus locaux et des maires des communes voisines. Brahim Izri n'avait que 51 ans quand il est mort suite à une longue maladie. Il a vu le jour le 12 janvier 1954 à Ath Yanni, région ayant donné d'illustres artistes et hommes de culture dont Mouloud Mammeri, Mohamed Arkoun et Idir, entre autres. Enfant, il écoutait avec passion les chants coraniques en accompagnant son grand père à la zaouïa locale. Le premier instrument musical qu'il avait titillé était la flûte. Il était encore enfant. Une fois lycéen, sa vocation de chanteur et surtout de musicien explose. Il entame alors une carrière flamboyante allant le hisser au summum de la gloire. Du groupe Idurar qu'il avait fondé avec des camarades de lycée, à ses duos mémorables avec Idir, en passant par ses prestations remarquables en solo, Brahim Izri a marqué avec des lettres d'or la chanson kabyle. Parmi ses albums, on peut citer: Dacu yi, Ala Ala, Difrakh inella, À budala, etc. L'écrivain-journaliste Abdelkrim Tazaroute a rendu un vibrant hommage au regretté Brahim Izri en lui consacrant un livre intitulé «Le troubadour des temps modernes». Le livre est sorti en 2019.